‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 27 sur 81 · Le Soleil, par A. Guillemin, iii-l2, Paris 1870, page · texte numérisé non relu

Le Soleil, par A. Guillemin, iii-l2, Paris 1870, page

De cette masse énorme de forces, les actions physiques et mécaniques qui se passent sur notre planète , la végétation , les phénommes de la vie animale, les opérations industrielles et agricoles, n'absorbent qu'une bien minime partie. H. Tyndall, dans Fouvrage que nous avons déjà cité, dit à ce propos :

c Considérez Tensemble des énergies de notre monde ^ la puissance emmagasinée dans nos houillères, nos vents et nos fleuves, nos flottes, nos armées, nos canons. Qu'estce que tout cela? Une fraction de Ténergie du Soleil égale

tout au plus à »,^^^^^^^, de son énergie totale. Telle est

aloOOOUOOO

la portion de la force solaire absorbée par notre globe, e^ encore nous ne convertissons quMne minime fraction de cette fraction en pouvoir mécanique. En multipliant toutes nos énergies par des millions de millions, nous n'arriverions pas à représenter la dépense totale de la chaleur éa Soleil. »

Nous avons analysé dans ce chapitre les difiérents effets physiques et vitaux que produisent sur notre globe la chaleur et la lumière que déverse le Soleil. Nous avons passé en revue son action sur la nature inanimée, comme sur la nature vivante. On a vu que le Soleil est véritablement la grande cause des aotions physiques sur notre globe, et qu'il est également le premier principe de la vie, tant végétale qu'anim^ale. Sans le Soleil la vie serait baniiiie du ^o^e terrestre ; coipme noujs le cUsions plus haut, la vie est fille du. Soleil^ On sait que, dans le langage, les mots de chaleur de vie? i^^ pi^god i^pampaes^ On dit, damt tou-

tes les langues, que les èlxes sont glacés par la mort; on parle d'un fnHd mortel, etc. Cette image est l'exacte expression de la réalité. Un animal privé de vie est nécessairement froid. Le frisson est le précurseur de toute maladie, et il est Tavant-coureur de la mort. Tout corps mort est un corps froid. On dirait que chez l'animal le froid vient prendre la place de la vie, comme dans les corps bruts le froid succède a la chaleur.

Si Ton considère maintenant que ce n'est que par Faction prolongée de la chaleur que les plantes peuvent naître, croître et se développer; — que chaque plante exige, pour venir à bien, un nombre déterminé de degrés de chaleur, et que botanistes et agriculteurs savent très-exactement le nombre total de degrés de chaleur qu'il faut aux céréales pour mûrir et aux arbres fruitiers pour achever leurs produits ; — si Ton considère, d'autre part, qu'une longue et tranquille accumulation de la chaleur est indispensable pour que la vie apparaisse dans l'œuf fécondé d'un oiseau, si bien que par le seul emploi du calorique, dans les couveuses artificielles^ on peut suppléer à la couveuse naturelle; — si l'on réfléchit encore que les œufs des animaux vivipares trouvent cette chaleur dans le sein de la mère, et que d'ailleurs, comme l'a dit Harvey, tout ce qui vit provient d'^n œuf (omne vivum ex ovo) ; — si Top s^ rappelle qu'ft-r près l0 déyeloppen^pnt (]u germe ct^ez }e paamm^f^el'influence constante de la chaleur maternelle est in djsppnsable ^ 1» (ormatio» des organe§ (iu foptvi5 \ — Qn sef^ peut-être condiiit, en r^ufiissa^t tq^tes p§g observatipns^ i ^^ 4pman|ier ^ 1^ phftl^wr ^^ PTe^Sil

pas directement la vie, si la chaleur ne se transforme pas en puissance vitale. Les physiciens modernes qui ont créé la théorie mécanique de la chaleur^ c'està-dire l'admirable et profonde doctrine de la conversion mutuelle des forces, les savants qui ont prouvé, avec une évidence mathématique, que la chaleur se convertit en force mécanique et réciproquement, pourraient peut-être compléter leur brillante synthèse en ajoutant que la chaleur qui se convertit en force mécanique, peut également se transformer en vie, ou en force vitale, et que la magnifique théorie de la transformation des forces ne sapplique pas seulement aux corps bruts, mais qu'elle trouvç dans les corps vivants une confirmation saisissante.

