THOMAS A KE.MPIS POÈTE
« 4. L'amant vole, court et se réjouit : il est libre et rien ne le retient : il donne tout pour tous et possède tout en tous : parce qu'il se repose uniquement en ce souverain bien, d'où découlent et procèdent tous les biens : il ne regarde pas à ce qu'on lui donne, mais il s'élève de tout son cœur vers celui qui donne. — 5. Mon Dieu ! mon amour ! Tu es tout à moi et je suis tout à toi ! Dilate-moi en amour, afin que par l'intérieure bouche de mon cœur j'apprenne à goûter combien il est suave d'aimer, et de se fondre et nager dans l'amour. »
Soumis au même traitement, le livre IV s'est presque révolté, n'a laissé issir que des vers lourds et informes ; cette partie, d'ailleurs surérogatoire, n'est évidemment pas de la même main ; le moine contemplatif et mystique fait place à un directeur de conscience, à un confesseur, à un médecin spirituel qui disserte des effets de TEucharistie sur les âmes. Le continuateur a peut-être travaillé sur des notes .de Thomas a Kempis : c'est tout ce qu'on peut accorder ; mais j'admettrais plutôt une addition postérieure par un écrivain imitatif et de bonne volonté. Les autres ouvrages mystiques en prose de Thomas a Kempis (lesquels ne sont pas sensiblement inférieurs à V Imitation, quoique rédigés pour un petit nombre d'élus mystiques) sont au contraire remplis de séquences ; ainsi :
Vallis liliorum. — Caput XXV. C'est la séquence à rimes intérieures et finales :