CHAPITRE VI
Qne devient, après la mort, l'être sarhnmain? — Morts, résurrections et incarnations nouvelles dans les espaces éthérés.
Dans la nature vivante qui nous environne, il y a, depuis la plante jusqu'à Thomme, une échelle continue de perfectionnements graduels. En partant des algues et des mousses , qui représentent l'état rudimentaire de Torganisation végétale, on passe par toute la série des perfectionnements du règne végétal, et l'on arrive aux animaux inférieurs , aux zoophytes et aux mollusques. On s'élève de là aux animaux supérieurs, par des gradations insensibles , et Ton atteint ainsi jusqu'à l'homme. Tous les degrés de cette échelle ascendante sont presque imperceptibles, tant les transitions et les nuances sont bien ménagées; de sorte qu'il y a une chaîne vraiment infinie d'êtres intermédiaires depuis l'algue jusqu'à nous. Et l'on voudrait que de l'homme à Dieu il n'y
eût aucune espèce d'intermédiaire I que cette échelle du progrès continu laissât un vide immense entre rhomme et le Créateur I On voudrait que la nature entière fût disposée, depuis le végétal jusqu'à rhomme , par degrés successifs et très-nombreux, et que de l'homme à Dieu il n'existât qu'un désert, un incommensurable hiatus! Évidemment cela est impossible, et ce n'est que par ignorance des phénomènes naturels que les religions et la philosophie ont commis cette grande erreur. Il faut que de Thomme à Dieu il y ait, comme de la plante à l'animal et de l'animal à l'homme, un grand nombre de créations intermédiaires, qui établissent la transition de l'humanité à la Divinité , qui la domine de sa toute-puissance et de sa majesté infinies.
Ces êtres intermédiaires existent, nous en avons la certitude. Ils- sont invisibles pour nous, mais si l'on se refusait à admettre l'existence de tout ce que
l'on ne voit pas , on s'exposerait à de cruels démentis.
Qu'un naturaliste présente à un ignorant une goutte d'eau prise à la mare prochaine , en lui disant : « Cette goutte d'eau où vous ne voyez rien, est toute remplie de petits animaux et de plantes en miniature, qui vivent, naissent et meurent comme les animaux et les plantes qui peuplent nos campagnes. » A ces paroles , l'ignorant haussera les çpaules , et traitera de fou son interlocuteur. Mais qu'il consente à appliquer son œil au verre grossissant d'un microscope, pour examiner le contenu de la goutte d'eau, et il reconnaîtra que le savant avait dit vrai ; car dans cette goutte d'eau , où (^'abprd il n'apercevait