kni
pente
Vallée de Conche
d'Oberwald à Blitzingen
2""> rapide
de Blitzingen à la Massa
Plaine de Brigue
de la Massa à la .Souste
S™' rapide
de la Souste à Sierre
Plaine de Martigny
de .Sierre nu Bois-noir
4™" rapide
dn Bois-noir à Massongex
Plaine du bas Rhône
de Massongex au Léman
Ainsi, de l’embouchure de la Massa au Léman, soit dans son cours paisible à travers la vallée du Valais, le Rhône n’a qu’une pente de 3 "'•/qq. Dans la partie montagneuse de Gletsch à Oberwald la pente s’élève à 109 11 'Vo- La pente générale de Gletsch (hôtel du Glacier
du Rhône) au lac est de 9
Le Rhône du Valais divaguait autrefois librement dans la vallée ; de grandes étendues de marais et de terres basses étaient inondées à chaque crue. Un seul chiffre suffira à donner une idée de ces inondations. Dans les ci’ues du It^*' au 3 septembre 1860, les plus terribles dont l’on se souvienne, la surface approximative inondée en dehors du lit du Rhône s’est élevée à 71>‘'ni2, près du huitième de la surface du lac. (•^)
Les travaux d’endiguement qui ont été exécutés de 1863 à 1880
(') K. Peslalozzi et II. Legler. Rapport sur les conditions de l’écoulement du Rhône à Genève, p. l.ô, Lausanne 1870.
(®) Communiqué i)ar le bureau vaudols des ponts et chaussées.
(S) Communication originale de M. Zen Rulîinen, ingénieur des ponts et chaussées du Valais in lut. 27 oct. 1887.
HYDROLOGIE
aux frais des communes et de l’Etat du Valais et de la Confédération suisse, et qui ont coûté plus de il millions de francs, (‘) ont très heureusement paré à ces désastres. Depuis leur construction, ces digues n’ont pas été .surmontées par les hautes eaux du fleuve, ni lors des écoulements du lac Merjelen le 9 juin 1882, août 1884, 4 septembre 1887, 24 juin 1889, 25 juillet 1890, ni lors des plus fortes crues du fleuve. H y a eu cependant rupture des digues près de St-Léonard le 3i juillet 1888 et inondation partielle de la rive droite du fleuve.
Les grandes inondations du Rhône dans les trente dernières année.s ont eu lieu : (-)
en 188.J
1860 1-3 septembre 1868 30 mai
— 28-39 juin
— 34 juillet
— 18 aoiit
— 4 octobre
1888 31 juillet
plaine de Monthey plaine de Martigny
de Brigue à Louècbe et de Sierre à Riddes cote 2.8“ de l’étiage H 3.0 1 *
plaine de St-Léonard
La température des eaux du Rhône a été mesurée, sur ma demande, par les gendarmes Bourgeois et Bettemps, du poste de St-Maurice, chaque jour de l’année 1886, à l’heure de midi. J’ai tiré de ces observations les moyennes suivantes ; {^)
Janvier
Juillet
Février
Août
Mars
Septembre
.\vril
Octobre
Mai
Novembre
Juin
Décembre
D’où je tire les moyennes des saisons.
Hiver
Printemps
Eté
Automne
(’) Zeitschrift fiir schweiz. Statistik, XXIV, 179.
Notice sur la correction dir Rhône 1864 à 1879. Sion 1877.
{■') F.-A. Ford. Le ravin sous-lacustre du Rhône. Bull. S. V. S. N., XXIII, 85 Lausanne, 1887.
LE RHONE DU VALAIS
Ou en les groupant d’une manière plus rationnelle ;
Saison froide, de novembre à mars 3.2°
Saison chaude, d’avril à octobre 9.6
iSIoyenne de l’année 6.9
Maximum observé 12.7
Minimum, quand le Rhône charriait 0.0
Jusqu’au 17 mars, la température du Rhône est restée inférieure à 5“ ; elle s’est élevée au-dessus de ce chiffre du 18 mars au 19 novembre, soit pendant huit mois entiers; dans les dernières semaines de l’année, elle est redescendue au-dessous de 5".
Pour apprécier la variation diurne, j’ai fait faire encore quelques mesures le matin et le soir; l’amplitude de la variation, assez difl’érente suivant les saisons, s’est élevée jusqu’à 4" ; en général elle est restée inférieure à 2“.