Au mois de janvier 1872, M. Moitessier, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier , a communiqué à TAcadémie des sciences de Paris le résultat d'expériences qui paraissent confirmer l'opinion que nous venons d'émettre. Elles prouvent, en effet, que la chaleur que Ton communique naturellement ou artificiellement à un œuf fécondé, est absorbée dans la substance de cet œuf, qu'elle y disparaît, et que, par conséquent, elle doit s'y transformer. M. Moitessier ne dit pas en quel agent doit se faire cette transformation. Nous croyons, nous, que cette chaleur s'est transformée en force vitale.

Voici en quoi consistent les expériences de M. Moitessier.

L'auteur compare la vitesse de refroidissement des ÉMgj^s fécondés ou non fécondés, et il trouve une ^Hftbeiice considérable entre l'une et l'autre.

L'appareil dont H. Moitessier fait usage est une petite couYeuse, d^une forme particulière. C'est un vase cylindrique contenant deux à trois litres d'eau, dont la température est maintenue constante, à 41 degrés environ, par une lampe à gaz, alimentée par un régulateur. Au milieu de la masse d'eau, se trouve un second vase rempli d'air, qui renferme les œufs. Ce vase, complètement entouré d'eau à Texterieur, porte une tubulure destinée à recevoir un thermomètre. Une enveloppe protège le tout contre les causes extérieures de refroidissement. Enfin, deux thermomètres, dont Tun est plongé dans l'eau de Tétuve , l'autre dans le compartiment inférieur, complètent Tappareil. Ces thermomètres sont observés avec une lunette , et sont assez sensibles pour permettre l'évaluation d'un dixième de d^é.

La couveuse qui a servi aux recherches de M. Moitessier contenait trois œufs, placés verticalement à côté les uns des autres. C'est dans l'espace compris entre les œufs qu'est placé le thermomètre inférieur.

Les œufs sont introduits dans l'appareil, préalablement porté à la température convenable, et, au bout de quelques heures, les deux thermomètres indiquent des températures stationnaires et identiques. On éteint alors la lampe à gaz, et l'on observe, de minute en minute, la marche descendante des deux thermomètres.

Or, l'on remarque ainsi que le refroidissement suit une marche fort différente selon que la couveuse contient des œufs fécondés ou non fécondés. Le re-

ifeO LE LENDEMAIN DE LA MORi'.

froidissement des œufs non fécondés suit une marche très-régulière. Au contraire, les œufs fécondés se refroidissent plus lentement et d'une manière trèsirrégulière. On dirait que la chaleur est arrêtée, retenue, absorbée par le travail vital qui s'opère à l'intérieur de Tœuf. Les résultats des observations de température comparative cités par Fauteur dans son mémoire ne laissent aucun doute à cet égard.

Ces résultats ont été d'ailleurs, nous dit M. Moitessier, soumis à de nombreux contrôles. Répétée un grand nombre de fois, à diverses époques de l'incubation, l'expérience a toujours conduit à des résultats analogues. De plus, si Ton tue^ par un refroidissement prolongé ou par un échauffement exa* géré, les trois œufs qui ont fourni une courbe irrégulière de température, on obtient invariablement, en les soumettant de nouveau à l'expérience, une courbe régulière de refroidissement.

Comme dernière vérification, M. Moitessier a cru devoir recourir à la détermination de la chaleur spécifique des œufs morts et des œufs vivants : il résultait, en effet, des expériences de M. Moitessier, qu'un œuf fécondé se comporte, pendant qu'il se refroidit, comme s'il possédait une chaleur spécifique plus faible que celle d'un œuf non fécondé.

Malgré les incertitudes qui doivent nécessairement entacher des déterminations de cette nature, M. Moitessier a procédé à la détermination de la chaleur spécifique des œufs fécondés et non fécondés, et il a trouvé, pour la chaleur spécifique de l'œuf non fécondé, le chiffre de 0,725 (en opérant par la méthode

des mélanges et pour des températures comprises entre 41 et 15), tandis que le chiffre de la chaleur spécifique de rœuf fécondé était, après seulement sept jours d'incubation , de 667.

