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UN REVENANT 13Î

Quel désastre ! Personne n'a l'air de le connaître, précisément parce que tout le monde le connaît maintenant. Pas un petit bout de réclame dans les journaux du boulevard, pas l'ombre d'un inh rvù >>\ pas de dîner, pas de conférence, rien. Car, s'il y avait eu quelque chose de tout cela, la Patrie nous l'aurait fait connaître, au risque de blesser la modestie bien connue du poète. Tardivel lui-même n'aurait guère pu passer plus inaperçu dans la ville-lumière que M. Fréchette vient de le faire. Un vrai désastre, vous dis-je.

•■ Seule la grande Sarah paraît avoir remarqué le pas>age en France du ut<»< Louis. Dans une lettre qu'a publiée la P<itr'n du 6 octobre, M. Fréchette a bien voulu nous apprendre que l'actrice " avait eu la gracieuseté de lui offrir une loge" — xmepasse, comme on dirait en canayen — ce qui lui a permis d'aller au théâtre sans paver — détail non sans importance pour M. Fréchette — et " d'avoir sous les yeux, durant quatre heures, toutes les illustrations de l'art, du journalisme et de la critique à ce moment présentes à Paris "\ Il ajoute que " deux de ses proches voisins étaient Francisque Sarcey et Paul de Cassagnac ". Mais ces illustrations, il a dû se contenter de les avoir sous les yeux durant quatre heures. Aucune d'elles ne paraît s'être entretenue avec le grand homme même durant quatre minute-. M. Fréchette a parcouru son Paris, et son Paris,

sauf la fidèle Sarah. n'a pas fait semblant de le reconnaître.

" Trop connu, voyez- vous, pour être reconnu ! C'est profondément triste.

" Non, monsieur Fréchette, ce n'est pas Tardivel qui vous a assassiné, ni Thomas Chapaïs qui vous a suicidé ; c'est Chapman qui vous a déplumé. Et vous avez passé et vous passerez désormais à Paris comme un Canayen quelconque, sans être remarqué, si ce n'est par V oiseau des pans bleus. Car c'est bien fini, sovez-en convaincu.

" Un paon qui se déplume peut espérer voir repousser sa parure ; mais le geai qu'on déplume est condamné à rester geai per <>nnti<i sœcala sœculorum.

" J.-F. Tardivel."

M. Tardivel, qui est un de nos meilleurs juges eu littérature, m'a beaucoup aidé à démolir M. Fréchette, en approuvant dans la Vérité la critique que j'ai faite de ses (ouvres. Et ce qui doit avoir été bien cruel au poète national, c'est qu'au lendemain de l'apparition de mon Lauréat — dans lequel je prétends qu'il ne sait absolument rien eu fait de lexicologie — M. Tardivel corrobora mon assertion à ce sujet par l'article qui suit :

" M. Fréchette a eu la main particulièrement

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