‹ Le lauréat manqué [microforme]Chapitre 4 sur 14 · IV · texte numérisé non relu

IV

Continuons la kyrielle de nos citations ; il à faut tenir l’écorché suffisamment longtemps sur 1 le gril pour qu'il ne soit plus tenté de recom- % mencer ses manigances.

Admirons toujours les jolis larcius :

Fréchette — Mes Loisirs, page 110, 1862 :

Mon Dieu, quelle était belle, et comme je l’aimais… Ë

die — Les Québecquoises, page 47, . 1

1871: n 4 Oh ! qu’elle était candide et comme je l’aimais.… ï

Fréchette — La découverte du Mississipi, )

1878 : à à Au nom du Dieu vivant, au nom du roi de France. L 1 Chapman — Les Québecquoises, page 68, 4

Dollard, au nom du Christ, au nom du roi de France...

Fréchette — Mes Loisirs, page 74, 1868 :

Chaque victoire était stérile.

Chapman — Les Québecquoises, page 109,

Chaque victoire était pour nous infructueuse.… Fréchette — Hilda, 1866 :

La douleur m'étreignait dans un cercle de feu... Chapman — Les Québecquoises, page 110,

Etreint les régiments dans un cercle de feu...

Fréchette — Pêle-mêle, page 177, 1871 :

ir A-

Rêves chéris de mon enfance, Hélas ! qu’êtes-vous devenus ?

Chapman — Les Québecquoises, page 123, 1875:

Hélas ! rêves dorés de ma naïve enfance, Qu'êtes-vous devenus ?

“ C’est à n’en pas croire ses yeux. ” Fréchette — Mes Loisirs, page 174, 1862 :

Sur nous l'étoile blonde.

Chapman — Les Québecquoises, page 1173, 1871 :

Pour nous la blonde étoile...

Fréchette — Le drapeau fantôme, 1884 :

Tous trois se roidissant dans un suprême effort. Chapman — Les Feuilles d'érable, page 37, 1889 :

Alors, se roidissant dans un suprême effort.

Deux syllabes de plus, et tout le vers y était. Fréchette — Pêle-Mêle, page 169, 1875 :

Un jour, errant, perdu dans un désert sans borne...

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 209, 1886 :

J'allais comme perdu dans un désert sans borne.

Fréchette — Les Oiseaux de neiges, page 167, 1878 :

La mousse attache au roc son manteau de velours.

Chapman — Les Feuilles d'érable, page 158, 1881 :

La mousse agrafe au roc son manteau de satin.

Question d’étoffe.

Fréchette — Mes Loisirs, page 111, 1862 :

Mon pied distrait foulait bien des roses fanées…

al £ “

Chapman — Les Québecquoises, page 64, | 1876 :

Je foulzis sous mes pieds bien des roses fanées…

Citons ici toute la strophe de Fréchette. Cette 4 strophe, je l'ai dit, date de 1862, c’est-à-dire de % trente-deux ans : { Le bal était fini, les danses terminées ; L'orchestre avait cessé son délirant accord ;

Mon pied distrait foulait bien des roses fanées ; F Le bal était fini... moi, je rêvais éncor.

Eh bien, maintenant, suivons Chapman à la |.

piste ; cel& nous prmettra d'étudier de près le Li procédé de notre coucou :

Les Québecquoises, page 72, 1872 :

L’orchestre s’était tu, le bal allait finir.

Même pièce, page 74:

Et l'instrument divin suspendit son accord...

Page 64, déjà citée : i Je foulais sous mes pieds bien des roses fanées.…. à

Page 74, même stophe que l’avant-dernier vers : FA Elle ne chantait plus, moi j'écoutais encor. À

C’est de la mosaïque ni plus ni moins. 4

Veut-on d’autres strophes fabriquées de la à même façon ? En voici: ÿ

Fréchette — Le Printemns, 1868 :

Les ruisseaux transpaïeaus et frais

Mêleront au chant des forêts Leur voix si douce ;

Et sous les branches qui plieront

Des bruits joyeux s'envoleront Des nids de mousse.

Chapman — Les Québecquoises, page 4, 1871:

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