CHAPMAN
Il peut protéger de son omlrre Le trovjmxK le plus populeux ; En (Aé, des «liseaux sans nombre Chantent sur son front on«luleux.
FRECIIETTE
Hous ««"S rameaux luutlus Hottairnt des o»/(//)vs douces • Kt <iuaud midi tlumlmit, largement abrité, Maint //•o»^((»t,HommfiiIant tlans la iVaielnur des mousses,. Hong m voûte oubliait bs ardeurs do Vitr,.
ClIArMAN
Lis oiseaux «'m viennent en loule Saluer «es beaux raniraux verts, Et, dans l'ombre qu'il Imr déroule, JvMlu'u'i ititir lui di>«'ntd(s vers.
rxK FAin.E
FRECHEÏÏE
Tous !(8 petits oi-sfiaiir. l'aiinaiont ; sous sa fouillt'o, (îrivr-s et rossignols, niC-sangos et jjiiisons, PcMicliés au boni des nids, ilt: Vuahe à li ceiUtf, Lui payaient leur écot en joyeuses eliansons.
ClIArMAX
Il est Iton autant que robuste ; Il beree au vent le nid nio«lleu.\, Et dt'pouille sa tête (uujnute J'our couvrir 1(^ gazon frileux.
FRECHETTE
Et le grand chêne, droit comme un vieillard anf/uste, La tête dans l'azur, les bras au firmament. Semblait sourin- au ciel qui l'avait fait robmsle, Et bénir le Très-Haut de l'avoir fait elémcrnt.
Lii 80iilc (liltV'ronce qu'il y a ici, n'c^t-ec pas ? c'est ([110 mou érable est bmiy et que le chC'iie do M. Fréchotte est. . . .élément.
Au reste, les citations que je vien.s de taire sautent assez aux yeux pour se pas.ser de comuientiiires.
Je ferai cependant remarquer en passant que M. Fréchotte ne tViit pas une comparaison juste quand il dit que le grand chêne était drryit comme an vieillard auijuste.
En effet, on peut bien comparer un homme, resté droit malgré le grand âge, à un chêne ; mais on no peut comparer avec justesse un arbre à un vieillard (^ui, bien qu'auguste, peut être affreusement courbé.
Le chêne de la fable de M. Fivcliette — avec lequel sa molestie s'est vue forcée de s'identifier — nie rappelle encore un autre chêne qui, comme tous les chênes, porte des glands, — dont sont très friands les fïourceaux, — le chêne du lauréat dis-je, me remet à l'esprit une bucolique que M. Fréchette publiait, à la date du 7 septembre 1871, à la page 431 de r Opinion Fabliquc^ et dans laquelle figurent avec avantage deux compagnons de saint Antoine.
Cette poésie, qui portait le titre de Souvenirs de jeunesse, se lisait ainsi :
C't'tiiit ini lien cliannaut. une roche isolée. Seule, perlue au loin diu\'. la bruyèi-e en Heur. La rjiicc y rougissait, et le merle sittieur Y jetait les éclats de sa note perlée.
C'était un lieu charmant. Lu, quand les feu.v du soir
Estompaient l'horizon d'une lueur mourante,
En écartant du piwl la luzerne odorante,
Tout rêveurs, elle et moi, nous allions nous assixiir.
Ce qui se disait hl d'inefiahlement tendre,
Nul langage ici-has ne peut le réj)éter ;
La hrisese taisait comme pour écouter ;
l>i>s fauvettes, tout iirès, se pendiaient pour entendre.
Tropo» interronqms, sourires épiés, Ce» serrenients de cœur (pie j'éprouvais pr^s d'elle, Je me rappelle tout, jusqu'il mon chien fidèle Dont la lianche servait de coussin pour ses pieds.
J'y r 'tournai quinze ans plus tard. La folle avoine
UXK FABLE
De tons fades avait jauni le champ vermeil, Et sur la roche, hélas ! sommeillaient au soleil Deux compajçnons de saint Antoine.
Quelle prolanation !
Et dire que cette monstruosité est d'un Canadien, qu'elle est passée inaperçue, qu'elle n'ii pas tué du coup M. Fréchette sous le poids du ridicule et <lu mépris !
Peut-on s'étonner, après cela, que notre public n'ait pas remarqué les vols (pie le Boïi Combat signale depuis quelque temps, et (jui ^trouvent (îîairement que notre Uinrèai n'est qu'un autlacioux [ilagiaire ?
Oui, c'est M. Fréchette qui, ;\ Fage de trente-deux ans, a eu l'imagination, le jugement, la lierté, et surtout la dignité de mettre des; compagnons de saint Antoine là où les fancettes se i^enchaknt ^onv écouter ce tjai se disait (Vinefahlement tendre entre lui et son adorée.
( )ui, mes clicres lectrices, c'est M, Fi'én-liette, ipie votre imagination vous faisait voir comme un poète, un clicrclieur d'iiléal, (pii a trouvi' sur la ?'oc/«;;)e/v/'/6' an loin dans la hrai/ère oi fieardenK pourceaux pour l'v remplacer avec celle à qui il avait murmuré, peut-être à genoux. \c m(»r le plus suave tpie des lèvres })uisscut adresser à la cr('aturi' comme ;\ Hun même : — le t'aime !
r> IK I.AUlifc.VT
M. Fréchette, on volant Victor iriigo, a écrit dans ses Oiseaux ch neige :
. Et i-ui? il laiit monter pour nllcr ji;sqn"A tci.
Assurément, je ne puis aujouril'liui répéter à M. Fréchette ce qu'il disait au lac de lîeld'il, qu'il confondait avec l'Arc de Triomphe, car il ne faut «:ut'rc s'élever pour aller justpi'à lui.
La tache que l'on s'impose en s\)ccupant de M. Fréchette comme littérateur est certainement peu envial»le. Soit ! Mais je l'accomplirai, cette tâche, pour venger tous les écrivains canadiens que le Jauréat a toujours essayé d'écraser de toute la hauteur de sa réputation usurpée. Et ([Uand le Bo)> Combat aura fini de fustiger le chC'ne Fréchette, qu'il lui aura fait tomher tous ses glands, c'est-à-dire ceux de Victor Hugo & Cie, je prendrai, à mon tour, la gaule, je lui ferai choir jusqu'à sa dernière feuille, j'en ferai un tronc qui ressemhlera à ceux de ces arbres que les vers ont mangés et f[ue l'on dédaigne parce qu'ils ne peuvent plus servir môme comme comhustihle.