Tout cela établit avec une grande probabilité que la chaleur que Tœuf exige pour le développement du germe, demeure en grande partie à l'intérieur de ce corps. Qu'y devient-elle? On peut conclure, selon nous, que cette chaleur se transforme en force vitale. Ainsi la théorie de la transformation mutuelle des forces, cette grande conquête de la physique contemporaine, trouverait une application imprévue: elle s'étendrait à la force de la vie. De même que la chaleur se transforme en mouvement dans nos machines, elle se transformerait en force vitale dans les germes animaux.

La chaleur et la vie seraient donc la manifestation d'une même puissance, et la cause de la vie proviendrait, comme la cause de la force mécanique, de l'astre-roi, du Soleil t

CHAPITRB VIII

^ Soleil aèioar déAniUI àm àmm iiilifaM m plus hant dtgré delahièrMcfaia •i i e ta . —Le H oie a «èfogr flaal t oomanm AmesTouiasdeUTsm. — CoMCltatlon pkjlivie da BotaiL

L'importance fondamentale du Soleil dans 1 économe générale de notre monde étant bien établie, on Ile sera plus sorpris de nous voir placer dans ce radieux et sublime séjour les âmes humaines venues de la Terre, et suoDessÎTemexit épurées, perfectionnées par la longue série de leurs multiples incarna^ tioDs au sein des espaces interplanétaires. Quelques savants ont entrevu cette Térité. L'astronome Koda plaçait dans le Soleil les intelilçences les plus élevées. «c Les heureuses créatures qui habitent ce séjour privilégié, dit Bode, n'ont aucun besoin de la succès- ^on altemaliTe du jour et de la nuit; une iujini^re pure et inextîBgBiUe brille toH|ours # leurs y4Hii. Au

milieu de Péclat du Soleil, ils goûtent la sécurité, à l'ombre des ailes du Tout-Puissant. »

Sous quelle forme devons-nous nous représenter les habitants du Soleil ? On ne saurait répondre à cette question sans connaître ce que Ton pourrait appeler la géographie du Soleii, ou, comme disent les astronomes, sa constitution physique. Sous le rapport de la constitution physique, le Soleil diflëre essentiellement des planètes et de leurs satellites, ainsi que des comètes. Étant vraiment unique par son rôle dans le monde, il doit être doué d'une constitution toute spéciale. Quelle est donc cette constitution, quelle est la géographie du Soleil ?

Nous voudrions pouvoir répondre à cette question avec une précision rigoureuse ; nous voudrions pouvoir décrire la configuration du Soleil. Malheureusement la science n'en est pas là encore. Le problème de la véritable nature du Soleil est plein d'incertitudes. Les astronomes hésitent entre deux théories opposées, et celle qui parait le mieux raisonnée est de date trop récente pour 'qu'on puisse l'exposer d'une façon dogmatique. Nous ne pourrons que faire connaître sur cette question Tétat actuel de la science, exposer la théorie qui paraît conforme aux faits observés, et l'appliquera l'objet qui nous occupe, c'està-dire essayer d'en déduire l'état physique qui, selon nous, doit être propre aux habitants de l'astre radieux.

Jusqu'à l'époque de la découverte du télescope, qui se fit au commencement du dix-septième siède, au temps de Keppler et de Galilée, on n'avait pu se faire que des idées vagues et arbitraires sur la natiure

CONSTITUTION DU SOLEIL. 15b

du Soleil. Les savants y voyaient, comme le vulgaire, un globe de feu , les savantissimes déclaraient y trouver le feu pur, le feu élémentaire^ le principe de la lu^ mière et du feu. Mais comme il n'existait aucun moyen d'examiner la surface de cet astre, et que sa vraie distance de la Terre était encore ignorée ou très-mal connue, on se tenait, sur cette question, dans une pnidente réserve. La découverte du télescope vint mettre tout à coup les astronomes en possession du Trai domaine céleste ; elle permit de sonder la profondeur des espaces, etd*étudier la configuration apparente des astres, y compris le Soleil lui-même. Quelques heures d'observation avec la lunette astronomique en apprirent davantage sur la nature du Soleil que les deux mille ans de rêveries plus ou moins philosophiques qui avaient précédé la découverte du télescope.

