‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 34 sur 81 · Itbéf ût anima, ch. xttt · texte numérisé non relu

Itbéf ût anima, ch. xttt

Les visions ont joué un grand rôle chez les chrétiens, dans le Moyen âge. C'était pendant le sommeil que les saints,les inspirés, les dévots, recevaient les communications d'un ordre extraordinaire.

Nous sommes loin de prétendre toutefois, que ce soit uniquement pendant le sommeil et les rêves que nous puissions ressentir la présence et l'influence des êtres surhumains. Il est peu de personnes qui n'aient éprouvé, pendant l'état de veille, ce genre d'influence sans s'en rendre compte. On ressent comme une douce et légère impression, un sorte de poussée mystérieuse et vague, qui vient exciter dans notre esprit une résolution imprévue, une inspiration soudaine, une suggestion inespérée.

Il faut nous hâter d'ajouter que tous les hommes ne sont pas aptes à recevoir ces mystérieuses impressions. L'être surhumain ne peut se manifester qu a ceux qu'il aime et qui ont pour lui le culte du souvenir, à ceux qu'il veut protéger et défendre contre les embûches et les difficultés de la vie terrestre. C'est une mère ou un père qui, ravis par la mort à l'affection filiale, viennent parler à l'âme de celui qui est resté sur la terre et qui les pleure. C'est un fils arraché, dès l'aurore de la vie, à la tendresse de ses parents, qui vient les consoler de sa perte, les éclairer de ses conseils, leur fournir, par l'inspiration de sa haute sagesse, les moyens de soutenir les épreuves de la vie d'ici-bas. Ce sont deux amis qui se retrouvent, malgré la barrière du tombeau. Ce sont deux amants que la mort sépara et qui se rejoignent. C'est la femme adorée que le trépas a ravie

RAPPORTS ikVECLES ÊTBES SURHUMAINS. 193

i Tépom infortuné et qui se révèle à son cœur, Alors renaissent tous les sentiments d'affection mutuelle qui existaient entre eux. La mort, qui a paru trandier les liens de ces âmes, ne fait que les voiler aux yeux indifférents ou étrangers. La mort est vaincue, son fantôme est terrassé, et Ton peut s'écrier, avec le prophète de l'Écriture : « mort^ où est ton aiguillon? sépulcre j où est ta victoire ?»

Toutefois, pour recevoir ces précieuses communications, l'homme doit être pourvu d'une âme noble et pure, et il doit avoir conservé le culte de ceux qu'il a perdus. La mère qui a montré de l'indifférence pour son enfant, pendant sa vie, ou qui a perdu vite son souvenir après sa mort, ne peut prétendre aux manifestations secrètes de celui pour qui elle ne ressentait qu une insuffisante tendresse. L'ami qui a laissé échapper de son cœur l'image de celui qui a été enlevé par la mort, doit renoncer â ces manifestations précieuses. Bien plus, et quels que soient l'affection et le souvenir qu'il conserve des êtres qu'il a perdus, l'homme livré à des instincts grossiers et bas, â des inclinations perverses, ne saurait se flatter de recevoir ce genre de communications. Dne créature vraiment noble et pure peut seule correspondre avec ces êtres privilégiés.

n est dans nos cœurs une force morale qu'aucune philosophie n'a pu expliquer, qu'aucune science n'a pu analyser : c'est ce qu'on appelle la conscience. La conscience est une lumière sacrée qui brille au dedans de nous, sans que rien puisse jamais l'étouffer, l'offusquer ni l'éteindre, et qui a le pouvoir de nous éclairer avec certitude dans toutes les occasions de

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la ¥ie. La conscience est Traiment infaillible. Malgré tout, en dépit de nos intérêts, apparents ou ré^, en tout temps et en tous lieux, parlant au grand comme au petit, au puissant comme au faible, elle nous fait toujours discerner le bien du mal et la roie honnête et juste de la mauvaise voie. La conscience n'est, selon nous, que l'impression que nous transmet un être qui nous fut cher, et que la mort nous a rayi. C'est un parent, un ami, qui a quitté la terre, et qni daigne se révéler à nous, pour nous diriger dans nos actes, pour nous tracer la meilleure route et travailler à notre bonheur.

