CHAPITRE II
> Emnite nn portique qui n li forme de la lettre D , et qui entoure • nue conr petite , msùagréable.G'eit tme retraite bieantilecontn
l LE LAURENTIN
> le mauTai* tempt, car on y eit protégé par Im vitrai qni la ferment, • «t lei toiU qui la counent. •
' EHAEQUEZ, me dit Pline, cette petite course[ni-circulaire(i) et entourée d'un <r pordque , dont la galerie peut me servir ^ de tabularum en hiver. Cest là que je reçois mes clients , lorsqu'une affiiire pressante les appelle ici. Ces vitres, j/7ecu/litria, et ces toits saillants, me protègent contre les tempêtes et le soufile des vents froids et humides. Vous voyez au reste que les murs sont décorés de ces peintures arabesques que Vitruve a condamnées.
— Ce grand maître , répondis-je , s'est peu oœupé de l'architecture des maisons. Ne pensez-vous pas comme moi qu'il traitait Tart avec trop d'austérité? A mon avis,
(1) Quelques textes portent que cette cour avait la forme d'un au lieu de celle d'un D. Le plus grand nombre des commentateurs , dit de Sacy , a adopté cette dernière leçon , parce que si la fonne du portique eût été celle d'un O , Pline aurait eu à sa disposition une foule de mots pour l'exprimer, sans être obligé de recourir à une lettre de l'alphabet ; il n'en est pas de même à l'égard de la forme d'un D. Ce raisonnement m'ayant paru fondé, j'ai adopté la forme semi-circulaire.
ce portique et les ornements qui l'enrichissent §ont d'un effet charmant. Je crois qu'il faut varier la décoration intérieure des habitations si Ton veut éviter la satiété et Tennui.
^ Je suis de votre avis ; mais , je vous l'avouerai , vous me paraissez trop enclin à la louange. Tout ce qui frappe nos yeux ne doit pas exciter nos éloges , de même que lorsque nous sommes à table nous ne touchons pas à tous les mets; cependant l'ensemble du repas peut nous plaire , et ce que nous n'aimons pas ne fait aucun tort à ce que nous aimons. Il est évident d'ailleurs que l'artiste a montré du talent dans ces peintures; mais les terres les plus fertiles engendrent des plantes nuisibles , et le peintre a , par le même défaut , jeté dans cette abondance de figures représentées sur ces murailles une foule de pensées frivoles , inutiles , étrangères même à l'usage habituel de cette galerie. Ce sont des copies de Pyreïcus, qui le cède peu' aux autres peintres en mérite, mais qui, malheureusement, n'a jamais rien imité que de trivial. Il est vrai que ce genre lui a valu une haute réputation. On a de lui des boutiques de barbiers,* de cordonniers, etc. On a peint aussi, d*après lui , dans ma cuisine, divers comestibles et d'autres objets de cette nature. Ces travaux ont fait donner à Pyre'îcus le nom dé Rhyparographe.
J'avoue qu'en ce moment on ne peut juger du mérite de ces peintures. Il faut, pour qu'on puisse les apprécier à leur valeur, que le soleil frappe ce vitrage fait de pierre spéculaire , dont les morceaux sont de la plus grande dimension ; on ne peut en extraire des carrières de plus considérables , et je les ai fait venir de Cappadoce. Peut-être les trouverez- vous un peu ternes, cependant ce sont les meilleures. Elles sont souples , étendues, et se lèvent aisément en lamelles aussi minces qu'on le désire. Cette pierre résiste très-bien à l'action du soleil , et n'a rien à craindre du temps. Ses rognures même sont utiles ; on les broie , et on en sème le grand cirque à l'époque des jeux , ce qui le rend d'une blancheur éblouissante.
On se sert quelquefois d'une autre pierre plus rare , et qui a la dureté du marbre. C'est la phengite. Elle transmet la lumière du jour mieux que la pierre spéculaire. Elle parait même plutôt lumineuse que transparente (i).
(1) Pline, XXXVI, 22, 46; Suét.,Z>o/?i.,14. Dans les premîei's temps de la république, les fenêtres n étaient que de simples ouveitures pratiquées dans l'épaisseur des murs , et que l'on fermait avec des >'olets de bois ( Ovid., Pont, III, 5; Amor. I , 3, 5 ) , ou quelquefois pai* un simple rideau (Juv., IX, 105). Ce ne fut que dans les pi*emiei*s tctnps de 1 empire qu'on imagina
Tout en discourant , nous entrâmes dans la grande cour.
<l*employer à la fermeture des fenêtres une pierre transpai'ente nommée lapis spccularis, que l'on tirait d'Espagne , de Chypre , de Gappadoce, de Sicile et d'Afrique ( Senec. , Ep. 90. — Pline , XXXVI , 22 et 45 ) . Elle n était employée que pour les principaux appartements (Senec, ^. 86), ou dans les jardins (Pline, XV, 16; XIX, 5), ou pour les portiques , comme le dit Pline le jeune dans son épitre 17 du livre II. Winckelmann , dans ses monuments inédits , prouve que les anciens ont fait usage du verre comme vitres. En effet , plusieurs fragments trouvés dans les fouilles faites à Pompéi ne laissent plus aucun doute à cet égard , et si les anciens continuèrent à faire usage des pierres transparentes à leurs fenéti'es, ne doit-on pas Ta tribuer à leur goût bien connu pour une lumière douce?
On mettait aussi aux fenêtres de la toile ou de la corne ( Tert., de Anim. 53 ) . Dans la maison de Polybius découverte à Pompéi , on voit un vaste ati'ium corinthien en arcades ; ces arcades étaient fermées par des châssis garnis de pieires spéculaires. L'on voit encore parfaitement sur les tablettes du mur d appui , les trous carrés destinés à recevoir le montant des châssis.