VIE ETERNELLE
Fragment du Poème du siècle.
Mort et désert, à quoi pourrait servir un monde ?
Dans l'espace il n'est point de planète inféconde ;
Qu^un astre soit brillant, éteint ou rallumé,
Le germe de la vie est en lui renfermé ;
Le rapide soleil, l'étoile la plus lente,
Tout ce qui trace au ciel sa courbe étincelantc,
Eternellement vit, meurt, revit tour à tour,
Et, s'il n'est pas peuplé, le sera quelque jour.
Oui, la vie est partout : c'est une loi suprême.
Regarde : trouve un coin de la terre elle-même
Où ne pullulent pas des flots d'êtres vivants!
Tout n'est-il pas fécond, les bois, les mers, les vents?
Sous l'herbe et dans le sol, sur l'arbre et sous la feuille,
Dans la fieur qui s' en tr' ouvre ou le fruit que l'on cueille
'Grouille la vie, au fond des eaux, en haut des airs
Et maintenant veux-tu que des astres déserts. Lorsque de se peupler tous les cicux sont avides, .Roulent dans l'infini comme des berceaux vides I
Marc dp: Boxnefoy.