C.HAPITtU: IV. LA PECHE DANS LES ANCIENS TEMPS
Repi'enons encore quelques prescriptions spéciales dans les âges anciens, de la pèche dans le Léman.
I. BroU de prcférence. — Nous avons vu le seigneur de Vul'flens, révèque de Lausanne, ou les bourgeois, se réserver des privilèges et des prétérences pour l'achat du poisson (i). Ces privilèges certainement abusifs se continuent pendant fort longtemps dans des régimes relativement modei'nes :
Ainsi le 4 juin 1670, Leurs Seigneui'ies de Genève affermant la pèche, Fadmodiateur doit bailler la truite pour la Seigneurie à 3 florins la livre, et aux particuliers à 3 1/2 florins (-).
Ainsi le 5février 1743, admodiation de la pêche au bénéfice de ceux de la Tour de Peyl et de Yevey à condition que les pêcheurs seront tenus d'offrir d'abord leur pêche au baillif de Yevey, à bon marché et à bon compte; seulement après cela, s'il leur en reste, ils peuvent l'offrir en vente à d'autres (^).
Ces réserves ne restaient pas lettre morte. Ainsi : iJu '29 octobre
(') Pag('s605, GU7, 6i:5.
(^) M. s. historiques de Genùvc. XVIII, li, \). 'lil. Archives de Gen(''V('.
(•') Décrets romands. IX. ."JOo. Archives cantonales de Lausanne.
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> 1750. Les pêcheurs d'Oiichy ayant contrevenu à la défense de vendre du poisson avant de l'avoir présenté à M. le baillif, celui-ci fait prohibition absolue de continuer à pêcher du poisson (i).
Parmi les bénéfices du baillage de Nyon, tels qu'ils étaient énuniérés en 1613 (-), il était noté que tous les pêcheurs devaient présentei- leur poisson au château et le céder aux prix suivants, la livre à :
dp Pâques à l;i di' lu Sl-Micliel pendant le
St-Micliel (■') au Mardi gras. Carême.
Grosses Truites et Ombleschevaliers 6 sous 7 sous 8 sous
Petites Truites, Ombles, Ferras et Palées, Perches, etc. 3 — 4 — 4 —
Blanchets et Bi-andenailles('*) 1 — 1 — 2 —
Millecantons et Perchettes 1 — 1 — 1 —
II. Achats à distance. — Nous avons vu (p. 618) les bourgeois d'Evian obligés, quand la pêche locale ne suffisait pas à garnir la table du prince, d'aller acheter du poisson au loin sur le lac, de Villeneuve à Genève, s'il était nécessaire. Voici un contrat (■"') qui nous montre encore que le commerce du poisson allait déjà, bien avant les bateaux à vapeur, se fournir à grande distance. Le 13 décembre 1621 Jaques et Jean Pappan, à Morges, vendent à Pierre Paccar d, à Genève, tout le poisson qu'ils pouri'ont pêcher jusqu'à Pâque pi'ocliaine, aux prix, la