‹ Le Lavage du sangChapitre 11 sur 37 · ÉTUDE CLINIQUE 2Î · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE 2Î

Ne craignez pas d'injecter d'emblée, sous la peau, 5 ou 600 grammes de sérum, et répétez l'injection une ou plusieurs fois, dans la journée, si le pouls s'affaisse, et si le collapsus menace de revenir. Il vaut mieux, encore une fois, faire trop que trop peu.

J'insisterai sur un dernier point : une fois passée la première alarme, il est de bonne pratique, tout en réduisant les doses, de continuer plusieurs jours les injections sous-cutanées; on aide ainsi puissamment à la réparalion globulaire * et Ton active la convalescence. Que de fois cette méthode nous a rendu de bons services, chez des femmes profondément affaiblies par les grandes métrorragies des fibromes, et qui recouvraient ainsi pendant une période préparatoire plus ou moins longue, une résistance et des forces suffisantes pour supporter l'intervention nécessaire? Dans deux cas d'anémie hémorroïdaire, fort alarmants, nous avons eu recours, avec succès, à la môme thérapeutique préliminaire; et Ton comprend qu'en dehors de ces éventualités, les indications en soient nombreuses.

Dans les hémorragies internes les injections d'eau salée ont fait aussi leurs preuves; mais, ici, les conditions sont un peu différentes. L'hémostase n'est pas faite, au moins directement, et quelle que soit la valeur hémostatique de la solution saline, il n'est pas douteux qu'elle ne saurait suffire à faire cesser une hémorragie, dont la source est importante. En somme, il ne faut pas faire trop de fond sur cette propriété heureuse de l'eau salée.

Leichtenstern s'est servi de la voie intra- veineuse et de doses variables entre 350 et 1500 grammes : il donne huit observations, dont six se rapportent à des hématémèses répétées, et deux à des hémorragies intestinales, au cours de la fièvre typhoïde. Trois malades guérirent, mais, chez tous, la transfusion saline fut suivie d'une amélioration souvent considérable.

Weiss* a utilisé des quantités beaucoup moindres : 280 grammes chez une jeune fille brusquement anémiée par une grave hématémèse, 180 grammes seulement chez un typhique après une hémorragie intestinale : les deux malades guérirent. Dans un fait relaté par Waadt^, chez une chlorotique profondément déprimée par des hématémèses, on se contenta d'injecter 300 grammes d'eau salée par voie sous-cutanée, et la guérison eut lieu. Du reste, si Ton en croit Weiss, chez les sujets chlorotiques, une petite dose de 280 cent, cubes environ suffit en effet, par suite du calibre étroit des vaisseaux et de l'élasticité plus grande de leurs parois. Après les hémorragies typhiques, et en général celles qui surviennent au cours des maladies infectieuses, lorsqu'on peut craindre une dégénérescence du myocarde, il faut aussi s'abstenir des doses massives. (Voy. Contre-indications.)

1. Le fait est démontré expérimentalement. Voy. Winfield S. HaU et Marion 1). Kubank. La régénération du sang. Journal of expérimental medicine, New- York, nov. 1896, p. 656. Von Ott indiquait déjà, en 1883, que Teau salée à 7 p. 1000 exerce une action particulière sur les organes hématopoiétiques, en hâtant la régénération du sang.

2. Weiss, Subcutane Kochsalzinjectionen bei acuter Anâmie und Choiera infanlium. Wiener medic. Presse, 1888, p. 1524. *

3. Waadt, Subkutane Kochsalzinfusion zur Behandlung schwerer Anâniie. Corre«/)07idenz, El. f. Schw, Aerlze, 1890, I, p. 25.

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