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LE PAYS DU LÉMAN

flanc qui regarde le lac par les ravins de la Lutrive, de la Paudèze, du Flon. Les flancs de La Vaux sont fort inclinés, et ce n’est qu’en élevant les uns sur les autres les escaliers de ses terrasses murées que le vigneron parvient à y faire adhérer quelque peu de terre végétale ; et cependant, dans les pallies les plus déclives, au-dessous du signal de Chexbres, dans le précieux vignoble du Désaley, la pente moyenne ne dépasse pas 67 *Vo ! sH® n’atteint pas 35" au-dessus de l’horizontale.

De l’embouchure du Flon jusqu’à l’Aubonne s’étend le distiict de Morges, territoire mollassique en pente douce, entaillé par les vallées où se logent la Venoge, la Morge, le Boiron et l’Aubonne ; le plateau du Gros de Vaud est ici coupé par un rebord moins saillant, il est moins élevé et domine de moins près le lac que dans les régions de La Vaux et de La Côte.

Le district de llolle, qui porte le nom de La Côte, pur excellence, est remarquable par le plateau de mollasse surmonté d’alluvions anciennes et modernes, qui s’élève à ses points culminants jusqu’à 712“ au signal de Bougy, à 830“ à Burtigny. Les éboulis de ce plateau, coupé en pente abrupte du côté du lac, portent le fertile vignoble de La Côte, orienté dans la direction du sud-sud-est. Ce district s’étend de l’Aubonne à la Promenthouse.

Au sud-ouest de la Promenthouse, de Nyon jusqu’à Genève et audelà, le plateau de nature mollassique dans ses assises profondes, recouvert d’un fort revêtement de terrains glaciaires et dlalluvions, gracieusement mamelonné en collines arrondies, se relève beaucoup moins et ne dépasse le lac que de quelque 80 à 100 mètres, n n’est traversé que par un seul ravin notable, celui de la Versoie.

Au-dessus du plateau vaudois, dans la direction du nord-ouest, à 8, 10 et 14'‘“ de la rive du lac, l’on voit la noire muraille monotone et régulière du Jura, dont les sommets pilncipaux, le Mont-Tendre, la Dôle, le Colombier, atteignent aux altitudes de 1680 à 1689"'.

Revenons à la plaine du Rhône'et suivons la côte de Savoie.

Du Bouveret à la Tour-ronde, côte très abrupte, très accidentée, très pittoresque, en pleine région montagneuse. D’abord les flancs arides du Grammont, 21 75?" ; puis le ravin de la Morge de St-Gingolph qui recueille les eaux du Creux de Novel ; puis la paroi presque verticale de Meillerie, avec ses carrières inépuisables de calcaire alpin, qui porte le plateau de Thollon, lOOD"? ; plus haut les rochers de Mémise,

GÉOLOGIE

1682“ et enfin la Dent d’Oche, 2225“, cette reine dans la couronne des montagnes qui forment le panorama du Léman vu de Lausanne ou de Morges.

De la Tour-ronde à la Drance, le lac est bordé au sud par une haute colline, l’énorme moraine latérale de l’ancien glacier du Rhône dont la crête atteint 980“ d’altitude vers Bernex, pour ne s’élever guère à plus de 700“ à Champange au-dessus d’Amphion. Quelque uniforme que soit cette colline, son opulente végétation, ses cultures si pittoresques, ses splendides châtaigneraies lui donnent un caractère bien autrement agreste que les coteaux de vignes de la rive opposée.

Au ravin de la Drance commence un pays de plateau bas qui s’étend jusqu’à l’Arve et jusqu’à Genève. Inégalisé par quelques collines aux formes arrondies, au milieu desquelles le coteau mollassique de Boisy se relève jusqu’à l’altitude de 735“, ce plateau ne domine le lac que de quelque 50, à 100, à 200“. Il s’étend sur une largeur de 7 à 101“" jusqu’au pied des premières Alpes savoyardes, les monts d’Armonnaz, 1407“, et les Voirons, 1486“.

Tel est en quelques lignes le relief du pays dans lequel notre lac Léman est logé.

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