‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 19 sur 81 · L£ LENÛJ^MAIN DE LA MORT · texte numérisé non relu

L£ LENÛJ^MAIN DE LA MORT

à la fois comme le télescope et comme le microscope. Les sciences feraient des pas de géant I Quels progrès n'accomplirait pas la chimie, si nos yeux pouvaient pénétrer à l'intérieur des corps, voir à nu leurs molécules, juger de leur volume relatif, de leur arrangement, de la forme et de la couleur de leurs atomes ! On coup d'œil nous révélerait, sur la nature intime des combinaisons chimiques, ce que le génie d'un Lavoisier n'a pu pénétrer. La physique n'aurait pas plus de mystères pour nous ; car nous connaîtrions par la simple vue ce que nous cherchons à deviner péniblement par le raisonnement et par des expériences toujours difficiles et incertaines. Nous v6fTwiw pourquoi et comment les corps s'échauffent et s'électrisent. Nous verrions ce qu'est la chaleur ou la lumière. Nous aurions l'explication des lois mathématiques suivant lesquelles s'exercent les forces physiques, la lumière, le calorique, le magnétisme. Notre œil suffirait à résoudre les problèmes de physique et de mécanique qui ont arrêté le génie des Newton, des Malus, des Ampère et des Gay-Lussac.

Cette puissance merveilleuse est dévolue, nous n'en doutons pas, au sens de la vue chez l'être sur- 1 humain. |

Nous pourrions répéter ce raisonnement pour les autres sens ; mais il nous suffit d'avoir fait comprendre, par cet exemple, de quelle manière peuvent être perfectionnés et rendus exquis les sens, qui n'existent chez l'homme qu'à un état imparfait ou rudimentaire.

Nous ajouterons seulement qu'il doit résulter de ce degré de perfection des sens, qu'ils doivent s'exer-

cer avec la rapidité dont la vitesse de Télectricité ou de la lumière nous donne seule la mesure, c'està-dire que ces sens doivent, comme la lumière et rélectricité, s'exercer à distance et avec une grande promptitude. Si le corps tout entier de Tètre surhumain peut se transporter avec une incomparable vitesse d'un point à un autre, ainsi que nous l'avons admis, ses sens doivent également percevoir à de grandes distances.

Nous ne croyons pas nous tromper, en général, en comparant à l'électricité et à la lumière les actions qui s'exercent dans le monde invisible que nous avons la témérité de parcourir.

L*ètre surhumain a-i-il un sexe? Non, assurément, et dans la religion chrétienne on en a jugé ainsi à propos de l'ange. L'ange chrétien a les traits de rhonune ou de la femme, comme on le voudra. C'est le doux visage d'im adolescent ou le galbe touchant d'une jeune fille. Le sexe est supprimé, l'individu est androgyne. Ainsi doit -il être chez l'être surhumain. L'affection réciproque qui règne entre les heureux habitants de l'éther, ne doit point exiger la diversité des sexes.

Il est à remarquer que les affections s'épurent à mesure que l'on s'élève des animaux àThomme.Les animaux connaissent peu le sentiment de l'amitié. L'amour, avec ses entraînements matériels, règne chez eux presque sans partage. Les sentiments affectueux que les animaux possèdent en dehors de lamour charnel, se réduisent à ceux de la maternité, qui sont vifs et sincères, mais qui ne sont pas de

longue durée. Le petit est l'objet de caresses et de soins attentifs, tant que de pareils soins sont exigés par sa faiblesse ; mais quand il est devenu à peu près adulte, et en état de vivre par ses propres ressources, il est abandonné par la mère, qui ne le reconnatt même plus dans le reste de la vie. L'affection maternelle elle-même est donc chez les animaux d'une durée très-limitée ; il n'y a de constant chez eux que le sentiment de l'amour, qui découle de la propension des sexes. Chez l'homme, les sentiments affectueux sont nombreux; ils sont souvent nobles et purs. Nous aimons nos ûls et nos mères tant que le cœur bat dans nos poitrines. Nous aimons nos frères, nos sœurs, nos parents, d'un sentiment qui n'a rien de charnel, et qui tient aux racines de notre âme. Si l'amour est souvent indissolublement attaché aux désirs physiques, il peut s'en affranchir; souvent une amitié désintéressée survit à l'extinction des sens. C'est en cela que nous sommes infiniment supérieurs aux animaux. Faisons un pas de plus, allons jusqu'à l'être surhumain, qui est le chaînon naturel faisant suite à notre espèce, et nous devons trouver le sentiment de l'affection entièrement dégagé de la diversité des sexes. Dans le suprême et bienheureux séjour qu'ils habitent, les êtres surhumains ont tous le même type oi^anique. On n'a pas besoin, pour se chérir, d'appartenir à deux sexes opposés, à deux groupes différents d'organisation : la tendresse est le résultat de la séré-* nité, de l'ineffable bonté des âmes, de la sympathie qu'excitent de mutuelles perfections.

