‹ Le Lavage du sangChapitre 14 sur 37 · Tuffier et Dujarrier, Gaz. hebd., nov. 1896, n · texte numérisé non relu

Tuffier et Dujarrier, Gaz. hebd., nov. 1896, n

2. Nouvelle contribution à Tétude du lavage du sang dans les infections. Presse médicale, 1896, p. 245.

3. Les injections intra-veineuses de sérum artificiel à doses massives dans les infections. Presse méd,, 1896, n" 1. — Notre opéré est aujourd'hui infirmier à fhàpital Beaujon.

4. Bosc et Yedel, Injections de sérum artificiel dans les maladies infectieuses et les intoxications, injections intra-veineuses, Presse médicale y 1896, p. 261-287.

34 LE LAVAGE DU SANG [iJO]

Tanémie, au shock, etc. : c'est alors que la méthode rend des services inappréciables. Ainsi en fut-il chez un homme de cinquante-deux ans, apporté à l'hôpital avec deux membres broyés, amputé du bras, pendant la nuit, et à qui, le lendemain, devant la menace d'une septicémie gazeuse, il fallait amputer la jambe. Une injection intra-veineuse de deux litres est pratiquée aussitôt après l'opération, et, dans les jours qui suivent, 14 litres et demi de solution saline sont successivement administrés, par voie intraveineuse. Le blessé, après une période des plus alarmantes, guérit. Les indications de ce genre se multiplient, dans la chirurgie d'urgence ; on ne saurait trop les mettre en lumière.

Le lavage nous a fourni encore un résultat presque inattendu dans une infection staphylococcique généralisée *, où 14 litres furent injectés en cinq jours, et Bosc et Vedel signalent, de leur côté, deux faits d'infection staphylococcique, ainsi traités avec succès.

Pierre Delbet *, pour un érysipèle infectieux, combina le sérum antistreptococcique à l'emploi du sérum artificiel, et guérit son malade.

Fourmeaux rapporte même un cas de pyohémie, dans lequel deux injections axillaires de sérum, l'une de 500, l'autre de 700 grammes ne triomphèrent pas de l'infection, mais furent toutes les deux suivies d'une notable atténuation, malheureusement passagère, des accidents.

Dans le phlegmon diffus, dans l'anthrax, on aura recours avec avantage à la môme méthode — bien entendu après l'intervention nécessaire.

D. Tétanos. Rage. — Tuf fier ' a utilisé, avec succès, la saignée-transfusion, dans deux cas de tétanos. Son premier malade était au 3® jour des accidents, en opisthotonos, et il avait déjà failli succomber à un spasme laryngé. On fit une première saignée de 500 grammes, suivie d'une injection de solution saline de 1200 grammes : quelques heures après, toutes les contractures cessèrent. Le surlendemain, elles reparaissent : nouvelle saignée de 700 grammes et injection de 1200 grammes. Celte fois, le résultat se maintient, et la guérison complète ne tarde pas. — Chez un second blessé, deux saignées de 700 grammes accompagnées de deux injections de 900 et de 1400 grammes, triomphèrent aussi d'un tétanos généralisé. — Dans un troisième cas de tétanos suraigu, le malade, mourant au moment de l'injection, succomba quelques heures après.

Le grand intérêt de ces faits n'échappera à personne, surtout en présence du peu de ressources que nous donne aujourd'hui encore le sérum antitétanique.

Enfin, chez un malade de M. Reclus *, atteint de rage confirmée, une injection intra-veineuse de 1300 grammes fut suivie d'une amélioration fort courte : la mort survint deux heures après.

1. Le lavage du sang dans les infections, Soc. de Biologie, 9 mai 1896 et Presse méd., 1896, p. 245.

2. Pierre Delbet, De rhéraatocatharsise. Lavage du sang. Presse méd., 22 fév. 1896, p. 93.

3. Tuffier, Le lavage du sang, Soc. de Biologie, 17 mai 1896.

4. Reclus, Acad. de me'd., 30 juin 1896. Magendie avait déjà tenté les injections intra* vieineuses cVeau tiède chez un chien enragé; ré (de Bordeaux) rapporte deux observations humaines, d'un réel intérêt. (Études sur la transfusion du sang, 1876, p. 480.)

[m] ÉTUDE CLINIQUE 35

E. Infections urinaires. — Lors d'iafection uriaaire, il était d'autant plus intéressant de se rendre compte de Taction des transfusions salines, que le rein étant la principale voie d'excrétion du liquide, il est bien placé pour en éprouver l'action ou le dommage, et pour traduire les effets de ce lavage, que nous cherchons à réaliser.

De plus, la perméabilité rénale étant une condition nécessaire de l'innocuité des grandes injections de sérum, il était tout naturel de ne l'employer qu'avec défiance, chez des malades où l'un des reins, et souvent tous les deux, sont profondément altérés.

« J'ai employé cette méthode, écrit TufQer S dans deux cas AHnfection^ rénale siippurée aiguë, alors que l'un des reins, plus malade, avait été ouvert et drainé. Les résultats que j'ai obtenus et que les lois de la physiologie pathologique pouvaient faire prévoir ont été à peu près négatifs. J'ai pu provoquer une diurèse abondante, rendre à la bouche son humidité, d'aa pronostic généralement si favorable, mais je n'ai réussi qu'à prolonger de quelques jours la vie de mes malades. Il est probable que, de ce côté, noas trouverons certaines formes de pyélo-néphrites justiciables du lavage du sang, mais je ne peux actuellement en préciser les indications. »

Delbet * en a obtenu de bons résultats dans un cas de pyélite ; il fait, du reste, remarquer, à ce propos, que le rein n'est pas la seule voie de dérivalion du sérum injecté, et que l'émonctoire intestinal est susceptible de le suppléer dans une large mesure.

Enfin, dans Vurémie, le lavage du sang a été pratiqué tout d'abord par Sahli (de Berne), qui en rapporte une observation très complète dans soa mémoire de 1890 : des accidents urémiques menaçants rétrocédèrent vite, sous rinfiuence de quatre injections de solution saline par jour, de 1 litre chacune. Il cite plusieurs faits analogues dans lesquels l'heureuse influence des injections n'a pas toujours eu pour corollaire une diurèse abondante, et il note, que, même lorsque la paroi abdominale est fortement œdématiée, le sérum injecté se résorbe encore.

L'an dernier, Bosc a publié une observation fort intéressante d'urémie survenue dans le cours d'une néphrite parenchymateuse aiguë avec aoasarque, distension abdominale et albuminurie, qui fut traitée et guérie, par l'eau salée, en injections successives à doses restreintes (280 à 200 gr.) : il se produisit une réaction beaucoup moins forte qu'après les injectioas intra-veineuses massives, l'œdème disparut rapidement, et l'on reconnut que ces injections fractionnées reproduisent, chacune pour son camfAe, les mêmes effets que les précédentes, et que la guérison peut être aiosi amenée, non plus par une réaction extrêmement énergique et uniqoe, comme dans les injections intra-veineuses, mais par des réactiom mode* réeSf successives.

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