Avec une lunette qui ne grossissait pourtant que ^ringt six fois le diamètre apparent du Soleil, Galilée, répétant les observations de Fabricius, découvrit les uachés du Soleil. Bien que Galilée ne fit point usage le ces verres noircis que l'on interpose aujourd'hui avec tant d'utilité au devant de l'objectif du télescope, pour examiner sans fatigue la surface du Soleil, et qu'il se bornât à observer cet astre à l'horizon à son lever et à son coucher, ou lorsqu'il était voilé par de faibles nuages, il étudia parfaitement ses taches, et en donna une description fidèle.

Cette découverte, pour le dire en passant, étonna beaucoup les savants de cette époque, esclaves de l'autorité d'Aristote. L'incorruptibilité du soleil était un principe consacré dans les écoles, de par la parole

d'Aristote, et ces malencontreuses taches dérangeaient beaucoup les philosophes. Les péripatéticiens s'efforçaient à Tenvi de prouver à l'astronome de Florence que la pureté du Soleil était un principe inattaquable, et que les taches qu'il avait aperçues n'étaient que dans ses yeux ou dans le verre de ses \ lunettes. -:

Mais Galilée avait bien vu, et chacun put bientôt iJ se convaincre de la réalité du phénomène qu'il avait ps signalé.

Non-seulement, en effet, des taches existent sur le p disque du Soleil, mais elles fournissent les seuls moyens que nous possédions de connaître les particularités astronomiques et physiques propres à l'astre radieux.

C'est l'examen de ces taches qui a fait reconnaître que le Soleil tourne sur lui-même, comme les planètes, et qu'il accomplit son entière révolution sur son axe dans l'intervalle de 25 jours. Les jours du Soleil sont donc 25 fois plus longs que les nôtres. Seulement il laut bien s'entendre ici sur le mot ;our. Pour nous le jour est le retour périodique de la Terre au même point, après un tour entier sur son axe, avec une alternance de lumière et d'obscurité. C'est tout autre chose pour le Soleil, qui, étant lumineux par lui-même et dans toutes ses parties, ne peut jamais connaître la nuit.

C'est, disons nous, par l'examen des taches que l'on a constaté la rotation du Soleil sur son axe^ dans l'espace de 25 jours. En effet, si Ton suit avec patience le mouvement d'une tache ou d'un groupe de taches, on remarque qu'elle s'avance lentemei^*

rs

CONSTITDTION DU SOLEIL. 157

d'un bord du disque solaire à Tantre : partant du bord oriental, par exemple, elle arrive, avec une vitesse uniforme, au bord occidental, et met 14 jours à parcourir ce chemin. Si Ton attend 14 autres jours, (pli sont employés à parcourir la face opposée, et *ilors invisible, du disque solaire, on voit reparaître la même tache au bord oriental. La tache a donc mis Î8 jours à reparaître. Cet intervalle de 28 jours ne représente pas la durée exacte de la révolution du Soleil lui-même. Il ne faut pas oublier, en effet, que la Terre n'est pas restée immobile pendant cette longue observation : elle a circulé autour du Soleil, ^ cela dans le même sens que le mouvement des aches. Cette sorte d'avance qui fait que l'on voit la aême tache plus longtemps qu'on ne l'aurait vue si a terre était restée immobile, est de 3 jours, lestielSy retranchés des 28 jours constatés, donnent 25 3urs pour la durée réelle de la rotation du Soleil ur son axe.

Dans le Soleil on ne connaît pas plus les saisons

[ue Ton ne connaît les jours. Le temps semble ne

las exister pour les êtres qui occupent ce séjour ra-

Ueux. Le changement et la succession des choses qui

pour nous constituent ^le temps, sont étrangers à

\eur sublime essence. La durée n'a point de mesure

en ce monde bienheureux.