D'un autre côté; les domaines éthérés qui nous air tendent sont le lieu de réunion des êtres qui se sont

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aimés sur la terre. C'est là que le fils retrouvera le père enlevé à sa tendresse ; que la mère rejoindra la fille adorée que la mort avait arrachée de ses bras ; c'est là que les époux se revoient et que les amis se reconnaissent. Mais sous la nouvelle forme qu'ils ont revêtue, dans le corps perfectionné qui est le domicile de leur àme régénérée, il n'y a plus de sexe : la tendresse est un sentiment ennobli, idéal et d'une pureté exquise.

Combien ici-bas l'amour est aveugle et intéressé I Combien notre amitié est étroite et [égoïste I Quelle peine n'a-t-elle pas à s'étendre, à s'élai^r, à embrasser la totalité du genre humain I Pourquoi a-telle tant de difficultés à s'élever jusqu^au sublime auteur des mondes? Pourquoi n'aimons-nous pas Dieu comme nous aimons nos proches? Il en sera tout autrement dans les sphères supérieures. Notre faculté d'aimer, embarrassée aujourd'hui dans les liens de la chair, sera dépouillée de tout attrait sen* sueL Le désir charnel ne sera plus l'escorte obligée de l'amour, qui sera affranchi de tout entraînement physique, délivré de tout alliage impur. L'honune ressuscité en gloire aimera celle qui fut sa femme comme il aime aujourd'hui ses fils, ses frères et ses amis. Les sens ne dégraderont plus ses affections. Le bonheur que lui fera ressentir ce sentiment épuré, retrempé à des sources nouvelles, suffira à remplir, à combler son àme. Sa puissance d'aimer s'étendra à la nature entière ; elle se déploiera dans les sphères les plus élevées ; elle s'exaltera aux sublimes sensations que lui fera éprouver cet amour universel, cette large sympathie pour toute la création. La véritable

charité, c'est*à-dire la charité pour l'univers entier embrasera les cœurs. L'amour de Dieu viendra dominer ces affections multiples de toute la hauteur de sa puissance infinie, et le grand élan des sentiments d'amour pour nos semblables sera couronné par la sublime adoration du créateur des mondes.

Mais, dira-t-on, s'il n'y a pas de sexe chez les êtres surhumains, comment se fait la reproduction, comment s'entretient, comment se multiplie Tespèce ? La reproduction n'a pas besoin de se faire, l'espèce n'a pas besoin d être conservée ou multipliée chez les êtres surhumains. La reproduction, la conservation de Tespèce, sont l'œuvre des habitants des mondes inférieurs, c'est-à-dire de la Terre et des planètes. Tel est leur lot et l'obligation que leur impose la nature. Mais la reproduction est inutile et est inconnue aux habitants des mondes supérieurs, aux êtres fortunés qui vivent dans l'éther planétaire. Ds reçoivent de la Terre et des autres planètes le cortège de leurs phalanges nouvelles. Le renouvellement de ces bataillons d*élus se fait par les arrivées des mondes inférieurs. En bas est la multiplication des individus, en haut le séjour des êtres bienheureux; et ces derniers n'ont pas besoin d'entretenir leur espèce, puisque les lois de leur destinée sont tout autres que celles de l'homme terrestre. La reproduction est le lot des mondes inférieurs ; la permanence, l'apanage des mondes d'en haut.

Ame de VMre s/urhumain. — Dans un etxceUeqt Q^7 vcage de vulgarisation scientifiquQ, WWm^^y de M. ]f docteur F. Pouchet, directeur du ^U9âU(q d'hi^tpi^

naturelle de Rouen, nous avons lu un aperçu qui nous a frappé. M. Pouchet nous apprend qu*un naturaliste allemand, Bremser, pose en principe que, chez rhomme, la matière et Tesprit sont en proportions à peu près égales, c'est-à-dire qu'il y a chex l'homme moitié esprit et moitié matière. Bremser se fonde, pour avancer cette proposition, sur ce fait que chez l'homme c'est tantôt l'esprit qui commande à la matière et qui la subalternise, et tantôt la matière qui dicte ses lois à l'esprit, le tout à peu près avec égalité de puissance et de succès de part et d'autre*.

