ARCADES AMBO
M. Frôchiitto est tellomeiit toiiihJ dans rostime do 8011 entourage, dont les promiscuités pourtant lui faisaient, naguère encore, nue si forte canipace contre les attaques de la critique, qu'il n'a pu trouver une seule plume quelque peu élégante, (piehpie peu compétente, pour le défendre des coups (jui. «lopuis quelque tem[>s, ne cessent de k* cribler.
Le lauréat en est réduit, pour pallier ses supercheries littéraires, à me faire injurier par le secrétaire universel^ II. Roullaud, un Français récemment atterri sur nos rives, un prosateur dont le style a la lourdeur de tout le plomb que M. Fréchette a dans l'aile.
Il me semble que M. Fréchette — selon la reraar- <|ue d'un de mes amis — était pourtant bien assez aplati par mes dénonciations, sans se laisser passer ce Koidlaud-là sur le corps.
LK LAUREAT
Mais, vo3'Cz-vous, rien de plus naturel aussi que la sympathie qui unit M. Fr(3chette et M. Eoullaud t ils exercent le mémo métier.
Les deux fout la paire, et la seule nuance qui les différencie, c'est que l'auteur de la Bastide, ronge n^ 2 prend tout entier ce qui lui tombe sous la main, tandis que M. Eoullaud enlève tout ronds les morceaux à sa portée.
Badinage à part, ce M. Roullaud, (pii, comme tous les Ruullauds de passage, a deux L pour voler, est certainement le seul qui pouvait tenir tête à M. Fréchette daus le brigandage poétique. Il ne s'en est pas fait faute, non plus, comme vous allez vous en assurer \)1\y les lignes ci-dessous détachées d'un article publié récemment dans la Patrie, sous la signature du Dr C :
"' Le Momlr Illustré de Montréal, dans son '•numéro du 11 mars, dénonçait par la bouche de '• son directeur ce misérable plagiaire (H. Roullaud) " qui avait eu l'audace de collaborer à ce journal, et '' qui derniin-cment étalait encore sa signature, sinon " sa prose, dans les colonnes de la J'cirie et de l:i " Canada- Revue.
" A l'appui de cette dénonciation, Je vous otlre " h'8 pr^'uvos ])ru(ales (pii suivent. Lisez :
AUCADES AMIiO ij,\
VIE ÉTEIINELLE
Fnigincnt du Foi tue du sucle.
Mort et désert, ù (luoi pourrait servir un monde ?
Dans l'espace il n'est point de planète inféconde :
Qu'un astre soit lirillant, éteint ou rallumé,
l.e germe de la vie est en lui renfermé ;
Le rapide soleil, l'étoile la plus lente.
Tout ce qui trace au ciel sa courbe étineelant( ,
l'iternellement vit, meurt, revit tour à tour,
Et, s'il n'est pas peuplé, le sera quelque jour.
Oui, la vie (>st partout : c'est une loi suprême.
Regarde: trouve un coin de la teric elle-même
Où ne pullulent pas des tlots d'êtres vivants!
Tout n'est-il pus fécond, les bois, les mers, les vents?
Sous l'herbe et dans le sol, sur l'arbre et sous la feuille.
Dans la Heur ([ui s'entr'ouvre ou le fruit que l'on cueille
(îronille la vie, au fond des eaux, en haut des airs
Et maintenant veux-tu <iuc des astres déserts, Lorscjne de se peupler tous ks eieux sont avides, Eoulent dans l'intuii oomnn' des bcrr'<';mv vidi < '
Mai; i>i; 1><inni;i ov.
LA VIE UXIVEIISELLE
A. M. Guibée, après l'audition de sa conféronc:' " L'astro- •nome populaire,"
Mort et «lésert, à quoi pourrait servir un monde I Dans l'espace il n'est point de planète inféconde ; (Ju'iui astre soit brillant, éteint ou rallumé. Le germe de la vie est en lui renfermé; Le rapide soleil, l'étoile la plus lente. Tout ce qui trace au ciel sa courbe étineelante. Eternellement vit, meurt, revit tour A. tour, Et, s'il n'est pas peuplé, le sera (pieUpie jour. Oui, la vie est partout ; c'est une loi sui)rènie, llegardi' : trouve un coin de la terre elle-même
Ô4 l.i; i..\ri;ÉAT
Où ne luillulent i>as des Ilots dVtrcs vivants 1 T<Mjt n'est-il pas l"<?con(l, 1rs bois, les mers, les vents ? Sous riierbe et dans le sol, sur l'arbre et sous la leuille. Dans la fleur qui s"entr"onvi'e ou le fruit <[ue l'on cueille (Jrouille la vie. au tond des eaux et dana lex airx, Kt maintenant veux-tu que des astres diserts, Lors(inc de se junipler tous les cieux sont avides, Roulent dans l'intini eomme des berceaux vides?
il. ]ΫM'I,L.\LI>.
" Mais, pousr^antle (yni.«iuc à sa limite oxtrOme, il '' (II. Ronllauil) va jusqu'à dédier cette pièce a " M. Gnibée.
" C'est le comble, rarcbi-comble, le très arclii- " comble."
Et le directeur du Mnvde Illustré ajoutait eiv. parlant de la «lénouciatiou du Dr C, qui flagellait de la sorte le plagiaire lîoullaud :
" Mais. quL'l(|u'uu (pii va bien s'amuser, eu cous- " tataut votre attittule d'aujourd'bui, c'est mou " confrère et ami distingtu'; de Paris M. Charles " Fuster, rcMlacteur eu chef du Semeur, qui nous " révéla en termes iudigués cet attentat anti-litté- *' raire coulre la piopriété de son collaborateur."
Et c'est ce même Koidlaud, v.o, plagiaire aussi gauche qu'éhonté, (pii vient dire au public, de la part de M. Frociiette, ([Ue le lauréat m'a donné, un jour, mon pain en me faisant entrer j\ la Patrie. comme lra<ltictciii- ci clnonicpieur ; c'c^t ce moine-
ARCADES AMIiO
Roullaiid, dont les instincts de rapines ne le cèdent qu'à ceux de M. Fréchetto, qui vient essayer de jeter de la pondre aux yeux de la masse en citant des hémistiches qui appartiennent à tout le monde, et qu'il nvaecuse d'avoir tiloutés au lauréat ; c'est ce même individu qui répoti' comme nu j>erroquet uur prétendue conversation au cours di- laquelle J'aurais, il y a dix ans, denumdé à M. Fréchette si je l'ennuyais (puind je pillais ses vers.
Avec le Dr C, c'est le temps, ou jamais, de dire que ça c'est un très arehi-comble.
Xon, M. Fréchette, vous avez beau vous débattre, vous ne parviendrez pas à l'aire croire que je vous ai volé les hémistiches que votre Roulland vient d'aligner dans la Mine.rcc. Vous n'y parviendrez pas, pour la raison l»ieu simple (pie ces moitiés de vers ne sont pas, (tomme on dit en termes du métier, des hémistiches-médailles, des hémistiches jtortant la marque ineffaçable de l'artiste qui les a ciselés.
Au nombre des citations de votre RoiiUaud se trouve la suivante; :
KRKCIirrTK