DÉNIVELLATIONS TLMPORAIRKS A CAUSES ASTRONOMIQUES
nimmns, séparées les unes des autres par des espaces de 6 et 12 lieures.
Il est vrai qu'en opérant ainsi je n'ai pas tenu compte de l'influence du soleil qui, suivant sa position par rapport à la lune, fait tantôt avancer, tantôt reculer l'heure de la haute iner par rapport à l'heure du passage de la lune au méridien; en choisissant des jours quelconques, j'espérais que les erreurs de cette nature, étant probablement tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, s'annuleraient récipro- <:iuement.
2° J'ai essayé de m'atlranchir de cette cause d'erreur de la manière suivante. J'ai choisi, parmi les jours où la régularité des tracés était suffisante, les jours do syzygie; dans ces jours-là la différence de position du soleil et de la lune est trop peu importante pour faire varier considérablement l'heure de la haute mer par rapport à la première heure lunaire. J'ai répété sur 25 jours d'époque de syzygie, des mois d'avril à septembre 1876, les mesures que je viens de décrire, et voici les chiftres moyens que j'en ai tirés, rapportés à un niveau quelconque, pour les différentes heures de la journée lunaire ;
[eure
mm.
leure
mm.
Il y a là des différences d'une heure à l'autre qui se seraient égalisées par une suite plus nombreuse d'observations, mais je ne puis y reconnaître les maximums et minimums d'une marée.
3'J J'ai répété cette tentative sous une troisième forme. J'ai profité d'une série de se()t jours, du 10 au 16 décembre 1876, admirable par le repos complet du lac, série de jours pendant lesquels la hauteur du
lac n'a varié que de 11»"" au maximum et est revenue au bout de la période à un millimètre près à ce qu'elle était au commencement; j'ai calculé pour chaque jour le moment de la marée haute, étant donnée la position relative des astres, et j'ai mesuré, comme ci-dessus, la hauteur du lac aux différentes heures de la journée de marée. Par ce procédé, pas plus que par les deux autres, je ne suis arrivé à trouver la courbe à deux maximums et à deux minimums d'une marée.
.Je conclus donc qu'il n'y a pas moyen de reconnaître par les observations limnographiques de Morges l'existence d'une marée sur le lac Léman. Il est vrai que la station de Morges est mal placée au point de vue de ces études ; située au milieu de la longueur du lac, toutes les actions qui font osciller l'eau dans le sens de l'est à l'ouest y sont à leur minimum d'amplitude. Il serait possil)le que des mesures exactes faites à Chillon ou à Genève donnassent, au point de vue des marées du lac, des résultats plus positifs que ceux que j'ai obtenus à Morges. Grâce à l'obligeance de M. Ph. Plantamour, j'ai eu à ma disposition, pour cette étude, les tracés limnographiques de Sécheron de l'année 1891, et je les ai dépouillés avec soin. J'ai pris, pour chaque époque de syzygie, les trois journées les plus rapprochées de la conjonction ou de l'opposition luni-solaire, le jour même de la nouvelle ou de la pleine lune, le jour avant et le jour après; cela m'a donné, pour l'année, 76 journées utilisables; j'y ai mesuré de deux en deux heures du jour lunaire la hauteur du lac à Genève, et en la rapportant à un niveau quelconque, j'ai obtenu les hauteurs moyennes, la première heure étant le passage de la lune au méridien supérieur, vers l'heure de minuit.
l''- heui'e, hauteur moyenne du lac, 72.6"""
Qc » » 72.1
lie » » 73.1
\rr » » 75.8
Il n'y a pas là trace d'un double maximum et d'un double minimum journaliers; il n'y a donc, pas plus à Genève qu'à Morges, pas plus dans la région terminale occidentale du lac que dans sa région centrale, d'indices d'une marée luni-solaire.
S'il y en a une, elle est masquée par les dénivellations irrégulières, bien plus importantes, que nous allons étudier dans les paragraphes suivants; s'il y en a une, elle n'atteint pas à Morges un millimètre d'amplitude, à Genève, deux ou trois millimètres. (^)