Nous ne connaissons, sur la composition des eaux du Rhône, que les recherches faites par M. B. Buenzod, pharmacien à Morges, sur quinze échantillons d’eau que M. le chanoine Besse, de St-Maurice, avait recueillis pour moi. M. Buenzod a déterminé par filtration la teneur en alluvion suspendue, par évaporation à siccité la teneur en sels dissous. Je vais donner les résultats de ces analyses, et en tirer la densité des eaux du fleuve. Mais auparavant, je dois me poser une question ; Etant connu le poids des matières contenues soit en dissolution, soit en .suspension, dans les eaux, avons-nous le moyen d’en déduire la densité de ces eaux? La question est importante; je vais la discuter, et comme cette discussion intéresse essentiellement la densité relative des eaux du lac et de celles de l’affluent, je vais la traiter à ce point de vue.
A. Densité relative d'eanx contenant des sels dissous. De l’eau contenant une matière dissoute est plus ou moins dense que l’eau pure; un sirop de sucre est plus lourd que l’eau, une solution alcoolique est plus légère.
La différence de densité est proportionnelle à la quantité de matières dissoutes, si les solutions sont de même nature; pour deux solutions de nature différente, la densité doit être proportionnelle, non seulement aux quantités, mais encore aux densités relatives des matières dissoutes. Me basant sur ces propositions, qui semblent évidentes, je comptais calculer la densité relative des deux eaux qui nous inté-
HYDROLOGIE
resi^ent, les eaux du Rhône et les eaux du lac, en admettant que leur densité serait égale à celle de l’eau pure, plus le poids de la matière en solution, moins le volume de l’eau déplacée par cette matière.
Un tel calcul est-il légitime ? Incontestablement oui, si l’on peut déterminer dans chaque cas le volume d’eau déplacée dans l’acte de la solution, l’augmentation de volume de l’eau dans laquelle on fait dissoudre le sel.
Mais cette augmentation de volume diflëre pour les divers sels. C’est ce que mon collègue, M. le professeur E. Chuard, de Lausanne, répondant à mes questions, a élucidé par l’exposé suivant ;
« Il n’e.st pas possible de déduire, de la connaissance du poids et de la densité du résidu fixe de l’eau, la densité de la solution préexistante.
« J’ai pris, par exemple, du chlorure de potassium dont la densité est très approximativement ‘2 (en réalité 1.996); j’ai préparé deux solutions :
l’une au 1 % densité 1.0065 l’autre au 10 » 1.0658
Les valeurs de ces densités sont données par Biedermann (C/iemisches Kalender); je les ai vérifiées à l’aréomètre normal.
« Or par le calcul que vous proposez d’appliquer, on trouve : le>' solution 995''“-' eau, densité 1.0 — 995 gr.
5"»3 KCl « 2.0 10
Densité calculée . . 1.005 et non 1.0065 que donne l’expérience.
« Par le même calcul on trouve pour la 2^= solution une densité de 1.050 et non 1.0658.
a 11 y a donc écart considérable sur les chiffres de l’expérience.
« D’autre part, même si l’on obtenait une concordance entre les chiffres calculés et les chiffres trouvés expérimentalement, on ne pouri-ait appliijuer un raisonnement analogue à la détermination théorique de la densité de l’eau, étant connues la quantité et la densité moyenne du résidu fixe de l’eau. Il faudrait encore tenir compte, non seulement des gaz en dissolution dans l’eau, mais encore du fait que la plus grande partie du résidu, les cailionates de calcium et de magnésium, sont en dissolution dans l’eau à l’état de bicarbonates, sels sur lesquels on n’a pas de données physiques, vu leur instabilité. »
Je m’incline devant les arguments de M. Chuard, et je reconnais
LE RHONE DU VALAIS
qu’en calculant la densité de l’eau d’après la teneur en sels dissous, je ferai une erreur. Mais cette erreur sera certainement faible; la différence dans la quantité des sels en dissolution dans les deux eaux n'est pas considérable, et la nature de ces sels est probablement à peu près la même, l’eau du lac étant pour la majeure partie de l’eau du Rhône. Tout en convenant donc qu’il y aune légère erreur probable dans mon calcul, j’établirai celui-ci de la manière suivante :
Eau du lac. (') Matières dissoutes .... 174 mgr. par litre.
Densité de ces matières, calculée : 2.4.
Poids d’eau déplacée 73 » »
Excès de poids 101 » »
Eau du Rhône du 6 juillet 1886 (iv X) :
Matières dissoutes . . 240 mgr. par litre.
