LE LENDSCÂIN DE LA MORT
là, de points d'une grande intensité lumineuse. Ces points brillants proviennent, dit-on, de quelques accidents locaux qui provoquent, en certaines parties de l'atmosphère solaire, un dégagement de chaleur et de lumière.
Ainsi, dans cette théorie, le Soleil serait un corps solide, opaque, obscur conune les planètes, et enveloppé d'une première couche atmosphérique, qui préserverait le noyau obscur de tout chauffement. Par-dessus viendrait une seconde atmosphère, la photosphère, qui serait seule lumineuse, et qui jouirait du privilège d'émettre de la lumière et de la chaleur. Noyau obscur, atmosphère obscure, photosphère, voilà donc quels seraient les éléments constitutifs du Soleil, d'après Wilson, William Herschel, Humboldt et Arago.
Quand on professe cette théorie, il n'est pas impossible de croire que le Soleil soit habité par des êtres peu différents de T homme, ou pourvus d*une organisation analogue à celle des habitants de la Terre. Préservé par l'interposition d'une atmosphère froide et peu conductrice, du rayonnement de la photosphère, qui brûle à une grande distance, le corps du Soleil est froid, et Ton conçoit que des créatures organisées à peu près comme nous puissent y exister. La chaleur de la photosphère enflammée n'arrive à travers l'épaisseur de l'atmosphère inférieure qu'avec le degré de chaleur qui est nécessaire pour entretenir la vie. La lumière ainsi tamisée est brillante, mais non éblouissante, elle permet l'existence d'êtres semblables, par leur organisation, à ceux qui vivent sur la Terre.
GONSTITUnON DU SOLEIL. 163
Aussi Arago ne craignait-il pas de conclure dans ce sens :
c Si Ton me posait cette question, dit cet astronome : le Soleil est-il habité? je répondrais que je n'en sais rien. Mais que Ton me demande si le Soleil peut être habité par des êtres organisés d'une manière analogue à ceux qui peuplent notre globe, je n'hésiterais pas à faire une réponse affirmative, i
Arago hésiterait aujourd'hui ; car la science a fait
un pas immense dans la question de la constitution
physique du Soleil. La nouvelle méthode créée par
HH. Kirchoff et Bunsen, et connue sous le nom
à' analyse des spectres lumineux^ étant appliquée aux
rayons du Soleil, a fait naître des idées toutes nou-
* Telles sur la nature de cet astre. Elle nous a ramenés
1^ ^l'opinion des physiciens du Moyen âge, qui voyaient
\ Ws le Soleil un globe de feu, une sorte de gigan-
Ique flambeau.
il nous serait impossible d'entrer dans les détails " des expériences d'optique qui ont permis de faire l'analyse intime des rayons solaires, et de déduire des propriétés de ces rayons une théorie nouvelle de la constitution du Soleil. Nous nous bornerons à énoncer cette théorie telle qu'elle résulte des expériences de M. Kirchoflf.
D'après le physicien allemand, le Soleil n'est point, conmie on l'a dit jusqu'à ce jour, un corps obscur, froid et solide, enveloppé d'une atmosphère brûlante ; c'est un globe, une sphère probablement liquide, qui brûle dans toute sa masse, et de toutes parts. Ge globe incandescent est enveloppé d'une at^
mosphère très-lourde, formée simplement des vapeurs qui proviennent du globe incandescent, et qui brûlent elles-mêmes, par suite de l'excessive température de toutes ces masses de feu.
Gomment expliquer, dans cette théorie, les taches du Soleil? M. KirchofT admet que, par des causes inconnues, un refroidissement peut s'opérer dans l'atmosphère de vapeurs qui entoure le corps du Soleil. Dès lors il doit se former en ces points des condensations de vapeurs, analogues aux condensations des vapeurs d'eau qui, sur la terre, produisent les nuages et la pluie. Ces agglomérations de vapeurs condensées formeront, dans l'atmosphère du Soleil, des espèces de nuages ] et ces nuages, interceptant pour nous la lumière du disque solaire, produiront sur ce disque l'effet d'une tache. Le nuage, une fois formé, détermine le refroidissement des portions de vapeurs voisines, et provoquant aux alentours une condensation partielle, produit ces apparences de pénombres qui circonscrivent pour nous l'ombre des taches.
Ainsi, d'après M. Kirchoff, les taches solaires seraient des nuages suspendus dans l'atmosphère du Soleil. Galilée avait déjà mis en avant une hypothèse analogue.
On a donné une autre explication des taches en conservant la théorie de M. Kirchoff. Un physicien allemand considère les taches, non comme des nuages de l'atmosphère du Soleil, mais comme des solidifications partielles de la matière liquide qui forme le corps du Soleil. Ce seraient des espèces de scories analogues à celle que l'on remarque dans les creu*