LÉGISLATION MODERNE
Les filets flotta iits (suspendus à la surface par des flotteurs), le grand filet (gropeyre), la tragale, la monte.
Les filets donnants (reposant sur le fond), le tramail, l'étole, la goujonnière.
Les engins : les fils à hameçons dormants ; les fils à hameçons courants, dits lignes traînantes; la nasse.
B. Les dimensions minimales des mailles ne peuvent descendre audessous de 3"" de nœud à nœud; quant à la goujonnière qui sert uniquement à prendre des poissons pour amorces, ses mailles peuvent descendi-e à !2<^ni.
C. Sont interdits entre autres : les barfouds et barfolets (verveux), la trouble, le cerceau, l'épervier, les harpons, tridents et grappins, les appâts artificiels, les lacets, les plombées, brillants et cuillères, les bouquets (paquets de bratiches et racines pour attirer le poisson), les armes à feu, les pièges à ressort et autres engins qui peuvent tuer ou blesser les poissons.
Est de même interdit l'emploi de matières chimiques, telles que noix vomique, coque du Levant, chlorures, chaux, comme aussi cartouches explosibles, de dynamite ou de toute autre matière pouvant engourdir le poisson ou le faire périr.
L'usage de feux ou fanaux pour attirer le poisson la nuit est interdit.
D. La pêche, la vente, l'achat du menu poisson sont interdits. Non seulement la viva ou millecanton (perchettes de 4 à 6"^"^), mais encore tout poisson qui n'a pas les dimensions suivantes mesurées de l'œil à la racine de la queue (convention franco-suisse 1880) :
Truite, Omble-chevalier, '•20'^"\ Ombre, Fera, Gravenche, Perche
15cm (1).
E. Les prohibitions totales ou partielles de la pèche sont : Toute pêche aux filets ou nasses est interdite du 1^^' au 31 mai.
La pèche de la Fera et celle de l'Omble-chevalier, du l^r février au 15 mai's; celle de la Truite, du 10 octobre au 20 janvier.
La pèche aux filets et engins est interdite à moins de 300^ de l'embouchure du Rhône, du Grand-canal (près de Noville), de la Yenoge, l'Aubonne, la Dullive. la Promenthouse.
(>) Donnons aussi, comme terme de comparaison, les dimensions minimales admises pour les poissons comestibles qui n'intéressent guère la pêclie du Léman. Saumon 50"", Anguille Sô*"", Ombre de rivière 25'", Truite de rivière 18'^'", du bout de la tête au liout de la queue.
Knfiii la pèche aux filets et nasses est interdite les dimanches et joiii-s de fête religieuse, de 9 h. matin à 4 h. soir, dans les eaux vaudoises et valaisannes: la pèche à la ligne est seule tolérée.
Uépétons en un tableau la limite inférieure de gi-andeur du poisson, à divei'ses époques:
1697 Arrêtés des Etats riverains. Pour tous les poissons.
deux onces 6U'i' 1807 Loi vaudoise Perciie. 7 pouces (du pied de Berne) 17<"m
Autres poissons, 8 pouces, id. 'J9
1888 Loi fédérale suisse Pei-che(i) 15
Omble et Corégones 18
Truite 30
1880 Conv.rranco-suisse(-) Truite et ombre '20
Autres espèces de poissons 15
CHAIUTRE VIL ENGLXS DE l'ECHE.
Les espèces de poisson du Léman qui ont une importance économique réelle, soit pai- leur abondance, soit par la qualité de leur chair, sont : la Truite, l'Omble-chevalier, la Pei'che, la Fera, la Gravenche, le Brochet, la Carpe et la Lotte. Les Poissons blancs, et sous ce nom on range l'ensemble des Cyprinidés, ont une chair plus molle, plus fade, moins estimée des gourmets, et par conséquent de petite valeui' marchande, mais qui n'en est pas moins une excellente nourriture hygiénique.
Les engins de pèche usités sur le lac Léman sont ('^) : Le grarid-fUel, filet flottant du type de la senne, est composé de deux bi-as latéraux et d'un sac; les bras, i-ideaux maintenus dans la
(') Une Perche de L^™ de longueur totale pèse de 35 à 40 gr., une PiTclie de longueur de 15 cm. de l'œil à la racine de la (jueue pèse 80 à 100 gr.
(^) La longueur du poisson mesurée de l'œil à la naissance de la nageoire caudale.
(^) .Je dois une partie de ces détails techniques à H. Ramuz et J. Berthold, maîtres pêcheurs à Morges.
ENGINS DE PÈr.HE H37
verticale par des graviers attachés par des fils au bord inférieur, et des lièges ronds attachés au bord supériem-, ont de GO à 80"! de long et 20'" de haut : le sac. de 20 à 30'" d'ouverture et de 25'" environ de profondeui' est fixé à la jonction des deux bi'as. La maille du sac est de S*"'^. Les deux bras et le sac sont jetés dans Feau en forme d'enceinte demi-circulaire. Par des cordes attachées aux deux extrémités des bras, les pécheurs tirent à eux le filet dans le bateau qui est à Fancre; le filet traverse ainsi Feau et les poissons efîrayés vont se réfugier dans le sac qui est relevé en dernier. Il faut quatre pécheurs pour manier le grand filet. La pèche au grand filet se fait au bord du mont, l'ancrage étant en beine.
