RÉSUMÉ
Matières organiques (II. 615.) révélables au permanganate de potassium, environ 5 à 10^^/'.
Les gaz dissous dans l'eau de surface sont :
Oxygène 1.8"'^^/^.
Azote 15.4
Acide carbonique 8.7 (11.618.)
Dans l'eau des grands fonds la quantité absolue des gaz et leurs proportions sont presque les mêmes; mais tandis que les eaux de surface sont saturées ou sursatiu'ées de gaz, les eaux profondes sont bien loin de l'être ; elles sont capables de dissoudre des quantités de gaz proportionnelles à la pression qu'elles subissent, mais séparées qu'elles sont de l'atmosphère, elles ne sont pas en contact avec une provision de gaz qui satisfasse à cette capacité d'absorption. (II. 622.)
Suivant les analyses des divers auteurs, la quantité de l'acide carbonique dissous dans l'eau de surface varie de 2 à 13'"'=*/'. (11. 618.)
Quant à la biologie d'un lac, elle est à peu près impossible à résumer ; presque tout entière en faits de détails, elle présente peu de traits .généraux spéciaux à un bassin particulier. Je crois cependant pouvoir signaler les points suivants.
La population animale et végétale du Léman est très semblable ou analogue à celle des autres lacs européens, à ceux des grands lacs subalpins en particulier. La description méthodique et systématique que j'en ai donnée peut être appliquée à ces autres lacs. (111. 1 à 308.)
Pour ce qui regarde les animaux et les plantes inférieurs, microzoaires et microphytes, les études faites dans les autres lacs ne sont pas assez avancées pour que 'nous puissions affirmer la spécialité des formes nouvelles constatées dans le Léman. (III. 130 à 154.)
Quant aux plantes lacustres pour lesquelles nous avons admis le ■terme indigène de fa vas, les Phanérogames nageantes ou submergées : Potamogeton luceus, perfoliatus, crispus, peciinatus, fiUformis, pusilk{s, Elodea canadensis, Myriophyllum spicatum, Ceratophyllum demersum (III. 180), elles sont toutes banales et cosmopolites. Seule la variété du Potamogeton perfoliatus que j'ai décrite sous le nom de forme l) (III, p. 161) identique au P. vaghiatus Turcz, mérite peut-être une mention spéciale.
Quant aux Poissons, ils soulèvent des problèmes intéressants, soit ,par la pauvreté de lem- faune dans le Léman, soit par les difficultés de l'histoire de leur introduction dans notre lac. Les eaux de ce lac ne
renferment que la moitié de la population ichthyologique de l'Europe centrale; donc les obstacles géographiques qui s'opposent actuellement à l'entrée de nouvelles espèces sont d'action déjà ancienne. La plupart des espèces du Léman sont fluvio-lacustres; elles peuvent donc être arrivées dans le lac par les quelques ruisseaux (Nozon, Grenet, etc.) dont les eaux se divisent entre les bassins du Rhône et du Rhin. Mais il est quelques Poissons strictement lacustres, pélagiques même, les Corégones, Fera et Gravenche, l' Omble-chevalier, qui n'entrent jamais en rivière, en ruisseau tout au moins, et dont l'introduction dans le Léman reste un problème non encore résolu. (IIL 343-354.)
Rien de spécial à ajouter sur le cosmopolitisme des sociétés biologiques des régions littorale et pélagique; nous en avons expliqué la cause. (111. 273-292). Quant à la société des eaux profondes, sauf deux espèces de Crustacés aveugles, NipJiaryHs Forelï et AseUiis Forel'i, qui proviennent de la faune des eaux souterraines (111. 300-307), nous avons démontré qu'elle doit son origine au transport accidentel, actif ou passif, des organismes littoraux qui s'égarent dans les régions froides et obscures des grands fonds du lac. Ceux qui résistent au changement de milieu y végètent en variétés pauvres et rabougries : s'ils font souche, ils donnent lieu à une descendance chétive qui semble, à en juger par la variabilité de nos faunes et flores profondes, ne pas se propager en longues séries de générations. (111. 265-308.)
Tout cela n'est pas propre au Léman ; mais c'est en les étudiant dans ce lac que nous avons établi l'enchaînement de ces notions.
Un fait spécial, d'un intéi-ét général, me paraît mériter l'attention des naturalistes à la recherche des origines de l'espèce, de ceux en particulier qui, avec Hugo de Vries, constatent des apparitions de nouvelles formes par variation subite et étendue d'une ancienne espèce; c'est l'apparition en 1868 de la variété des Cygnes faux-Albinos dont le cygnetnait blanc, et qui dès sa première plume revêt la livrée de l'adulte, (in. 308-326.) C'est, bien antérieurement aux Oenothères de Vries, un cas d'apparition subite d'une variation fort étendue, ayant presque la valeur d'un caractère spécifique, survenue sous nos yeux, sans passage ni transition progressive; c'est un premier cas de ce qu'en 1864 mon cher et très vénéré maître. A. KôUiker. appelait r/(ék'Vo{/eii if, et qu'il avait indiqué comme l'un des modes pi-obables de la ci'éation d'espèces nouvelles.