CHAPITRE IX
Les habitants du Soleil sont des êtres purement spirituels— Les rayons solaires sont les émanations des êtres spirituels qui vivent dans le SoleiL ~ Ces êtres viennent produire sor la Terre la vie végétale et animale. — La oontinoité de la radiation solaire, inexplicable pour les ph3rsiciens, explicniée par l'émanation des ftmes des habitants du Soleil. — Le oulte du feu et l'adoration du oleil chez différents peuples, anciens et modernes.
Nous avons conclu de la discussion d'astronomie physique contenue dans le précédent chapitre, que le Soleil est, comme le pensent MM. Kirchoffet Faye, une masse de gaz enflammés. Mais, nous dira* t-on, si le Soleil est une masse gazeuse incandescente, ou un globe de matière en fusion surmonté d'une atmosphère de gaz enflammés, où placezvous ses habitants, et quelle forme leur accordezvous?
Nous avons dit plus haut qu'à chaque promotion dans la hiérarchie des êtres qui vivent dans Téther
planétaire, et qui ont succédé à Tindividu surhumain, les perfections s'accroissent, les sens sont multipliés, la puissance intellectuelle considérablement étendue. A mesure que la créature bienheureuse qui primitivement était humaine, s'est élevée, par des morts et des résurrections successives, dansTéchelle des êtres interplanétaires, elle voit diminuer en elle la proportion de substance matérielle qui, unie au principe spirituel, composait sa rayonnante individualité. Pour achever Texposé de notre système, il nous reste à dire que, selon nous, cet être supérieur, quand il a été suffisamment perfectionné, exalté, par ses incarnations diverses, par ses stations multipliées dans rimmensité des cieux, finit par arriver à l'état de pur esprit. Quand il parvient dans le Soleil, il est dépouillé de toute substance matérielle, de tout alliage charnel. C'est une flamme, un souffle. Tout en lui est intelligence, sentiment et pensée; rien d'impur ne se mêle à sa parfaite essence. C'est une âme absolue, une âme sans corps. La masse gazeuse et brûlante qui compose le Soleil est donc appropriée à recevoir ces êtres quintessenciés. Un trône de feu doit être le trône des âmes.
On pourrait même aller plus loin, et soutenir que le Soleil n'est pas seulement le lieu d'asile et le réceptacle des âmes qui ont achevé le cercle de leurs pérégrinations dans le monde, mais que cet astre n'est rien autre chose que la collection même de ces àmeSi qui sont venues de différentes planètes, après avoir parcouru tous les états intermédiaires que nous avons décrits. Le Soleil ne serait donc qu'une agrégation d'âmes.
Puisque le Soleil est la cause première de la vie sur notre globe, puisqu'il est, ainsi que nous l'avons prouvé, l'origine de la vie, du sentiment et de la pensée, puisqu'il est la cause déterminante de l'existence de tout ce qui est organisé sur la terre, pourquoi ne pas prétendre que les rayons que le Soleil envoie sur la terre et sur les autres planètes ne sont autre chose que les émanations de ces âmes? que ce sont des émissions des purs esprits résidant dans l'astre radieux qui nous arrivent et qui arrivent aux différentes planètes, sous la forme visible de rayons ?
Si cette hypothèse était acceptée, quels magnifiques, quels sublimes rapports on entreverrait entre le Soleil et les globes qui gravitent autour de lui ! Du Soleil aux planètes s'établirait un échange continuel, un cercle non interrompu, un va-et-vient inépuisable, de radieuses émissions, qui feraient naître et qui entretiendraient dans le monde solaire le mouvement et l'activité, la pensée et le sentiment, qui maintiendraient partout le flambeau de la vie I Voyez les émanations des âmes qui vivent dans le Soleil, descendre sur la terre, sous la forme des rayons solaires. La lumière donne l'existence aux plantes, et produit la vie végétale, qu'accompagne la sensibilité. Les plantes ayant reçu du Soleil ce germe sensible, le communiquent aux animaux, toujours avec le secours de la chaleur émanée du Soleil. Voyez les germes d'âmes déposés dans le sein des animaux se développer, se perfectionner peu à peu, d'un animal a Tautre, et finir par s'incarner dans un corps humain. Voyez, bientôt après, l'être ^\iï-
humain^ succédant à rhomme, s'élancer dans les vastes plaines de l'éther, et commencer la série des transmigrations nombreuses qui, d'un degré à l'autre, doivent le conduire au sommet de l'échelle de la perfection spirituelle, là où toute la substance matérielle a été éliminée, et où le moment est venu pour rame, ainsi exaltée et parvenue au degré le plus pur de son essence, de pénétrer dans le suprême séjour du bonheur et de la puissance intellectuelle et morale, c'est-dire dans le Soleil.