Densité : 2.68. ('-!)
Poids d’eau déplacée 92 » »
Excès de poids 148 » »
Il y aurait, d’après ce calcul, un excès de poids de 47 mgr. par litre en faveur de l’eau du Rhône, ce qui donnerait, toutes choses égales d’ailleurs, un excès de densité de 0.000 047.
Répétons-le : je sais que par un tel calcul nous faisons probablement une erreur; mais je sais que cette erreur est certainement peu forte et qu’elle n’est pas en tous les cas une erreur de signe. Je me sens en droit d’affirmer que, du fait des matières en dissolution dans l’eau, il y a un léger excès de densité dans les eaux du Rhône comparées à celles du lac, et qu’il y a lieu d’en tenir compte pour l’étude des densités relatives.
B. Dmisité relative des eaux contenant de l’alluvion en suspension. Tandis que l’eau du lac ne contient pas normalement de matières lourdes en suspension, l’eau du Rhône en est fortement chargée; la quantité a varié en 1886, d’après les analyses de M. Buenzod, de 0.04 à 2.25 gr. par litre. Cette alluvion augmente-t-elle la densité de l’eau ?
Je n’avais pas mis cette question en doute, quand j’ai écrit ma première note sur les ravins sous- lacustres (■*) ou quand je me suis occupé
(*) Nous donnerons dans un chapitre ultérieur la justification de ces chiffres.
P) Pour la densité dos matières dissoutes dans l’eau du Ehône, j’ai pris 2.68, soit la densité de l’alluvion du fleuve, détermination do M. E. Chuard.
(■*) Comptes-rendus. Acad. sc. Paris, CI, 725, 1885.
HYDROLOGIE
de l’inclinaison des plans isothermes dans les eaux profondes du Léman. (') Mais quelques critiques m’ont été faites h ce sujet par des hommes de grande autoiité, qui ont refusé d’admettre que des solides en suspension dans l’eau pussent augmenter la densité du liquide. Vous avez affaire, m’ont-ils dit, à de l’eau, ayant et gardant sa densité d’eau, qu’elle soit ou non traversée par des solides qui tombent dans cette eau.
J’ai donc dû l'eprendre la question ab ovo et chercher si l’alluvion en suspension dans un liquide augmente, oui ou non, la densité de ce liquide. J’ai traité le problème par voie d’expérience (mai 1887).
Exp. I. Dans un vase plein d’eau, j’ai laissé reposer au fond une masse d’argile lacustre moderne, alluvion du plafond du lac Léman J’ai placé dans l’eau un aréomètre et j’ai laissé s’établir l’équilibre thermique. L’aréomètre est au zéro dans l’eau limpide; lorsque j’agite le limon pour le mettre en suspension dans l’eau, je vois l’aréomètre se soulever notablement, en indiquant que l’eau trouble est plus dense que l’eau limpide.
Exp. II. Sous une balance hydrostatique, j’ai suspendu par un fd une sphère de verre, alourdie par du plomb jusqu’à ce qu’elle dépassât de très peu la densité de l’eau. Je l’ai pesée successivement dans l’eau limpide et dans la même eau troublée par l’alluvion en suspension; j’ai constaté que, dans cette dernière, le solide pesait moins, que par conséquent la densité de l’eau était augmentée.
Ces deux expériences montrent un excès de densité dans l’eau chargée d’alluvion. Quelle e.st la valeur de cet excès? L’alluvion suspendue dans l’eau augmente-t-elle la densité de cette eau de tout son poids (pesé dans l’eau) ou seulement d’une fraction de ce poids? L’expérience suivante répond à cette question.
Exp. III. Je place un bassin plein d’eau chargée d’alluvion sur une balance sensible, et je l’équilibre exactement par des poids. Puis, alternativement, je laisse déposer l’alluvion au fond du vase, ou je la mets en suspension dans l’eau en l’agitant avec une baguette. Je ne constate pas de difl’érence appréciable dans le poids du ba.ssin.
Le volume de l’eau n’a pas changé; que l’alluvion fût déposée au fond du vase, ou qu’elle fût en suspension dans l’eau, son poids n’a pas non plus changé. Donô la densité de l’eau trouble est égale à la
(b Comptes-rendus. Acad. sc. Paris, Cil, 712. 1886.
moyenne proportionnelle des deux densités de l’eau et de l’alluvion. Donc, pour obtenir la densité de l’eau trouble, je n’ai qu’à additionnelle poids de l’alluvion par unité de volume d’eau et à soustraire le poids de l’eau déplacée par l’alluvion.