k II existe des hommes pervers, lâches, bas et menteurs. On dit de ces hommes, qu'ils n*ont aucune conscience. Il sont, en effet, sans lumière intérieure ; ils ne savent pas distinguer le bien du mal ; le sens moral leur manque. C'est qu'ils n'ont aimé personne, et que leur âme, basse et vile, n'est dign d'être visitée par aucun de ces êtres supérieurs qui ne se manifestent qu'aux hommes qui leur ressem^* blent, ou qui les ont aimés. Un homme sans conscience est donc celui qui, par l'essence vicieuse de son âme, s'est rendu indigne des conseils suprêmes et de la protection de ceux qui ne sont plus.

, Mais on s'aperçoit peut-être que cette idée d'un suprême et invisible protecteur de l'homme, qui di*rige son cœur et éclaire sa raison, a déjà été formulée par la religion chrétienne, qui l'avait puisée dans l'Écriture sainte. C'est Vange gardien^ type mystérieux, poétique et charmant, séraphique créature que Dieu charge de veiller sur le chrétien, pour le prémunir contre toute embûche, pour le diriger sans

cesse dans les voies de la sainteté et de la vertu. Nous signalons cette concordancQ sans Tavoir recherchée. Nous enregistrons, en effet, nos idées telles (qu'elles se déduisent logiquement les unes des autres et sans aucun parti pris. Et quand nous nous trouvons amené à tomber dans un dogme de la religion chrétienne, nous sommes heureux de noter cette concordance.

Nous engageons les personnes qui viennent de lire ces dernières pages , à s'interroger elles-mêmes , à réunir leurs souvenirs , à réfléchir sur ce qui s*est passé autour d'elles, et nous sommes convaincu qu'elles découvriront ainsi bien des faits en harmonie avec ce que nous avançons. Le phénomène moral des impressions des morts sur Tesprit dés vivants qui les ont aimés et qui ont le culte de leur mémoire , ce phénomène est une de ces vérités que chacun possède par intuition, pour ainsi dire, et dont il reconnaît toute la vérité quand il la trouve nettement formulée et mise en évidence. Nous ne saurions nous substituer à nos lecteurs pour évoquer les faits de ce genre qui peuvent leur être connus; nous ne pouvons que rapporter ceux qui sont venus à notre propre connaissance. Les voici en peu de mots.

Un Italien de nos amis, le comte de B..., a perdu sa mère, il y a déjà près de quarante ans. Il nous a assuré qu'il n'a pas manqué un seul jour d*être en communication avec elle. Il ajoute que c'est à l'influence constante, aux avis secrets qu'il reçoit dé sa mère défunte , qu'il a dû la bonne direction qu'il

a donnée à sa vie, à ses travaux, à sa carrière, et le bonheur qui a toujours présidé à ses entreprises.

Le docteur V..., matérialiste déclaré, et qui, selon le terme consacré , ne croit à rien , croit pourtant à sa mère. Comme le comte de B..., il la perdue de bonne heure, et il n'a jamais cessé de sentir sa présence. Il nous disait qu'il est plus souvent avec sa mère morte, qu'il n'était avec sa mère vivante. Cet apôtre déclaré du matérialisme médical, a, sans s^en douter, des entretiens avec une âme envolée.

Un journaliste célèbre, M. R..., a perdu un fils de vingt-quatre ans , esprit charmant et doux , écrivain et poëte. M. R... a, chaque jour, une conversation intime avec ce fils qu'il a perdu. Un quart d'heure de recueillement solitaire lui permet de se retrouver en commerce direct avec l'être enlevé à sa tendresse.