1. « Nous devons considérer, dit Bremser, que l'homme n'est pas un pur esprit, mais un esprit borné par la matière de diffé* rentes manières. En un mot, l'homme n'est pas un dieu; mais, malgré la captivité de l'esprit dans sa corporéité, celui-ci est déjà devenu assez libre en lui pour qu'il s'aperçoive qu'il est gouverné par un esprit plus élevé que le sien, c'est-à-dire par un Dieu.

« n est encore à présumer, dans la supposition qu'il y aurait une nouvelle création, que des êtres beaucoup plus parfaits que ceux qui ont été le résultat des créations précédentes^ verraient le jour. L'esprit dans l'homme est à la matière dans la proportion de ôO à 60 avec de légères différences en plus ou en moins^ car c'est tantôt l'esprit et tantôt la matière qui domine. Dans une création subséquente, si celle qui a formé l'homme n'est pas la dernière, il y aurait apparemment des organisations où l'esprit agirait plus librement et oà il serait dans la proportion de 75 à 25.

■ n résulte de cette considération que l'homme a été formé comme tel à l'époque la plus passive de l'existence de notre terre. L'homme est un triste moyen terme entre l'animal et l'ange ; il tend aux connaissances élevées et ne peut pas y atteindre; quoique nos philosophes modernes le croient quelquefois, cela n'est réellement pas. L'homme veut approfondir la cause première de tout ce qui est, mais il ne peut pas y parvenir. Avec moins de facultés intellectuelles, il n'aurait pas la présomption de vouloir connaître ces causes, qui iraient au contraire claires pour lui s'il était doué d'un esprit plus étendu. > {L Univers, page 750. Grand in-8 illustra, Paris, iSti, 3*éditicHi.]

Admettant, avec le savant allemand, ce rapport comme vrai, nous dirons que, tandis que chez rtiomme la proportion de Tâme au corps est de 50 pour 100, cette proportion est sans doute d'environ 80 à 85 pour 100 chez Tètre surhumain. Il est bien entendu que cette évaluation n'est prise ici que pour faire comprendre notre pensée. Le chiffre que nous donnons n'a d'autre but que de prouver que Ton peut soumettre au poids, à la mesure, à la comparaison, les faits de Tordre intellectuel, ce que tout le monde juge impossible.

L'âme a donc une part prépondérante dans l'être surhumain, voilà ce qu'il importe de savoir. Essayons maintenant d'analyser l'âme de Tètre surhumain, comme nous avons analysé ses sens.

Si les sens sont nombreux et exquis chez l'être surhumain, les facultés de son âme, qui sont intimement liées à l'exercice des sens et dépendent de leur perfection, ces facultés doivent être singulièrement actives et puissantes. On comprend, d'ailleurs, que chez l'homme les facultés mentales soient faibles et bornées. Nous devons passer sur la terre un temps si court, que des facultés très-puissantes ne nous serviraient de rien, ou n'auraient pas le temps de se développer ni d'être employées efficacement. Mais tout s'agrandit et s'élève dans le monde supérieur qui nous attend ; par conséquent les facultés de l'être pensant qui habite les régions d'en haut doivent être nombreuses et d'une portée très-étendue.

Il faut répéter pour les facultés de l'âme chez l'être surhumain ce que nous avons dit pour ses sens. L'être surhumain doit être pourvu de facultés

nouvelles, et celles qu'il a apportées de la terre doivent être singulièrement perfecUonnées.

Déterminer la nature et l'objet des facultés nouvelles qui sont dévolues à Tètre surhumain, serait impossible, car ces facultés se rapportent à ce monde supérieur qui nous est inconnu; elles répondent à des besoins moraux dont nous n'avons aucune idée. Renonçons dès lors à découvrir la nature de ces facultés, et contentons-nous d'examiner le degré de perfectionnement que peuvent recevoir les facultés de l'âme qui sont actuellement le partage de l'homme.

L'attention, la pensée, la raison, la volonté, le jngement, qui nous font ce que nous sommes, doivent acquérir, chez l'être surhumain, une force et une sûreté toutes particulières. La Bruyère a écrit qu'il n y a rien de plus rare en ce monde que Yesprit de discernement. Gela veut dire que le bon sens et le jugement sont infiniment rares chez les hommes. Et quand on a un peu vécu parmi eux, on reconnaît combien est fondée l'opinion de ce grand moraliste. Sans être trop misanthrope, on peut assurer que sur cent hommes, pris au hasard, il en est à peine un ou deux qui aient un bon jugement. Chez la plupart des hommes, l'ignorance, les préjugés, la passion, combattent le jugement ; de sorte que le bon sens est, comme dit La Bruyère, plus rare que les diamants et les perles. Cette grande et précieuse faculté du jugement, qui manque à la plupart des humains, ne doit pas manquer aux habitants de l'autre monde; elle doit être la règle universelle, tandis qu'elle est ici-bas l'exception.