Mais comment concilier cela avec l’expérience classique de Leibnitz ? Dans un vase d’eau, posé sur une balance, on place un flotteur et on suspend sous celui-ci une balle de plomb ; on équilibre avec dés poids, puis on coupe le fil et on laisse tomber la balle à travers l’eau. Pendant tout le temps de la chute, la balance s’incline et montre cjue le poids du vase, eau et plomb, s’est allégé; l’équilibre ne se rétablit qu’au moment oü la balle repose sur le fond du vase. (
Les résultats de cette expérience sont très différents de ceux que j’ai obtenus avec de l’alluvion impalpable. Dans l’expérience de Leibnitz, il y a diminution du poids du vase quand le solide traverse l’eau pendant la chute; dans mon expérience ül, il y a égalité de poids. D’où vient cette différence'?
Les seules conditions qui soient dissemblables résident dans les caractères du mouvement. Dans le cas de la balle de plomb, il y a chute accélérée dans l’eau; le solide part de la vitesse initiale nulle, pour atteindre le fond du vase avant que les frottements de l’eau aient transformé le mouvement accéléré en un mouvement uniforme. Dans le cas de l’alluvion suspendue dans l’eau, vu la très petite masse des particules de l’alluvion impalpable, le mouvement devient très vite, presque immédiatement, un mouvement uniforme; il n’y a plus trace d’accélération.
Ne pourrait-on pas modifier l’expérience de Leibnitz de telle manière que le gros solide que l’on fait tomber dans l’eau acquière l’uniformité de chute avant qu’il ait atteint le fond du vase? J’y suis arrivé comme suit :
Exp. IV. Je place sur une balance une longue éprouvette pleine d’eau. Je dépose sur le même plateau de la balance un bloc de cire que j’ai alourdie avec du plomb jusqu’à lui donner une densité légèrement supérieure à celle de l’eau; le poids de ce bloc placé dans l’eau est facilement appréciable à la .sensibilité de ma balance. J’équilibre exactement avec des poids. Puis je jette dans l’eau le bloc de cire, qui descend lentement, vu sa faible densité, et qui, au lieu du mouvement (*)
(*) Voir la jolie variante de cette expérience, par M. L. Dufour. Bull. S. V. .S. N. XI, 322. Lausanne 1872.
HYDROLOGIE
accéléré de la balle de plomb de Leibnitz, prend bientôt un mouvement unifonne. Au même moment, la balance, qui avait fléchi pendant que je soutenais de la main le bloc de cire, se remet en équilibre, longtemps avant que le solide ait atteint le fond du vase ; elle garde, cela va sans dire, cette position d’équilibre quand le solide repose sur le fond. Le bloc de cire exerce le môme effet sur la balance, qu’il soit suspendu dans sa chute de vitesse uniforme à travers l’eau, ou qu’il repose sur le plateau de la balance, qu’il soit dans l’eau ou qu’il soit hors de l’eau.
Exp. Y. J’ai fait une variante de l’expérience précédente en employant, au lieu d’un bloc de cire de faible densité, une sphère lourde, dont le diamètre atteignait presque le diamètre interne de l’éprouvette. Dans sa chute à travers l’eau, la sphère lourde refoulait l’eau située au-dessous d’elle et la faisait passer au-dessus d’elle, en la forçant dans l’espace annulaire très étroit par oü elle devait s’écouler; la chute était ainsi très ralentie et le mouvement devenait uniforme. Dans ces conditions aussi, l’équilibre de la balance était immédiatement rétabli.
J’ai parlé jusqu’à présent d’une augmentation de densité de l’eau par le fait de l’alluvion en suspension; l’expression n’est pas absolument exacte. Je devrais dire : l’eau, quand elle est chargée d’alluvion, se comporte comme s’il y avait augmentation de la densité. Ce n’est pas, en effet, une augmentation réelle de densité, car l’eau reste de l’eau, et sa densité d’eau n’est pas changée ; mais il y a action mécanique, pression développée sur le fond du vase, déterminant par action dynamique un effet égal à celui d’une augmentation de poids statique. Cette action dynamique est prouvée par l’expérience suivante :
Exp. VI. Je suspends par un fil une balle de plomb dans un vase plein d’eau en équilibre sur une balance. Alternativement, je laisse tomber le solide dans l’eau ou je le relève. Pendant la chute, qu’elle soit lente ou rapide, accélérée ou uniforme, la balance s’infléchit du côté du vase, le vase s’alourdit; pendant le relèvement de la balle, le vase s’allège.
