‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 33 sur 81 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

QqbIb sont les rapports qu'entretiennent avec nous les 6tres

sarhnmalns?

Après avoir tracé le tableau des transmigrations des âmes qui, parties de 1 homme, aboutissent, selon nous, au sublime séjour des espaces solaires, nous reviendrons à Têtre surhumain, pour rechercher si cet être qui succède immédiatement à Thomme, qui est un homme ressuscité , incarné dans un corps nouveau, et vivant dans les plaines de Téther, peut se mettre en rapport avec les habitants de la Terre, malgré l'immense étendue qui les sépare.

Nous avons déjà essayé ( chapitre V ) de pénétrer les attributs de l'être surhumain. D'après le nombre 6t rétendue des facultés qui nous ont paru lui appartenir, nous ne pouvons hésiter à accorder à cet itre puissant le pouvoir de communiquer avec notre Terre, et d'y exercer une certaine influence.

Mais comment et par quel moyen peut s'établir une pareille communication ? De quels agents faut-il n supposer Texistence, pour que des êtres flottant bien C au delà de notre atmosphère, au milieu des espaces éthérés, puissent produire une impression ici-bas? De quelle télégraphie électrique transcendante Tôtre surhumain peut-il faire usage ? Voilà ce que nous ignorons absolument; mais le fait même de la communication entre ces êtres et notre globe nous parait certain. Et voici sur quels motifs notre conviction se fonde.

Adressons-nous d'abord au sentiment populaire. Gomme nous Tavons déjà dit, nous ne craignons pas d'invoquer les préjugés et les opinions vulgaires, parce qu'ils sont presque toujours l'expression de quelque grande vérité morale. Des observations mille et mille fois répétées, des traditions transmises d'une génération aux générations suivantes, et qui ont résisté, sans s'altérer ni se détruire, au contrôle du temps, ne peuvent tromper. Seulement, comme le peuple, au sein duquel s'est formée et conservée cette tradition, manque de lumières, il traduit ses observations sous une forme grossière. Mais saches ' dépouiller les croyances vulgaires de leur enveloi^ matérielle, et vous trouverez au fond une vérité certaine.

Qu'est-ce que les revenants^ dont l'idée est si fortement enracinée dans l'imagination de beaucoup de peuples civilisés ? Arrachez l'absurde drap blanc, ainsi que la forme humaine que prête aux revenants la naïve superstition des campagnes, et vous trouve- J rez là ridée de la communication de l'âme des morts L

avec les vivants, c'est-à-dire la pensée que nous essayons de revêtir ici d'une forme scientifique.

Ce même préjugé populaire des revenants, on le retrouve agrandi et devenu le partage de gens en içparence éclairés, mais, au fond, tout aussi ignorants en philosophie que les simples habitants des campagnes, et, de plus, livrés à un mysticisme qui aveugle leur esprit et en exclut tout raisonnement. Nous voulons parler des spirites.

On appelle spirites les partisans d'une superstition nouvelle qui a pris naissance en Amérique et en Europe, vers Tannée 1855, à la suite de la maladie morale des tables tournantes. Ces bonnes gens s'imaginent pouvoir, à leur volonté et selon leur caprice, faire descendre sur la terre les âmes des morts, celles des grands hommes ou celles de leurs proches et de leurs amis. Us évoquent Tàme de Socrate ou de Confiidus, aussi bien que celles de leurs parents défunts ; et ils s'imaginent naïvement qu'à leur appel ees âmes viennent converser avec eux. Un individu, que Ton nomme médium, est l'intermédiaire entre Pévocateur et l'âme évoquée. Le médium, sous Tin- , floence d'une hallucination qui lui est habituelle et [ dont il n*a pas conscience, écrit sur le papier les ré- I ponses que fait l'âme évoquée, ou plutôt il écrit tout ^ ce qui passe par sa pauvre tète , s'imaglnant , de bonne foi, transmettre les réponses venues de l'autre monde. Les gens qui l'écoutent acceptent comme des révélations d'outre-tombe ce qui n'est que la pensée pure et simple du médium ignorante

1. Voir notre ouvrage Histoire du merveilleux dam les temps Mmie<. (Tome IV*. Les médiums et les esprits.)

D y a dans le spiritisme une idée vraie et rèspec* table, c'est la possibilité pour rhomme, de se mettre en rapport avec les âmes des morts ; mais les moyens grossiers que mettent en œuvre les partisans de cette doctrine mystique, portent tout homme éclairé et raisonnable à répudier toute solidarité avec eux. Nous ne faisons mention ici du spiritisme que conmie étant une expression plate et bourgeoise du préjugé populaire des revenants. Il a sans doute de plus hautes prétentions, mais nous ne saurions lui accor* der autre chose, par respect pour la science et la raison.

Le fait des communications des êtres surhumains avec les habitants de la Terre, devant paraître au lecteur, sinon prouvé, du moins acceptable, nous recherchons maintenant comment peuvent s'établir les rapports entre ces êtres surhumains et les hommes qui vivent sur la Terre ou dans les autres planètes.

Il nous semble que c'est surtout pendant l'état dd sommeil, et par l'intermédiaire du rêve, que s'étabht cette communication, et voici pourquoi. Le sommeil, cet état si curieux et encore si mal expliqué, est cette situation de notre être pendant laquelle une partie de nos fonctions physiologiques, celles qui établissent nos rapports avec le monde extérieur, sont abolies, tandis que l'âme conserve une partie de son activité. Pendant cet état, le corps étant frappé d'une espèce de mort, l'âme, au contraire, continue souvent d'agir, de sentir, et de se manifester par le phénomène du rêve. Or, chez l'être surhumain, la partie spirituelle, Tàme^ domine de beaucoup sur la

partie matérielle. L'être surhumain est, pour ainsi dire, tout intelligence. L'homme, quand il est à Tétât de sommeil et de rêve, se rapproche donc davantage de l'être surhumain que quand il est à l'état de Yeille ; il y a alors entre eux plus de ressemblance, plus d'affinité naturelle. Par conséquent, les communications peuvent mieux s'établir entre ces deux êtres rapprochés par l'analogie d'état.

n y a dans le langage une expression qui a sa raison logique, qui est le résultat d'observations nombreuses et répétées. On dit : La nuit porte conseil. Cela ne veut-il pas dire que c'est pendant la nuit que nous recevons les communications secrètes et les salutaires conseils de ces êtres invisibles et aimés qui veillent sur nous et qui nous soufflent les inspirations de leur suprême sagesse ? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'ayant une décision à prendre, une pensée à découvrir, il arrive souvent -que l'on s'endorme au milieu des perplexités et de l'incertitude, et que le lendemain on se réveille ayant parfaitement arrêté sa décision, sa pensée. C'est |ce qu'exprime cette locution : La nuit porte conseil.

L'Antiquité et le Moyen âge accordaient une importance extraordinaire aux songes. On les considérait comme les œuvres ou les avertissements de Dieu : de là l'importance que l'on mettait à les expliquer. «Pendant le sommeil, dit TertuUien, nous sont révélés les honneurs qui attendent les hommes ; pendant le sommeil, des remèdes sont indiqués, des larcins dévoilés, des trésors découverts*.»

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