L'habitant du Soleil doit voir les planètes tourner

autour de lui, accomplissant toutes leurs révolutions

, dans le même sens, et avec des vitesses inégales. Les

phases des planètes et de leurs satellites, les phases

' de Mars et de Vénus ou celles de la Lune, que nous

r apercevons de la Terre, leur sont inconnues ; ils ne

voient de ces globes que rhémisphère qui est éclaûc" par leur lumineuse patrie. Ils aperçoivent, avec fortes dimensions, les globes de Mercure et de Venu, et avec des dimensions moindres la Terre et Quant aux planètes lointaineis, Jupiter, Saturne Uranus, elles doivent leur apparaître bien petit©» Neptune doit échapper entièrement à leur vue. Lie Jl comètes sont longtemps invisibles pour les habitante du Soleil, qui voient leur masse flamboyante se diriger vers eux en grandissant sans cesse. Ils voient aussi quelques comètes qui s'abîment dans Tespace* et d'autres qui viennent tomber à la surface méma du Soleil, pour se perdre et s'absorber dans sa substance.

Ainsi les taches du Soleil nous ont révélé une importante particularité de son rôle astronomique : » révolution sur son axe. Elles ont encore servi ànotif^ donner les seules idées exactes que nous possédiontsur la constitution physique du Soleil.

Nous sommes obligé de recourir au dessin pour faire comprendre en quoi consistent les taches solaires. La figure 2 fait voir Taspect général de ce» apparences.

Au centre est une région noire, parfaitement accusée. Elle est suivie, en allant du centre vers les bords, d'un espace en demi-teintes, dont les dégradations se foiident peu à peu dans le reste de la^ mî^sse lumineuse. La^ première région s'appellf l'ombre, et la seconde la 'pénombre. 11 faut bien ^'en-, teindre d'ailleurs sur ces mots. L^ partie que l'^q désigne sous le nom d'omfcre ji'est obscure qi;e rpl^r. ' , tiyenient aux partips vivement éclairiôes. Cçitifi Qn)l)r| *

CONSTlTtmON DD SOLEIL. 159

Bt encore très-Iumineu&e, car son éclat a été trouvé qal à deux mille fois celui de la pleine lune. Il ne ^igil donc ici que de rapports de comparaison.

Flg. 3. Tuba lolalre observés par Naimytb.

Ces taches ont des dimensions souvent très-consïérables. Certaines ont jusqu'à 30,000 lieuesde large : lies engloutiraient la Terre, qui est dix fois moips

grosse. Elle ne sont pas permanentes, elles se maintiennent quelquefois des mois entiers et jusqu'à des années ; mais la plupart grandissent ou décroissent rapidement, et disparaissent en quelques semaines. Elles se modifient sans cesse dans leur forme et leur étendue, qui s'accroît ou se réduit. Il est manifeste qu'un violent mouvement intérieur les tourmente et qu'elles sont le siège de mouvements tumultueux. On voit comme des tourbillons parcourir les régions occupées par les taches et les emporter comme sous les vagues d'une mer furieuse, ou dans les flammes d'un incendie. On a vu des points gigantesques de matière en apparence enflammée, jetés d'un bord à l'autre de deux taches voisines, les réunir par ce sillon étincelant, puis ce même sillon s'étendre aux I taches voisines ; plus tard tout cet édifice s'abtmait I dans des tourbillonnements nouveaux. Il y a là, en I un mot, les signes d'une prodigieuse agitation, de m perturbations gigantesques. Ces ouragans, ces tem- 1 pètes de flammes, sont autrement grandioses que les 1^ ouragans et les tempêtes de notre atmosphère, car L^ l'atmosphère du Soleil a plusieurs milliers de mètres Ij^ de hauteur et embrasse un million trois cent milfel £ fois plus de surface. m^-

Nous venons de dire que le Soleil a une at- Juj; mosphère. Telle est, en effet, la conséquence à 1i-Iti] quelle on a été conduit par l'examen attentif de cet 1^0] astre. l'^s

Dès les premiers temps de l'observation du SoleB 1 i^j on a formulé une théorie de la constitution derfl^jg astre, qui s'est perpétuée jusqu'à notre [siècle, sa*! (^ aucune contradiction. Au dix-huitième siècle, 1* tf^

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