De toutes les facultés, la plus précieuse pour se former des idées étendues et des comparaisons d'où jaillisse la connaissance, c'est la mémoire. Mais combien la mémoire est, chez Thomme, imparfaite, chancelante et comme valétudinaire ! Elle est absolument silencieuse pour l'époque qui a précédé notre naissance, et pendant laquelle nous existions pourtant. Elle est tout aussi muette pour ce qui concerne les premiers temps de notre vie. Nous n'avons aucun souvenir des soins que nous avons reçus dans nos jeunes années. Si notre mère meurt en nous laissant en bas âge, nous n'avons pas connu notre mère, pour nous elle n'a pas existé. Si des témoins qui nous ont vus au berceau, ne nous rapportaient nos actions pendant cette période, nous les ignorerions. Il faut que nous voyions des enfants au maillot, aux langes, au bourrelet, au petit chariot, pour croire que nous avons nous-mêmes passé par là. Les ténèbres couvrent nos premiers pas, notre berceau, ainsi que notre séjour dans le sein maternel; et nous ne voyons pas plus distinctement avant notre entrée dans la vie que nous ne voyons au delà de la mort.

La mémoire, qui ne se développe guère qu'à l'âge d'un an chez l'homme, et qui s'éteint chez le vieillard, est sujette, même quand elle est à son plus haut point d'activité, à mille défaillances, par le fait des maladies et par le défaut d'exercice ; de sorte que cette faculté est toujours chez nous bien précaire. Nul ne doute qu'elle ne doive recevoir dans l'autre vie la puissance, la certitude et l'étendue qui lui manquent ici-bas.

En même temps notre mémoire s'enrichira d*nn nombre incalculable de données nouvelles. Grâce au spectacle et à la connaissance des mondes qui Tentourent, notre âme saura fixer dans son souvenir la géographie d'une foule de lieux divers. Elle connaîtra les révolutions physiques, les populations, la législation de ces mille contrées. L'être surhumain saura ce qui existe dans les planètes et leurs satellites qui passeront à sa portée, ou qu'il ira visiter. En effet, de même que nous allons parcouru*, pour notre instruction, l'Amérique, F Afrique ou l'Australie, l'être surhumain va parcourir Mars et Vénus, et sa mémoire se meuble ainsi de millions de faits qu'elle sait retenir et invoquer quand il le faut. Quelle puissance ne donnera pas â l'esprit, au raisonnement, une mémoire ainsi pourvue et toujours prête à répondre !

Les langues ne sont que l'expression et la réunion des idées, et Gondorcet a dit qu'une science se réduit à une langue bien faite. Les sciences mathématiques font usage d'une langue qui est parfaite, parce que la science des mathématiques est parfaite. La langue qui se parle dans les espaces planétaires doit être parfaite, parce qu'elle doit exprimer toutes les connaissances qui appartiennent aux êtres surhumains, et que ces connaissances sont immenses. Plus l'esprit connaît, mieux il exprime : l'être surhumain, étant trèsHsavant, aura une langue très-expressive.

Ce sera, en même temps, une langue universelle. La langue des mathématiques est comprise par tous les peuples des deux hémisphères ; l'algèbre peut se lire par un Français ou un Allemand, comme par un

Australien ou un Chinois, en raison de la simplicité et de la perfection des signes de convention qu'elle emploie. La langue des mathématiques, qui est vraiment universelle, nous fait comprendre que celle que Ton parle dans les espaces planétaires soit également universelle et qu'elle puisse servir, sans distinction, à toutes les phalanges qui peuplent les mondes de Téther.

Grâce à l'immense étendue de leurs facultés et à la perfection de leur langage, qui est lui-même un moyen de pousser plus avant et plus sûrement leurs connaissances, les êtres surhumains ont une force de raisonnement et une sûreté de jugement qui, jointe au nombre immense de faits qui ornent leur mémoire, les met en possession de la science absolue.

