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CHAPITRE PREIMIER — CONDITIONS DE MILIEU

Avant tout, je dois préciser les conditions de milieu dans lesquelles vivent les organismes que nous allons rencontrer dans le lac et pour •cela je les résumerai en étudiant :

Le milieu aquatique ;

Le milieu lacustre ;

Le milieu lacustre d'eau douce ;

Le milieu spécial du Léman.

1. milieu aqiialique en opposition au milieu aérien. Les organismes qui vivent dans l'eau sont soumis à des conditions bien différentes de celles des organismes qui vivent dans l'air atmosphérique.

A. La densité de l'eau pure est 770 fois plus forte que celle de l'air. Tandis que dans l'air les organismes ont besoin d'un squelette, ou tout au moins de tissus rigides, pour soutenir leur corps et n'être pas déformés par leur propre poids, dans l'eau ils gardent leurs formes quelle que soit la mollesse de leurs organes.

B. La densité moyenne des tissus organiques animaux et végétaux est à peu près celle de l'eau. Tandis que dans l'air les organismes reposent sur le sol par leur propre poids, ou ne peuvent s'éleverau-dessus du sol que par l'usage de mécanismes assez compliqués, dans l'eau les conditions de station sont tout autres.

Parmi les organismes aquatiques, les uns sont plus denses que l'eau,, reposent sur le sol et y sont fixés, ou bien ils rampent, marchent ou sautent en prenant leur point d'appui sur ce sol. Organisn^es fixés, rampants ou marcheurs.

Les autres ont la même densité que l'eau ; ils flottent entre deux eaux ; ils planent ; j'applique ici au milieu aquatique le terme utilisé habituellement pour le vol dans l'atmosphère. Organismes flottants.. (Schwebende Thiere und Pflanzen des Allemands.)

Les autres enfin sont plus légers que l'eau, ils flottent à la surface ; ils surnagent. Organismes nageurs. (S chw immonde Thiere und Pflanzen.)

C. En raison de la plus faible différence de densité des corps organisés par rapport à celle du milieu ambiant, les organismes vivant dans l'eau sont beaucoup plus facilement entraînés par les mouvements du liquide qui les entoure ; le point d'appui nécessaire à leur station ou à leur marche exige des artifices plus compliqués que ceux des organismes aériens.

D. La densité de l'eau étant plus grande que celle de l'air, le milieu aqueux offre une résistance plus grande aux déplacements actifs. Les allures des organismes aquatiques sont plus lentes que celles des organismes aériens ; pour obtenir une vitesse égale, ils ont besoin de formes plus élancées, ou d'appareils musculaires plus puissants.

E. Au point de vue chimique, les phénomènes de diffusion entre lescorps dissous dans le milieu ambiant et les liquides de l'économie sont plus faciles quand ce milieu est de l'eau que quand il est de l'air. La diffusion est plus rapide de liquide à liquide que de gaz à liquide.

F. Au point de vue de la respiration, l'eau contient les gaz de l'atmosphère à l'état de solution, en particulier l'oxygène et l'acide carbonique. Mais ces deux gaz y sont en proportion beaucoup plus faible, à pression égale, que dans l'air atmosphérique. A la pression de 76*^"^ de mercure, les quantités normales des gaz dissous dans un

litre d'eau sont les suivantes ; comme terme de comparaison, je donne les mêmes valeurs contenues dans un litre d'air atmosphérique :

Air atmosphérique. Eau pure à saturation à la température de l.j*^. Oxygène QQO'^^m- /litre gcms/ntre

Azote 791 12

Acide carbonique 0.3 0.5

Par conséquent, poiu" les phénomènes respiratoii'es, l'organisme plongé dans l'eau a à sa disposition, dans le même volume du milieu ambiant, beaucoup moins d'oxygène que l'organisme vivant dans l'air. Les phénomènes d'oxydation vitale seront donc moins énergiques chez les organismes aquatiques, ou bien leur appareil respiratoire sera plus perfectionné que celui des organismes aériens.

G. Au point de vue thermique, l'eau a una chaleur spécifique beaucoup plus grande que celle de l'air, 3000 fois envii^on. A moins qu'il n'ait des organes de protection exceptionnels, un organisme aquatique poiu'i-a •difficilement élever sa température au-dessus de celle du milieu qui l'entoure.

H. Au point de vue optique, le pouvoii' réfringent de l'eau est peu ■différent de celui des milieux transparents des organes de la vision. Par conséquent, ou ïœW des animaux aquatiques aura une beaucoup plus g["ande puissance optique que celui des animaux aéi'iens, ou il atteindra des effets beaucoup moins utiles.

II. Milieu lacustre en opposition avec les autres milieux aquatiques. Le lac est une masse d'eau stagnante dans une dépression du sol, sans continuité avec la mer. Un lac proprement dit diffère des autres masses d'eau qui sont :

Des eaux stagnantes.

Des eaux courantes.

Les unes et les autres pouvant être ou aériennes ou souterraines. Parmi les eaux stagnantes aériennes nous distinguons :

A. L'hydrosphère illimitée de la planète, océan et mers;

i>. Les lacs ;

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