Tel serait ce cercle sans fin, telle serait cette chaîne non interrompue qui relierait l'un à l'autre tous les ^tres de la nature, et qui irait du monde visible au monde invisible.
Aux personnes qui s'élèveraient avec trop de sévérité contre le système que nous venons de hasarder, nous poserons une question qui certes les embarrassera, car la science n'a jamais pu la résoudre. Nous leur demanderons comment s'entretient la chaleur du Soleil et la lumière qui en est la conséquence. Il est évident que les énormes quantités de chaleur et de lumière que le Soleil envoie par torrents dans l'espace, viennent d'une source qui ne saurait être inépuisable, qui a besoin de se renouveler ; sans cela le Soleil s'éteindrait. Gomme il n'y a pas d'effet sans cause, il faut que le Soleil tire de quelque part cette quantité incommensurable de forces qu'il nous distribue par ses brûlants rayons.
M. Guillemin, dans son ouvrage le Soleil^ passe en revue les différentes théories qui ont été mises en avant jusqu'à ce jour pour expliquer les causes delà radiation solaire. Ce qui va suivre est l'analyse du
chapitre de rouyrage de cet auteur qui a pour titre Entretien de la radiation solaire *,
Le physicien Pouillet a calculé que le Soleil, si rien ne lui était fourni pour réparer les déperditions qu'il éprouve, se refroidirait de 1 degré par siècle. Mais ce calcul est au-dessous de la vérité. Pouillet supposait que la chaleur spécifique du Soleil est la plus forte que Ton puisse concevoir. La chaleur spécifique du Soleil est, il est vrai, inconnue ; mais, au lieu de la supposer d'une puissance maximum, ce que rien ne prouve, on peut la faire, par hypothèse, égale à celle de l'eau, qui est bien connue. Or, si Ton accorde au Soleil la chaleur spécifique de Teau, on rectifie le calcul de Pouillet, et Ton arrive à cette conclusion, que le Soleil, si rien ne lui était fourni pour réparer ses pertes, serait entièrement éteint au bout de 10 000 années.
D'après M. Tyndall, dont les expériences inspirent encore plus de confiance que celles de Pouillet, et sont d'ailleurs plus récentes, « si le Soleil était un bloc de houille, et qu'on l'approvisionnât assez d'oxygène pour le rendre capable de brûler au degré de température propre à cet astre, il serait entièrement consumé au bout de 5 000 années. »
Or le Soleil existe depuis des millions d'années, car les terrains de transition de notre globe où se manifestèrent les premiers êtres vivants, remontent à des millions d'années. Et pourtant sa chaleur n'a pas diminué sensiblement depuis ces temps reculés. Ce qui prouve qu'elle n'a pas diminué, c'est que les
climats sont aujourd'hui ce qu'ils étaient à Pépoque tertiaire ou quaternaire. On trouve dans les terrains tertiaires et quaternaires les mêmes plantes et les mêmes animaux que Ton y voit de nos jours. Et pour parler de temps plus rapprochés des nôtres, rien n'est changé dans les productions du sol depuis 2 000 ou 3 000 ans que nous possédons les traditions des peuples ou leurs archives historiques.
Ainsi le Soleil n'a rien perdu de sa chaleur depuis des millions d'années. Où a-t-il pris cette chaleur? où la prend-il encore? Par quels moyens s'entretient rimmuable foyer de cet astre puissant?
A cette question, ni l'astronomie ni la physique n'ont jamais pu faire de réponse satisfaisante. Si nous ouvrons, en effet, les traités d'astronomie ou de physique, et que nous lisions le chapitre qui a pour titre Entretien de la chaleur solaire^ nous n'y trouverons que de pures hypothèses, dont aucune n'est d'ailleurs acceptable.
