LE PROCEDE
première n'a rien de l'éclat séduisant de la seconde. Il y a deux manières d'étendre l'encre. Dans la première, les contours principaux sont tracés à l'encre claire, puis on exécute les parties convexes ou concaves (ce qui veut probablement dire les parties saillantes ou creuses) en ajoutant peu à peu des ombres de plus en plus foncées jusqu'à ce que le ton devienne lumineux et éclatant. Parfois même des lignes plus foncées dépassent hardiment les contours plus clairs, d'autres fois quelques lignes supplémentaires sont ajoutées pour mieux faire valoir la beauté de l'encre. Dans la seconde manière, les parties qui relient les différents objets (c'est-à-dire les masses continues), ainsi que les autres parties essentielles, sont indiquées par des tons clairs, ensuite on ajoute les détails nécessaires à l'aide de tons plus foncés. L'encre une fois séchée, les bords des parties foncées sont éclaircis au moyen d'encre plus claire. Cette manière particulière d'étendre l'encre a pour but de donner aux montagnes, aux rochers, aux arbres d'un paysage un aspect harmonieux ou organique. On se sert généralement de ce procédé pour représenter les montagnes ou les nuages de forme bizarre. Quelque différents que soient les deux procédés, leur but est le même: faire ressortir l'éclat, le brillant de l'encre." (Taki, Oriental InkPainting. Kokka, N° 203, pages 647, 648.) La première manière semble correspondre au style graphique, la seconde au style pictural. Il résulte d'observations plus récentes que l'encre est étalée sur le fond de papier ou de soie au moyen de pinceaux de nature et de forme différentes, en commençant, comme l'indique l'auteur chinois, par les tons les plus clairs, dans lesquels et à côté desquels on applique des tons de plus en plus foncés. Les tons foncés, surtout dans la manière picturale, sont généralement ajoutés pendant que les tons clairs sont encore humides, de sorte que les différentes nuances s'entrepénètrent, se confondent intimement. Pour cela il faut mesurer très exactement la quantité d'encre et d'eau qu'on prend dans le pinceau et la force avec laquelle on l'appuyé; la soie et le papier absorbant l'encre très rapidement, on ne peut effacer les traits inexacts. Les retouches ne sont également possibles que dans une mesure très restreinte. Le peintre qui employé ce procédé humide ne doit ni hésiter ni se tromper; il doit achever son tableau d'un trait, et il le fait souvent en un temps étonnamment court.
Pour posséder cette technique, les études les plus précises et les plus sérieuses sont nécessaires, ainsi qu'un exercice continuel de l'œil et de la main. Le peintre d'Extrême Orient en acquiert en partie la pratique par l'écriture qui