‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 13 sur 81 · QU'EST-CE QUE LA MORT · texte numérisé non relu

QU'EST-CE QUE LA MORT

ver ainsi la substance animale de la putréfaction. On obtiendrait le même résultat si Ton plaçait le corps entre deux couches de glace, ou dans un cercueil qui serait enveloppé de toutes parts de glace constamment renouvelée. Entretenu à la température de O"", le corps ne subirait aucune décomposition, parce que la fermentation putride ne peut s'établir à une aussi basse température.

C'est de cette manière que se sont conservés des cadavres entiers de Mammouths, éléphants qui appartenaient à une espèce aujourd'hui éteinte, et qui vivaient pendant Tépoque quaternaire. En 1802, on trouva aux bords de la Lena, rivière qui se jette dans la mer Glaciale, après avoir traversé le pays des Yakoutes (région de l'Asie qui se rapproche du pôle nord), un cadavre, parfaitement conservé, de ce gigantesque pachyderme. La terre gelée et les glaces qui recouvraient les bords de la rivière où il était enfoui, l'avaient préservé de la putréfaction, si bien que les chairs de cet animal, qui était mort plus de cent mille années auparavant, servirent de festin aux pêcheurs de ces rivages. Dans les pays septentrionaux, pour conserver intact le cadavre d'un homme il suffirait donc de le tenir constamment enveloppé de glace.

Quand le corps de l'homme ou d'un animal est exposé aux influences réunies de l'air, de l'eau et d'une température moyennement élevée, il éprouve une série de décompositions chimiques, dont le terme final est sa transformation en gaz acide carbonique, ammoniaque, azote, eau, et quelques substances gazeuses ou solides, qui représentent des produits

moins avancés de décomposition. Les gaz azote, acide carbonique, acide sulfhydrique, ammoniac, ainsi que la vapeur d'eau, se répandent dans l'atmosphère, ou se dissolvent dans F humidité du terrain. S'ils sont dissous dans l'eau qui baigne le sol, ils sont absorbés par les radicelles des plantes qui vivent sur ce terrain, et servent à la nutrition, au développement de ces plantes. S'ils sont répandus dans l'eau, l'eau des pluies les dissout, et les ramène sur la terre. L'ammoniaque et l'acide carbonique dissous dans l'eau qui imprègne le sol, s'introduisent par les racines dans les canaux des plantes et contribuent à leur nutrition.

Ainsi la matière du corps de l'homme et des animaux n'est pas détruite; elle ne fait que changer de forme, et sous cette autre forme elle va composer de nouvelles substances organiques.

En cela, le corps de l'homme ne fait qu'obéir aux lois communes de la nature. Ce quïl éprouve, toute substance organisée, végétale ou animale, exposée aux influences réunies de l'air, de l'eau et d'une température moyennement élevée, l'éprouve également. Un morceau d'étoffe, de coton ou de laine, un grain de blé, un fruit, fermentent et se réduisent en produits nouveaux, comme le fait notre corps. Le linceul qui enveloppe un cadavre, se détruit absolument de la même manière que ce cadavre.

Vie. — Si la substance matérielle qui compose le corps humain, ne fait que se transformer en voyageant à travers le globe, pour passer des animaux aux plantes et des plantes aux animaux, il en est

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tout autrement de la vie. Nous disions dans le chapitre précédent que la vie est une force. Comme les autres forces, la chaleur, la lumière et Télectricité, elle prend naissance et elle se transmet ; elle a un commencement et une fin. Comme la chaleur, la lumière et l'électricité, ces agents physiques qui nous font comprendre la vie, et qui ont certainement la même essence et la même origine, la vie a ses causes productrices et ses causes de destruction. Elle ne peut se rallumer quand elle s'est éteinte, elle ne peut reconmiencer son cours quand son terme fatal est arrivé. La vie ne peut pas se perpétuer; c'est un simple état des corps, et cet état est fugitif, précaire, sujet aux mille influences et accidents du hasard.

La vie est donc bien inférieure en importance à l'âme qui est indestructible et immortelle. L'âme est l'élément essentiel dans toute la nature. Elle a des qualités actives et positives partout où les deux autres éléments, le corps et la vie, ont des qualités négatives. Tandis que le corps se dissocie et disparaît, tandis que la vie s'anéantit, l'âme ne peut jamais disparaître ni s'anéantir.

Ainsi la vie disparait sans retour après la mort de l'homme et des animaux.

Ame. — Nous venons de voir qu'après la mort de l'homme, son corps et sa vie se détruisent : examinons maintenant ce que devient son âme.

Le philosophe, l'homme instruit, ceux qui connaissent l'immensité de l'univers et de l'éternité des temps, ne peuvent admettre que notre existence sur la terre

soit quelque chose de définitif, que la vie humaine ne doive se rattacher à rien en deçà ou au delà d'elle-même. L'homme meurt à trente ans, à vingt ans; il ne peut vivre que quelques années, que quelques mois. La longueur moyenne de la vie est de vingt-huit ans, d'après les tables de Duvilard. Elle est aujourd'hui de trente-trois ans. Le quart des hommes meurt avant d'avoir atteint la septième année, et la moitié ne dépasse pas l'âge de dix- sept ans. Ceux qui vivent après ce temps, jouissent d'un privilège qui est refusé au reste du genre humain*.

Qu'est-ce qu'un si court intervalle, comparé à la durée générale des temps, à la vieillesse de la terre et des mondes ? C'est comme une minute dans l'éternité. Notre vie, si courte, ne peut donc être qu'un accident, un phénomène rapide et passager, qui doit à peine compter dans l'histoire de la nature.

D'un autre côté, les conditions physiques de la vie terrestre sont vraiment détestables. Exposé à toutes sortes de souffrances, tant par la défectueuse organisation de son corps que par les causes extérieures qui le menacent sans cesse, redoutant le froid extrême et l'extrême chaleur, faible et chétif, venant au monde nu et sans défense naturelle contre les influences climatériques, l'homme est un véritable martyr. Si, dans une partie de l'Europe et de l'Amérique, les progrès de la civilisation ont fini par assurer le bien-être aux classes riches, quelles ne sont pas, dans les mêmes pays, les souflFrances des pauvres gens! La vie est un véritable supplice pour

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