On a dit d'abord que, le Soleil tournant sur son axe en 25 jours, ce mouvement doit produire un frottement de sa surface contre le milieu dans lequel il se meut, c'est-à-dire contre l'éther. Mais s'il en était ainsi, le frottement devrait engendrer la même chaleur à la surface des planètes, dont le mouvement de rotation, et surtout le mouvement de translation dans leur orbite, sont bien plus rapides que celui du Soleil tournant sur son axe. D'ailleurs, quand on calcule l'élévation de la température qui résulterait du frottement du Soleil contre l'éther, on trouve que cette chaleur suffirait à peine pour entretenir la radiation de l'astre solaire pendant un
siècle. On ne peut donc tenir aucun compte de cette hypothèse.
Une autre théorie, mieux raisonnée, a été soutenue par les physiciens Mayer, Waterson et Thompion; elle explique Tentretien de la chaleur solaire par une chute constante de météores à la surface de Taatre radieux.
Une multitude de corpuscules gravitent autour du Soleil, et s'en approchent assez pour être attirés à sa surface et y tomber. Ce sont des astéroïdes, qui tournent, par essaims pressés, autour du Soleil. Une pluie de corpuscules, de météorites^ peut se faire à sa surface. Leur chute déterminerait un grand développement de calorique, par suite de la transformation de leur énorme vitesse en chaleur, et ce calorique suffirait, disent les auteurs de cette théorie, pour entretenir la radiation solaire. Écoutons, à ce propos, M. Tyndall :
c II est aisé de calculer, dit le physicien anglais, le maximum et le minimum de la vitesse communiquée par Tattraction du Soleil à un astéroïde qui circule autour de lui ; le maximum est engendré lorsque le corps s^approche en ligne droite du Soleil, venant d'une distance inOnie, puisque alors la force entière de l'attraction s'est exercée sur lui sans perle aucune ; le minimum est la vitesse qui serait simplement capable de faire tourner autour du Soleil un corps tout à fait voisin de sa surface. La vitesse finale du premier corps, au moment où il va frapper le Soleil, serait de 627 kilomètres par seconde, celle du second de kkk kilomètres. L'astéroïde, en frappant le Soleil avec la première vitesse, développerait plus de 9000 fois la chaleur engendrée par la combustion d'une masse égale de houille. Il n'est donc nullement nécessaire que les substances qui tombent sur le
174 LE LENDEMAIN DE LA ItORT.
Soleil soient combustibles; leur combustibilité n^ajouterait pas sensiblement à Tépouvantable chaleur produite par leur collision ou choc mécanique.
c Nous avons donc ici un mode de génération de chaleur suffisant pour rendre au Soleil son énergie à mesure qu'il la perd, et pour maintenir à sa surface une température qui surpasse celle de toutes les combinaisons terrestres. Les qualités propres des rayons solaires et leur pouvoir de pénétration incomparable nous autorisent à conclure que la température de leur origine doit être énorme ; or, nous trouvons dans la chute des astéroïdes les moyens de produire cette température excessive * . »
Mais la chute de ces astéroïdes à la surface du So leil aurait pour résultat d'accroître la masse de cet astre, et on ne voit pas que son volume ait augmenté depuis qu'on l'observe. Ces corps étrangers augmentant sa masse auraient produit dans les orbites de tous les astres en mouvement une accélération qui, toute faible qu'elle fût, serait devenue sensible ; or, depuis plus de 2000 ans que nous possédons des observations célestes, une régularité parfaite a été constatée dans la marche des astres de notre monde solaire.
Il y a une autre objection à faire à cette hypothèse : c'est qu'elle suppose dans le Soleil un milieu solide et résistant. Ce milieu n'existe pas» d'après la théorie nouvelle de la constitution du Soleil, qui regarde cet astre comme formé de vapeurs et de gaz, ou, tout au plus, d une sphère liquide. Ce qui prouve d'ailleurs que ce milieu résistant n'existe pas, c'est que plusieurs comètes, entre autres celles de 1680 et
g^l» Tyndall, la Chaleur, JunÂiXGtXon de M. Tabbô Moigao.
de 1843, ont passé si près du Soleil, à leur périhélie, que leurs mouvements auraient été profondément troublés par la résistance d'un milieu un peu dense. Or, les mouvements de ces comètes ne furent nullement affectés par cette cause : on les vit reparaître au moment indiqué par la courbe régulière de leur orbite.