De ces diverses expériences, je conclus que l’eau, tenant en suspension de l’alluvion, comme l’eau du Rhône, se comporte comme si la densité était augmentée, et que cette augmentation de densité est proportionnelle à la charge d’alluvion.
Mon collègue, M. le professeur H. Dufour, de Lausanne, auquel j’a-
LE RHONE DU VALAIS
vais posé la question qui me préoccupait, a fait de son côté une série d’expériences plus ou moins analogues à celles que je viens de relater et est aiTivé à la même conclusion que moi.
Le D>' A.-A. Odin, alors à Yverdon, plus tard professeur à Lausanne, le collègue qu’une mort prématurée a enlevé si jeune à la science et à ses amis, a, d’autre part, traité la question par voie mathématique; il m’avait autorisé à publier son raisonnement dans les termes suivants :
« Le problème que nous nous proposons de résoudre est celui-ci :
« Un corps tombant verticalement dans un liquide, quelle est, à un moment donné, la pression exercée par ce corps sur le fond du vase ou sur une paroi horizontale quelconque du liquide?
« Soit C le corps solide en question, m sa masse, P son poids, v la vitesse de haut en bas. La pression exercée par C sur la paroi inférieure B est uniquement transmise par la résistance du liquide; cette résistance est produite par des forces résultant, soit de la pression des molécules du liquide les unes sur les autres)' soit de leur frottement; appelons r celte résistance. Le corps C est soumis à l’action des forces P et r, de sorte que l’équation de son mouvement est :
d V dt
l représentant le temps à partir du moment où C commence à se mouvoir, c’est-à-dire à w = 0.
<1 Cette équation nous suffit, à elle seule, pour la discussion complète du mouvement du corps C. En effet, au moment où ce dernier commence à tomber, la vitesse est nulle; mais alors la pression qu’il exerce sur le fond du liquide est égale au poids p d’un égal volume de ce liquide; donc, pour r = Ü, on a r = p. Dès le commencement de la chute, la vitesse augmente et la résistance >• augmente aussi, car à la pression hydrostatique p vient s’ajouter une pression hydrodynamique provenant du frottement de l’eau. Si nous admettons, ce qui paraît évident, que r croisse en même temps que v, nous voyons par l’équation ci-dessus que cette augmentation de valeur doit durer tant que dv ,
— ne sera pas devenu nul, c est-a-dire tant que r ne sera pas égal à
P. Lorsque cet état sera atteint, le mouvement du corps C sera devenu uniforme et la pression r exercée sur lui par la paroi B sera égale à son poids.
HYDROLOGIE
« C’est ce qui a lieu pour les particules solides en suspension dans un liquide, et qui se meuvent du haut en bas. Pour les particules se mouvant obliquement, la loi n’est pas la même; on le reconnaît immédiatement en considérant celles qui se meuvent horizontalement ou verticalement de bas en haut. Nous pouvons donc énoncer cette conclusion :
«Lorsqu’un liquide contient une matière solide en suspension, on peut calculer directement sa densité en ajoutant le poids des particules solides au poids du liquide, à la condition que l’on soit en droit d’admettrô que la presque totalité des particules solides se meuvent verticalement de haut en bas. »
Odin ari'ivait ainsi par la théorie pure au même résultat que nous avait donné, à M. Dufour et à moi, la voie d’expérimentation physique.
Je suis donc fondé à faire le calcul suivant :
Le 6 juillet 1880, l’eau du Rhône contenait une charge de 2.l25i-' par litre, d’alluvion impalpable sèche.
Cette alluvion, nous la connaissons quand elle est déposée au fond du lac. D’après l’étude de M. le professeur E. Chuard (voyez p. 122), sa densité est de 2.68.
Le volume d’eau déplacé par ces 2.25i-' est donc de soit
L’excès de charge par litre est donc 1.403i-'.
Avant d’arriver à la densité de l’eau du Rhône, calculée d’après les charges des matières dissoutes et suspendues trouvées par M. Ruenzod dans les échantillons d’eau de St-Maurice, je dois faire intervenir la notion de la température d’après les mesures faites par les gendarmes du pont de St-Mamnce. Je continue ce calcul dans mon exemple du 6 juillet.