Le grand-lilet dit île couche sert pour la pèche de la Fera en plein lac. 11 a la même forme et les mêmes dimensions, mais il est en fil plus fin. Il est un peu plus cliargé de pierres car il doit descendre entre deux eaux. Comme, en plein lac, au-delà de cent mètres de profondeur, le bateau ne pourrait s'ancrer sur le fond, deux bateaux s'associent pour s'amarrer l'un à l'autre, lorsque les filets ont été jetés à Feau, les deux enceintes se i-egardant par leur côté concave. Chaque bateau tirant de même sur son propre filet, tout Fas.semblage reste immobile, et les deux filets balaient Feau jusqu'au moment où le sac s'approche du bateau, alors Fon rompt les aman-es pour accélérer le mouvement de sortie et empêcher la fuite du poisson. Les pêcheurs désignent cet arrangement en disant qu'ils pèchent en queue.
La monte, ou irrnjdle, est une senne de même forme que le gi'and-filet, mais un peu réduite de dimensions: deux hommes suffisejit à la manœuvre!-.
Le pic est im filet flottant, en rideau i-ectangidaire, soutenu par des tonneaux formant bouées et des lièges, alourdi par des plombs, il est posé en plein lac le soir et relevé à la fin de la nuit. 11 n'est pas ancré sur le fond: emporté peut-être par les courants, il serait dilliciiement retrouvé dans l'obscurité, s'il n'était signalé par une lanterne fixée smla bouée.
Les grands pics mesiuent 1()0"' de long et 25'" de haut; la maille a de 50 à 54""'! de nœud à na:'ud.
L'invention du pic a été faite en 1888 par un pécheur de Meillerie, Marie Lugrin dit Blonay: il superposait des étoles et les tendait verticalement la nuit en plein lac. Ces procédés de pèche qui lui donnèrent des résultats superbes furent imités d'aboixl par ses voisins de
Savoie, à Amphion entrs autfes, puis par les pêcheurs de Vevey, puis sur le reste du lac(i).Enl896, la pêche du pic était connue sur tout le lac, et cette pêche destructive de la Fera fut poussée avec tant d'intensité qu'en octobre 4896 le prix de ce poisson, qui était auparavant de fr. 1.'20 la livre, était tombé à 60 centimes.
Le tramail est un filet dormant, en (orme de rideau, de 20-25™ de long, de 1.5™ de hauteur, lesté par des balles de plomb, et soutenu par des lièges l'onds. Il est contremaillé, c'est-à-dire que, outre le réseau de filet à mailles de S''™ qui doit capturer le poisson, il y a un second réseau à mailles plus larges, 15"", qui rapproche les bords supérieurs et inférieurs, et fait bomber en sac le filet proprement dit, de manière à mieux saisii- le poisson. Le tramail est tendu en beine et les poissons y sont chassés par une battue.
Vétolc ou Diéni est de même forme que le tramail, mais non contremaillée; plus longue que le tramail, 100™, et de même hauteur, 1 à 2™, elle est tendue dans la beine. On la pose en ligne droite dans le fond, et on l'y laisse séjourner dans le lac un ou plusieurs jours. La maille est de 3'"™ au moins et parfois de 5 ou 8''".
La goiijomnère est une étole à très petites mailles, 0.5 à 2'"'", qui sert à prendre en beine les petits poissons poui" les amorces vivantes qui sont chassés dans le filet par une battue. La goujonnièi'e mesure de 20 à 50™ do long, de 1.5 à 2™ de haut.
Le cerceau qui est interdit dans les eaux vaudoises et savoyai-des, et toléré dans les eaux genevoises, est un filet conique tendu sur un cercle de fer de 1 à 2™ de diamètre; il est descendu dans l'eau et les poissons y sont attirés par un appât brillant.
Les /(7,s de Truite sont des cordes tendues en plein lac à 2 ou 3™ sous l'eau, soutenues par des lièges; à ces cordes sont attachées des ficelles de 1™ de long, portant chacune un hameçon, caché dans une amorce vivante. Goujon, Ablette, Perchette.
Les ph dovriuinls sont semblables aux précédents, sauf qu'ils ne sont pas soutenus par des lièges et reposent sur le sol; les hameçons sont amorcés avec des poissons vivants, ou crevés que l'Omble attaque de préférence; on a vu quelqueiois des Feras prises aux hameçons des fils doimants. La Lotte se prend aux fils dormants amorcés avec des vers; la Perche avec des amorces vivantes et des vers.
(ij M(uc Denis. Lausiinnc 3 juin l'.JOo, in litl.