Cette dernière considération, c'est-à-dire l'absence d'un milieu résistant dans le Soleil, a paru tellement grave à l'un des auteurs de cette théorie, M. Thompson, qu'il l'a abandonnée, comme étant incompatible avec les faits.
Une dernière hypothèse a été proposée pour expliquer Tentretien de la chaleur solaire. Les substances qui forment aujourd'hui le Soleil n'ont pas toujours été réunies à l'état d'agrégation où nous les voyons aujourd'hui. Ses molécules étaient d'abord, relativement, très-distinctes les unes des autres, et formaient une masse chaotiquey ou confuse. Sous l'influence de l'attraction, elles se sont peu à peu réunies, agglomérées en un noyau qui est devenu un centre d'attraction de toute la masse. Ce qui revient à dire que le Soleil a commencé par être à l'état de nébulosité^ et n'est passé que plus tard à l'état de matière adhérente et continue.
« Les molécules de la nébulosité solaire, se précipitant «ùnsi les unes sur les autres, dit Balfuor-Stewart, de la chaleur a été produite; comme quand une pierre est lancée avec force du haut d'un précipice, la chaleur est aussi la forme dernière en laquelle se convertit Ténergie potentielle ^e la pierre. >
G*est là un système de vues qui est généralement en faveur pour expliquer Forigine première des plar nëtes. En se rapprochant ainsi pour former un tout continu, les éléments du Soleil auraient changé d'état physique, et de ce changement serait résulté un énorme dégagement de chaleur qui suffirait à expliquer Torigine du foyer solaire. On sait, en effet, que la condensation de la matière s'accompagne toujours d'un dégagement de chaleur, et Ton a calculé qu'une diminution d'un millième seulement du volume actuel du Soleil suffirait pour entretenir la chaleur solaire pendant 20,000 ans.
M. Helmholtz, auteur de cette ingénieuse théorie, a encore calculé que« la force mécanique équivalente à la gravitation mutuelle des particules de la masse nébuleuse aurait valu, à l'origine, 454 fois la quantité de force mécanique actuellement disponible dans notre système. » Les ^ de la force issue de la tendance à la gravitation seraient donc déjà dépensés.
L'auteur ajoute que le ^ qui nous reste de cette chaleur originaire, suffirait à élever de 28 millions de degrés centigrades la température d'une masse d'eau égale aux masses réunies du Soleil et des planètes : c*est une quantité de chaleur qui vaut 3500 fois celle qu'engendrerait la combustion du système solaire tout entier, au cas où il formerait une masse de houille.
Ces calculs sont fort beaux sans doute, mais ils ont l'inconvénient de reposer sur la conception de la nébulosité du Soleil, hypothèse qui aurait besoin ellemAme d'être examinée de plus près pour servir de
base à une aussi importante déduction. D'ailleurs, si le Soleil était échauffé par une cause physique qui n'exercerait plus aujourd'hui son action, sa chaleur, quelque considérable qu'on la suppose, aurait nécessairement diminué depuis que cet astre existe. Or, nous le répétons, le Soleil parait ne s'être jamais refroidi. La théorie de la nébulosité n'est donc pas mieux fondée en principe que les hypothèses qui l'ont précédée.
Ainsi ni l'astronomie, ni la physique ne nous offrent aucune explication satisfaisante de l'entretien constant de la radiation solaire. Le bon sens nous dit que ce foyer continuellement en activité, doit avoir son aliment, mais la science est restée jusqu'ici impuissante à le découvrir.
Là où la science ne met rien, nous plaçons quelque chose. Ce qui entretient, selon nous, la radiation solahre, ce sont les arrivées continuelles des âmes dans le Soleil. Ces ardents et purs esprits viennent remplacer les émanations continuellement envoyées par le Soleil à travers l'espace, sur les globes qui l'environnent. C'est ainsi que se complète ce cercle non interrompu dont nous parlions tout à l'heure, qui relie l'un à l'autre, par les anneaux continus d'une chaîné commune, tous les êtres de la nature, et qui rattache le monde visible aux mondes invisibles. Cette explication de l'entretien de la puissance du Soleil, nous pouvons la mettre en avant avec quelque confiance, puisque la science n'a rien d'exact à nous offrir sur ce point, et que la! philosophie ne fait ici que combler une lacune de 1 astronomie et de la physique.
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