‹ Le Léman, monographie limnologiqueChapitre 93 sur 174 · RÉSUMÉ HISTORIQUE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ HISTORIQUE

dans notre pays qui lui a dû pendant longtemps ses lois et sa jurisprudence, et qui a traversé sous son action les grandes époques historiques du premier et du second royaumes de Bourgogne. Arrivés à la •fin du IVe siècle dans la région du Main, ils avaient passé le Rhin en 413 et s'étaient établis à Worms dans le Palatinat. Dans la première moitié du V^ siècle, la poussée des Francs qui avait refoulé les Allemanes sur la Souabe, la haute Alsace et la Suisse allemande, rejeta les Burgondes sur la Suisse occidentale et la Savoie. Plusieurs fois repoussés, ces derniers finirent par s'y établir définitivement, aussi bien au sud qu'au nord du Léman (') ; c'est en 456 qu'eut lieu le partage des terres entre les chefs burgondes et les sénateurs gaulois (-).

Le premier royaume de Bourgogne ne dura que quelque quatrevingts ans, et le pays tomba en 534 sous la puissance des Francs; il subit pendant trois siècles les vicissitudes des règnes troublés des Mérovingiens et des Carolingiens.

En 888, Rodolphe se fit sacrer roi de Bourgogne à St-Maurice, et le second royaume de Bourgogne dura jusqu'en 1032, date de la mort de Rodolphe III qui avait fait, en 1016, donation de ses états à l'empereur Henri II, son neveu.

Dès ce moment le pays du Léman fit partie de l'empire germanique, et ses destinées se trouvèrent liées aux alternatives de fortune des grandes maisons souveraines qui s'élevaient de plus en plus dans la hiérarchie comphquée de la noblesse féodale. Les plus puissants des seigneurs, qui remplissent de leurs noms l'histoire confuse et agitée de ces périodes, sont les comtes de Maurienne qui devinrent plus tard les comtes de Savoie, les comtes de Genève, les comtes de Gruyère et les ducs de Za3hringen. En même temps la puissance temporelle de l'église se développait parallèlement, et les évêques, tout en dominant le pays par les armes spirituelles, arrondissaient leur patrimoine et en faisaient des seigneuries importantes. L'évèché de Lausanne s'étendait sur les rives du Léman, de l'Aubonne à Villeneuve, celui du Valais dans la plaine du Rhône, celui de Genève sur toute la rive sud du Léman et sur la rive nord jusqu'à l'Aubonne. Dans cette période indécise

(ij A» 428. T 11 I' o (1 n s i i ;i n n d X X, S n j) a u d i n B u r o n n d i n ii u ni r o- 1 i q u i i s <1 a I u !■ c \i m i n il i ^ c n i s d i v i d i' n d a. {l'rosperi Aquilani pars p r i 0 r.)

(^) A'' 456. E o a iMi u 1 i u r i^ u ii d i o n c s p a y t c )n G a 1 1 i a <> o c c u p a y c - 1" Il n t, terras i] u c c uni .l; a 1 1 i c i s s c n a t o r i h us d i v i .s o r u n t {Marii Aventic. < '. li r o n i co u).

de la féodalité, où les luttes pour rexistence et pour la puissance étaient d'une violence extrême, le pays très divisé, très déchiré était probablement peu peuplé et certainement fort malheureux.

Dans le milieu du Xllle siècle, une de ces maisons féodales prit l'avance sur ses rivaux, et sous Pierre de Savoie, connu dans nos pays sous le nom de Petit Charlemagne, la prospérité merveilleuse de la dynastie souveraine des Savoie commença à se développer. Les comtes de Savoie dominèrent dès lors non seulement sur le Chablais au sud du Léman, mais encore sur tout ou presque tout le pays de Vaud. En 1410. api'ès Fextinction des comtes de Genève, la ville épiscopale de Genève, cité indépendante sous ses évêques, devint l'objet des convoitises de la cour cointale — puis ducale, à partir de 1416 — de Savoie, qui chercha par tous les moyens à s'y insinuer, à y gagner des pai'tisans, à s'y installer par surpi'ise ou par force.

En 1526, Genève secoua le joug de Savoie et devint ville libre, alliée de Berne et de Fi'ibourg (traité du 6 février 1526), état qu'elle conserva jusqu'à la lin du XVIlJe siècle.

En 1536, l'évêché de Lausanne, le pays de Vaud, le pays de Gex et le Chablais jusqu'à Thonon furent brutalement conquis parles Bernois, tandis que les Valaisans s'emparaient du Chablais oriental, jusqu'à la Drance.

Le Chablais occidental et le pays de Gex furent rendus par Berne à la Savoie par le traité de Lausanne du 30 octobre 1564; le 4 août 1569, la Savoie obtint du Valais la restitution des mandements d'Evian et d'Abondance. Le pays de Vaud resta sujet de Berne pendant plus de deux cent-soixante ans.

En 1601, par la paix de Lyon, le pays de Gex fut cédé par la Savoie à la France. Le village de Versbix qui, conquis à deux reprises par Genève, en 1 589, était resté une possession indécise et contestée, subit le sort du reste du pays de Gex, comme le village dePregny. La France devenait donc, déjà à cette époque, i-iveraine du Léman.

En 1792, le 22 septembre, la Savoie fut conquise par la France qui, en 1798, envahit de môme Genève et le pays de Vaud. Ce dernier ne fut que ti'avei'sé, mais il le fut à réitérées fois par les armées de nos voisins d'outre-Jura, (\u\ avaient la prétention d'apporter la libellé au monde.

Genève fut assujettie à la France jusqu'au 31 décembre 1813; la Savoie du nord jusqu'en 1815. Le pays de Vaud. qui participa à partir de

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