Soc. de Biologie, 9 mai
2. En 1832, un Russe, Inozemtsew, injecta avec succès, chez une cholérique, 180 gr. de sérum humain, à la température de 32*.
3. Â 115% pendant 10 minutes; si le séjour à l'autoclave est plus long ou la température plus haute, il peut se former, avec le verre du ballon, des sels d'alumine toxiques.
4. D'après les expériences de LelTring, à Thôpital Bichat, l'eau filtrée à Tappareil Chamberland ne devient définitivement stérile qu'après une ébullition d*une heure.
5. Tavel, La stérilisation à l'eau salée et son emploi en chirurgie, Annales de micro» graphie, déc. 1890, p. 545.
ordinaire : Lorain en avait injecté 400 grammes dans les veines de son cholérique, Coates * Tinjecta dans les artères, et son malade guérit; Roux, dans un cas très pressant, la nuit, ne trouvant, à sa disposition que de Teau chaude à 40**, en fit pénétrer 600 grammes dans Tartère humérale de son blessé, qui guérit sans accident. Ces témérités ne sont de mise que dans les cas de nécessité absolue; si l'injection se fait sous la peau, le danger est beaucoup moindre, et, comme le dit Faney •, il vaut mieux courir les risques d'une suppuration localisée, que de laisser passer le moment d'une intervention salutaire.
En résumé, il serait utile que, au moins dans certains milieux , où les grands traumatismes sont fréquents, le praticien eût toujours à sa disposition un ou deux ballons d'eau salée stérilisée ; bien bouchés avec un tampon d'ouate stérile et un capuchon de caoutchouc, ils se conservent indéfiniment. Mais, dans les situations urgentes, TébuUition lui permettra d'obtenir vite un liquide parfaitement utilisable.
T limpidité. — Il est indispensable que la solution soit d'une complète limpidité; si Ton manque d'eau filtrée, on pourra très utilement filtrer sur une couche d'ouate l'eau ordinaire, avant de la faire bouillir. — Nous verrons plus loin quelles précautions il convient de prendre, pour prévenir l'introduction des bulles d'air, dans les injections in tra- veineuses, et nous dirons, à ce propos, que sur ce point encore on aurait tort d'exagérer le danger.
Composition. — Sous la réserve de la stérilisation, l'eau pure est utilisable, à la rigueur, et ne parait pas nocive pour les éléments figurés du sang. Bosc et Vedel ont récemment montré qu'elle n'était pas toxique, aux doses modérées (80 centimètres cubes par kilo chez le lapin, 120 centimètres chez le chien), elle provoque la diurèse et ne détermine pas d'hématurie. Elle ne crée d'accidents qu'aux doses de 100 centimètres cubes par kilo, chez le lapin, de 170, chez le chien.
Il en serait tout autrement, d'après les mêmes auteurs, de Veau distillée; elle détruit les globules rouges ; aux doses massives de 170 centimètres cubes par kilo chez le chien, de 100 centimètres cubes chez le lapin, elle entraîne rapidement la mort, les urines sont rares, hématiques ; môme aux doses restreintes de 2o, 20 centimètres cubes par kilo, elle provoque souvent de graves accidents toxiques (hématuries, troubles respiratoires très marqués).
Pourtant, dans des expériences qui datent de 1882, M. Hayem avait montré « qu'on peut, chez le chien, injecter en une séance une quantité d'eau distillée s'élevant du vingtième au douzième du poids du corps de l'animal, sans provoquer d'autres désordres qu'une légère hémoglobinurie passagère, avec ou sans hématurie. Ces derniers accidents sont évités avec des doses moins fortes. On peut doubler la masse totale du sang avec de l'eau distillée sans produire autre chose que des troubles passagers, et la moitié de cette masse sans susciter d'autre phénomène pathologique notable que des variations de température. Pour produire la mort, il faut injecter en une heure une quantité d'eau distillée s'élevant à deux fois et demie la masse totale du sang ».