M. L..., avocat, entretient les mêmes relations constantes avec l'âme envolée d'une sœur, qui réunissait, â son dire, toutes les perfections humaines, et qui ne manque jamais d'éclairer utilement son frère dans toutes les difficultés, grandes ou petites, de la vie.

Une autre considération viendra à l'appui de ridée qui nous occupe. On a remarqué que les artistes, les écrivains, les penseurs, après la perte d'un être chéri, ont vu s'accroître leurs facultés, leurs inspirations , leurs talents. On dirait que les facultés intellectuelles de celui qu'ils ont perdu sont venues s'ajouter â leurs propres facultés et doubla leur génie. °

Je connais un financier très-admiré pour ses capacités en affaires. Quand une difficulté le surprend, il s'arrête, sans se donner la peine de se fatiguer à la recherche de la solution. Il attend, et sait bien que ridée qui lui manque viendra sans qu'il s'en doute. Et, soit au bout de quelques jours , soit au bout de quelques heures, Tidée attendue lui arrive, en effet, spontanément. Cet homme heureux et admiré a éprouvé une des plus grandes douleurs que le cœur puisse ressentir : il a perdu un fils unique , âgé de dix-sept ans, en qui se résumaient toutes les qualités de rage muret toutes les grâces de la jeunesse. Tirez Yous-mème , lecteur, la conclusion.

Ce dernier exemple que nous venons de citer peut nous instruire sur une particularité des manifestations supérieures que nous étudions. Nous venons de dire cpi'il faut quelquefois un certain temps, quelques jours par exemple , pour que ces manifestations se produisent. C'est que l'être surhumain à qui elles sont dues, a certainement beaucoup de difficultés à se mettre ainsi en rapport avec les habitants de notre globe, n y a souvent sur la terre plus d un être qu'il aime et qu'il veut protéger, et il ne peut être en même temps en deux lieux différents. Nous supposons même que les difficultés que les êtres surhuïnains ressentent à se mettre en rapport avec nous , jointes au spectacle des souffrances et des malheurs ^i accablent leurs amis d'ici-bas, sont les causes des seules douleurs qu'ils éprouvent dans leur existence, ri merveilleusement heureuse à d'autres égards. C'est ^e le bonheur absolu n'existe en aucun point du blonde, et que la destinée peut encore verser une

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goutte de fiel et un fond d'amertume dans la coupe de félicités que vident, au milieu de leur céleste domaine, les habitants de Téther.

Les personnes qui reçoivent les communications des morts ont fait une remarque qu'il faut consigner ici : c'est que ces communications cessent quelquefois tout d'un coup. Une comédienne célèbre, aujourd'hui retirée du théâtre, avait une communication évidente avec une personne qu'une mort tragique lui avait enlevée. Elle vit ses communications s'arrêter brusquement. L'âme du mort regretté l'avertit 4e cette prochaine cessation de rapports. La raison qu'elle en donna nous explique pourquoi ces rapports ne peuvent toujours se maintenir. L'être surhumain qui était en rapport avec la personne terrestre , était déjà monté en grade dans la hiârarcliie céleste; il avait accompli une métamorphose, etd^à il ne pouvait plus correspondre avec la terre.

Sans multiplier davantage ces ccmsidéraUons, nous ajouterons que chez nos paysans français l'entretien avec les morts est dans les habitudes générales. Dans nos campagnes la mort n'entraîne aucune de ces idées lugubres qu'elle fait naître parmi les citadins. On cultive, on aime la mémoire de ceux qu'on a perdus. On trouve qu'ils sont heureux ceux qu'une faveur de la Providence a enlevés de bonae heure aux malheurs, aux amertumes, aux défaillances et (aux chutes de l'existence terrestre. On les interpelle , on les prend à partie, et les morts, reconnaissants de ce pieux souvenir , répondent aux a,ppels a^is de ces cœurs.

