LE LIQUIDE ^INJECTION
Chauveau et Charrln * ont criliqué avec raison le terme de sérum artificiel, qu'il est un peu tard peut-être pour faire disparaître du langage courant : il prête à une double erreur : il semble désigner un liquide de composition fixe et identique au sérum sanguin, et, d'autre part, il rappelle trop les sérums antitoxiques.
Or, le sérum humain est d'utilisation impossible, en pratique'; le sérum animal est toxique, et, de plus, quelles que soient les formules, on ne crée pas artificiellement un liquide vivant comme le sérum vrai.
En réalité, les différents liquides décorés du nom de sérum artificiel ne sont que des solutions d'un ou de plusieurs des sels contenus dans le sang, et Texpérience prouve que la complexité de certaines formules n'est rien moins qu'utile.
Un liquide destiné à servir aux injections intraveineuses ou sous-cutanées doit remplir les conditions suivantes : il doit être aseptique — d'une limpidité parfaite — d'une composition et d'une température telles qu'il n altère pas les éléments figurés du sang, et qu'il ne présente par lui-même aucune propriété nocive.
Asepsie. — On peut obtenir la stérilisation de l'eau par la chaleur sous pression, à l'autoclave ^ Le plus souvent, on se servira d'eau liltrée et bouiUie, ou simplement bouillie, et la pratique montre qu'elle suffit parfaitement.
C'est à rébuUition qu'il faudra toujours recourir, même si Ton dispose d'eau filtrée *. Or, il arrivera souvent, dans les interventions d'urgence, que Ton n'ait sous la main que de l'eau ordinaire. Soumise à une ébullition d'une demi-heure, elle est utilisable sans danger.
Du reste, comme l'ont montré les expériences de Tavel*, l'eau salée est de stérilisation plus rapide par l'ébullition : d'après lui, la solution a 6 ou 7 p. 100, quand elle a bouilli un quart d'heure, ne contient plus aucun microbe. Bien que le « sérum artificiel » renferme une proportion notablement moindre de sel, le fait général n'en persiste pas moins, et l'importance en est grande, puisque souvent l'opérateur devra se contenter d'une ébullition écourtée.
Lors d'extrême urgence, on pourrait même passer outre et utiliser l'eau