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La llync à bouchons ou ligne flottante est un fil attaché à une canne, soutenu par un bouchon flottant à la surface, et poftant un ou plusieui's hameçons amorcés avec des vers ou de la mie de pain.
La ligne plombée n'est pas portée par un bouchon, et c'est la main du pêcheur qui est avertie par une secousse de la prise d'un poisson.
La ligne Irainante est un long fil de soie ou de laiton, de plusieurs centaines de mètres, portant un hameçon caché par une amoi'ce vivante, ou un poisson artificiel en gutta percha, ou une ou plusieurs cuillers de métal; elle est traînée derrière un bateau qui se promène lentement sur le lac. La prise du poisson est signalée par l'appel d'un grelot fixé au fleuret d'acier, au sommet duquel est accrochée la ligne traînante. La pêche à la ligne traînante a été introduite sui' le lac en -1860 par M. Baird, Anglais, établi à Ouchy, et perfectionnée par H. Chatelanat de Lausanne.
Les nasses sont des cages d'osier ou de fil de laiton, avec une ou deux ouvertures en entonnoir élastique, qui permettent l'entrée du poisson, mais s'opposent à sa sortie; elles sont posées au fond dans la beine, au milieu des forêts de plantes aquatiques qui cachent le piège au poisson.
Les hayfouds ou harfolets (les verveux des pêcheurs français) sont des nasses en ficelles montées sur des cercles de bois. Ils sont interdits dans notre lac.
La filochc, I rouble ou truublclte est un filet conique monté siu- un cercle de métal de 30 à 50*^'" de diamètre, et attaché à un manche de bois : elle sert au maniement du poisson dans le réservoir, ou à sa capture lorsqu'il est amené sous le bateau par la ligne traînante. La pêche proprement dite à la trouble, pêche qui ne se fait que dans les ruisseaux, est interdite par les règlements.
La plombetie ou brillant est un instrument dévastateur interdit par les lois et règlements. C'est un hameçon double ou triple poi'té sur une cuiller asymétrique attachée au bout d'un fil; elle est soulevée avec saccades dans l'eau et accroche les poissons qui sont attirés par les i-eflets brillants de l'appAt. Cet engin blesse inutilement une foule de poissons et n'en prend (|ue fort peu en comparaison du mal qu'il cause.
Le harpon ou foin-cheitc est un trident en acier fixé au bout d'un manche de bois, qui sert à transpercer d'un coup de lance, les Chabots
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sons les piei-res du rivage soulevées par le pèclieur, ou les Truites innriobiles dans un remous d'ime rivière.
Les braconniei-s de rivières employent parfois, et trop souvent, des substances chimiques, noix vomique ou chaux, qui empoisonnent tous les animaux d'un cours d'eau. Dans la vaste étendue d'ini lac, ces agents destructeui's seraient d'assez maigre effet. En revanche, des cartouches de dynamite bien appliquées pourraient causer de grands ravages; ces agents et engins sont sévèrement interdits par les lois et règlements.
Nous avons décrit p. 555 le bateau de pêche original du Léman. Dans la deuxième moitié du siècle actuel l'usage s'est introduit d'adapter à la pèche des péniches ou canots à quilles.
Au moyen de ces lilets et engins les pécheurs du Léman pratiquent des chasses dirigées spécialement contre certaines espèces de poissons; il va sans dire que si d'auti'es espèces se laissent prendre, ils les considèi-ent comme de bonne prise et en Ibnt leur petit bénétice. Voici les pêches systématiques priucipales.
La Perche est traquée par le grand-hlet, la senne ou la monte, sur les flancs du mont en hiver, sur la beine en été. Le pécheur entoure d'un tramail, un bouquet débranches d'arbres (interdit pai- les lois modernes), une forêt de favas, une moi'aine de blocs erratiques submergés, et en chasse par une battue bruyante les poissons, en particulier les Perches qui se jettent étourdiment dans le filet. Sur les flancs du mont, les étoles captui-ent les Perches dans leurs chasses ou leurs promenades. — La Perche est très vorace, elle fait la joie du pêcheur à la ligne, ligne tombante ou ligne flottante, dont l'hameçon est amoi'cé par un Vei' de terre ou un asticot.
La Lotte se pêche à l'hameçon attaché à des iils dormants sur les flancs du mont; les hameçons ont pour amorce des Perchettes, des Goujons ou simplement des Vei-s de terre. Auto.ui- des fi-ayères de Feras, la Lotte, très avide des œufs et des alevins, était pêchée par les Savoyai'ds au moyen d'étoles à petites mailles, 24""" d'un noeud à l'autre.
La Féru, le poisson pélagique par excellence, est prise au grand-filet en plein lac, deux filets accouplés, comme nous l'avons dit p. 637 ; au pic, filet dormant, flottant en plein lac; à l'étole sur les frayères dans les grands fonds du lac. La Fera du Travei's, qui. rpiittant le large du