Les questions ardues devant lesquelles Tesprit de l'homme s'arrête impuissant , et qui le jettent dans la folie s'il persiste à les approfondir, telles que la pensée de l'infini, l'idée de la cause première de l'univers, l'essence de la Divinité , tous ces problèmes, interdits à notre intelligence, n'ont rien d'inaccessible à ces puissants penseurs. Celui que l'humanité considère comme un génie de premier ordre, un Homère , un Aristote , un Hippocrate , un Keppler, un Newton , un Raphaël , un Shakespeare , un Âf olièire , un Mozart, un Lavoisier, un Laplace, un Cuvier, un Victor Hugo, ne serait parmi eux qu'un infirme d'esprit. Aucune science, aucune idée morale, n'est au-dessus de leur conception. Hs voient rouler sous leurs pieds la Terre et le riche cortège des planètes ses sœurs ; ils voient les planètes de notre système solaire graviter avec ordre et harmonie autour du

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grand astre central qui les inonde de ses clartés. Ils assistent, du haut de leur empyrée sublime , aux spectacles infiniment variés que leur offrent les agitations des éléments sur notre pauvre globe et sur les globes qui lui ressemblent ; et plus heureux que l'humanité terrestre, ils admirent les œuvres de Dieu, en connaissant le secret de leur mécanisme. Sous le rapport moral, ils ont pénétré le grand Pourquoi? Ils savent pourquoi Thomme existe et pourquoi ils existent eux-mêmes. Ils savent d'où ils viennent et où ils vont, ce que nous ignorons, hélas ! Là où nous ne voyons que confusion, ils aperçoivent l'ordre et Tharmonie. Les desseins de Dieu leur apparaissent avec netteté; et les événements de la vie des individus ou des nations qui nous semblent injustes, mauvais ou cruels de la part de Dieu , ils comprennent que ces événements sont justes , utiles , et méritent la reconnaissance de nos cœurs*.

Nous pensons , en outre , que dans les espaces éthérés , séjour des êtres surhumains , le temps est un élément qui ne compte pas. Ge qui nous le fait croire, c'est que le temps n'existe pas pour Dieu , et que les êtres surhumains se rapprochent, par leurs perfections, de toute nature spirituelle, et conséquemment de Dieu. Ge qui confirme encore à nos yeux cette même pensée, c'est que les douleurs proiondes résistent au temps ; c'est qu'il n'y a pas de

1. Voir à ce sujet Charles Bonnet : Contemplation de la nature. M. Pezzani, dans son ouvrage Pluralité des existences de Vdme (pages 190-304), cite différents extraits de cet ouvrage de Charles Bonnet, se rapportant à cette question.

durée pour les grands coups reçus par Tâme humaine; c'est qu'il n'y a pas de prescription pour les regrets que nous inspirent les morts, car la perte d'un être chéri est aussi vivement ressentie au bout des plus longs intervalles qu'à l'instant où elle nous frappa.

Ainsi, le temps, qui est tout chez l'homme, qui n'est pas seulement, selon l'adage anglais, de l'argent {time is money) , mais qui est aussi Tinstrument de notre savoir, de nos études et de nos connaissances — ce qui est autrement précieux que l'argent — le temps ne compte pas dans la vie de l'être surhumain. Il attend, sans impatience ni souffrances, l'arrivée dans son paisible domaine des êtres qu'il aimait et qu'il a laissés sur la terre ; et quand la réunion s'est effectuée, il jouit, avec eux, d'un bonheur que ne trouble jamais l'inquiétude de l'avenir. Grâce à ce mépris, à cette abstraction du temps, l'être surhumain assiste avec une tranquillité , une majesté, une sérénité inaltérables, au spectacle toujours nouveau et toujours merveilleux , que déroulent à ses yeux les révolutions des astres et les grands mouvements de l'univers.

Vie de F être surhumain. — Pour terminer l'étude des attributs de l'être surhumain , il nous reste à parler de la vie qui l'anime et qui donne à son corps les qualités d'être agissant.

Nous avons dit que, d'après notre système, l'être surhumain provient de Tâme d'un homme qui esl venue prendre domicile dans un corps nouveau, sein de Téther planétaire. Ce corps est-il destin

bout d'un temps plus ou moins long , à périr, à se dissoudre, à rendre à la matière ses éléments, ainsi qu'il est arrivé au corps de T homme terrestre? La vie doit-elle se retirer du corps de Tètre surhumain et rame s'en échapper?

Nous croyons qu'il doit en être ainsi. Partout la vie implique la mort, qui en est le terme nécessaire. On ne jette pas l'ancre dans le courant des eaux de la vie. Lé flambeau de la vie s'éteint dans les hauts espaces comme sur la terre. Si l'âme de l'être surhumain réside dans un corps vivant , ce corps doit mourir, et ses éléments matériels doivent retourner au réservoir commun de la matière.

Selon nous, l'être surhumain est donc mortel. Après un intervalle dont nous n'essayerons pas de fixer la durée, il meurt, et Fâme qu'il renfermait s'en échappe , comme un suave parfum s'échappe d'un vase brisé.

Que devient après la mort l'être surhumain? C'est ce que nous allons rechercher.

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