L’eau avait ce jour-là une température de 10.7». A cette température, l’eau pure a une densité de 0.999 694 d’après la formule de Kopp, l’eau
distillée à 4.0" étant l’unité.
L’eau pure du 6 juillet pesait par litre .... 999 694 "'s
Elle contenait 240“k d’alluvion dissoute donnant dans l’eau un excès de charge de ... . 148 »
2250'‘rî d’alluvion suspendue donnant dans l’eau
un excès de charge de 1 403 »
le poids d’un litre était donc 1 001 245™^
La densité de cette eau était donc "l-OOl 245.
Dans le tableau suivant, je répète ce calcul pour les 15 échantillons d’eau du Rhône de 1886.
Ce tableau renferme :
Le débit approximatif du fleuve d’après les lectures du jour à l’échelle fluviométrique.
La température de l’eau d’après les observations des gendarmes de St-Maurice.
La teneur en matières dissoutes et en matières suspendues (alluvion impalpable), d’après les analyses de M. Buenzod; ces valeurs sont données à l’unité du milligramme par litre, soit en millionièmes.
Enfin la densité rapportée à celle de l’eau distillée à 4" d’après les calculs ci-dessus exposés.
Date
Débit
Tempéi-at.
Matière
Matière en
Densité'-
du fleuve
de l’eau
dissoute
suspension
ni-^ sec
mgr. litre
mgr. litre
Il janvier
21 février
2 avril
12 mai
7 juin
6 juillet
21 août
xm
29 septembre
21 octobre
26 novembre
Le chiffre le plus élevé du transport du Rhône, matières en solution et en suspension (N“ X), est donc de 2.490k, disons 2 ‘/a grammes par litre. Cette charge est forte; mais c’est bien peu de chose comparativement à l’eau de mer, qui, rien qu’en sels dissous, en contient 35 grammes par litre. C’en est la quatorzième partie seulement.
Des chiffres de ce tableau il résulte les faits suivants : a La quantité des matières dissoutes est peu variable, oscillant
HYDROLOGIE
autour de 24'‘» par litre de résidu sec dans la première moitié de l’année, oscillant autour de 49‘'ii dans la deuxième moitié.
b La teneur en alluvion suspendue varie considérablement: en hiver, elle est à peu près nulle et les eaux du fleuve, d’un bleu légèrement teinté de vert, sont presque limpides ; elle s’élève dès le premier printemps, lors de la fonte des neiges basses; elle atteint son maximum en été, oü elle dépasse 2»' par litre. Les eaux sont alors d’un gris jaunâtre, presque absolument opaques, et forment un écran impénétrable à l’œil sous quelques centimètres d’épaisseur. En automne, les eaux redeviennent limpides et perdent leur charge d’alluvion.
c La teneur d’alluvion en suspension croît à peu près régulièrement en fonction directe de la hauteur des eaux du fleuve et de son débit. On constate cependant une différence entre la période oü les eaux sont en crue et celle où elles sont en décrue; leur teneur en alluvion pour le même débit est beaucoup plus faible dans la deuxième moitié de l’année.
d La densité des eaux du Rhône est très généralement supérieure à celle du maximum de densité de l’eau distillée. Un seul échantillon, le N» Xn, du 21 août 1886, avait une densité inférieure à 1 .000.
Cherchons à obtenir de ces observations isolées, exprimant le transport du Rhône, des faits intéressant la physique du lac. Pouvons-nous en tirer la valeur annuelle de ce transport? Je le crois, si du moins on ne nous demande pas une approximation trop exacte. (‘)
En rapportant la charge d’alluvion du Rhône à la hauteur du fleuve ou à son débit au jour de la prise des échantillons, j’ai reconnu que cette charge d’alluvion en suspension varie suivant que le Rhône est en état de crue ou en état de décrue. J’ai essayé, en corrigeant par la méthode graphique les irrégularités de l’expérimentation, de dresser un tableau (d’approximation très peu serrée), dans lequel j’exprime la charge d’alluvion impalpable en suspension, traduite en grammes par mètre cube pour les différents débits du fleuve, soit en crue, soit en décrue ; (*)
(*) Il serait fort désirable qu’un physicien entreprît sur le Rhône du Valais un travail complet, analogue à celui que le D' B. Baëff fait sur l’Arve; nous donnerons plus loin un extrait de ce dernier travail.
LE RHONE DU VALAIS
Charge d’alliivion
Débit du Rliône en crue en décrue