APPENDICES
A — Thomas a Kempis et les séquences dissimulées dans y Imitation. — Autres oeuvres du même où se rencontrent des séquences irrégulicres et régulières : Yallis liliorum, — Soliîoquium animae, — Jiortulus rosorum, — Orationes piae.
C'est, je crois, universellement admis à cette heure; Thomas a Kempis, le moine de Windesheim, est l'auteur de Vlmitalion de Jésiis-Chrisl; s'il y avait encore un doute, il me conviendrait de le transpercer d^in ou deux mortels arguments. Le style de ce livre apparaît très spécial, plein d'assonances, souvent rythmé avec une grande décision : une attentive analyse, la transcription nianuelle de tels passages, coupés selon la rime et selon le nombre, conduisent nécessairement à cette constatation, que, du commencement à la fin. sauf en des passages, ressouvenances probables d'antérieurs écrits sur le même sujet, Vlnulaiion est écrite en vers, en vers libres, un peu à hi manière des proses de l'école de Saint-Gall, et notamment selon le mode du Victimae paschali laudes. Tel vers s'isole de la courante assonance, tel autre, qui porte une citation ou une référence aux Écritures, s'abstient du rythme; parfois, les finales en ari (prononciation où la pénultième annihile le son ultime) riment avec les finales en are, -— et il y a plusieurs autres particularités dont
une patiente étude seule laisserait clarifier les apparentes incorrections. Des exemples sont, en un tel sujet, des preuves (la traduction citée est celle, un peu modifiée, du sieur de Beuil, prieur de Saint-Val) :
Liber primus. — Capul I.
1. Qui sequihir me, non ambulai in tenebris, sed habebil lumen vilae. [Joan., c. XII.)
Haec sunt verba Chrisli, quibus admonemur Quatenus vitam ejus et mores imitemur.
Si volumus veraciter illuminari Et ab omni caecitate cordis liberari, Summum igitur studium nostrum. sit in vifa Jesu Christi meditari.
« Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais il possédera la lumière de la vie. (Jean, ch. xii). — 1. Voilà les paroles du Christ, par lesquelles il nous exhorte d'imiter sa conduite et sa vie, si nous voulons être éclairés de la véritable lumière et être entièrement délivrés de la cécité du cœur. Ainsi notre souveraine occupation doit être de méditer sur la vie de Jésus-Christ. »
Liber primus. — Capul XXIII.
\. Melius est peccata cavere Quam mortem fugere.
Si hodie non es paratus.
Quomodo cras eris ?
Gras est dies incertus :
Et qui sois si crastinum habebis?