Les Orientaux ont tous cette sereine aspiration

vers la mort, qui est , dans notre Europe , l'apanage exclusif des habitants des campagnes. Les Musulmans aiment à invoquer, à éveiller partout l'idée de la mort. On connaît le mélancolique proverbe des Arabes : « Il vaut mieux être assis que debout; il vaut mieux être couché qu'assis; il vaut mieux être mort que vivant! »

Nous avons déjà fait connaître les vues de Charles Bonnet, le premier des naturalistes qui ait pressenti la doctrine de la pluralité des existences humaines au delà de cette terre. Nous citerons ici un autre naturaliste philosophe, contemporain de Charles Bonnet, et qui a défendu la même doctrine avec un grand talent. Dupont ile Nemours, dans son ouvrage Philosophie de lumvtrs , s'exiHÎme en ces termes au sujet des communications qui peuvent s'établir entre nous et les êtres supérieurs, invisibles habitants des autres mondes , qu'il appelle des anges ou des génies.

t Pourquoi, dit Dupont de Nemours *, n'avons-nous aucune connaissance évidente de ces êtres dont la convenance, Vanalogie, la nécessité dans l'univers frappent la réflexion, qui peut seule nous les indiquer? de ces êtres qui doivent nous surpasser en perfections, en facultés, en puissance, autant que nous surpassons les animaux de la dernière classe et les plantes? qui doivent avoir entre eux une hiérarchie aussi variée, aussi graduée que celle que nous admirons entre les autres êtres vivants et intelligents que nous primons et qui nous sont subordonnés? dont plusieurs ordres peuvent être nos compagnons sur la terre, comme nous

1. Cité par Pezzaiii, Pluralité des existences de Vdme, pages 206-

sommes ceux des animaux qui, privés de vue, d'ouïe, d'odorat, de pieds, de mains, ne savent qui nous sommes an moment même où nous en faisons le bonheur ou le malheur? dont quelques autres peut-être voyagent de globe en globe, ou, de plus relevés encore, d'un système solaire à l'autre, plus aisément que nous n'allons de Brest à Madagascar?

« C'est que nous n'avons pas les organes et les sens qu'il nous faudrait pour que notre intelligence communiquât avec eux.

c C'est ainsi que les mondes embrassent les mondes et que sont classifîés les êtres intelligents, tous composés d'une matière que Dieu a plus ou moins richement organisée et vivifiée.

a Telle est la vraisemblance, et parlant à des esprits vigoureux qui ne plient pas devant les conceptions fortes, j'oserai dire que telle est la réalité.

«c L'homme est capable de calculer qu'il a souvent intérêt à être utile aux autres espèces; et, ce qui vaut mieux encore, ce qui est plus moral et plus aimable, il Test de leur rendre service pour sa propre satisfaction, sans autre motif que le plaisir qu'il y trouve.

« Eh bien ! ce que nous faisons pour nos frères cadets, nous qui n'avons qu'une intelligence très-médiocre, et qu'une bonté très -limitée, les génies, les anges (permettez-moi d'employer des noms en usage pour désigner des êtres que je devine et que je ne connais pas), ces êtres, qui valent beaucoup mieux que nous, doivent le faire, et vraisemblablement le font pour nous, avec plus de bienfaisance, de fréquence et d'étendue dans les occasions qui les touchent.

< Nous savons parfaitement qu'il y a des intelligences, et peu nous soucie qu'elles soient, si l'on veut, formées d'une sorte de matière, composées d'un mélange ou sans mélange. Leur quotité d'intelligence est très-brillante, très-remarquable, très-démontrée, très-évidente; elle tranche vivement avec les propriétés mesurables, pondérables, calculables, analysées de la matière inanimée.

c Pour comprendre quelle peut être dans le monde et sur

nous Pactioii des intelligences surhumaines qui ne sauraient DOQS être connues que par Pinduction, le raisonnement, la comparaison de ce que nous sommes à d^autres animaux, même assez intelligents, servis par nous avec efficacité et qui n'ont pas de nous la moindre idée, il faut pousser plus loin Panalogie.

c Ces intelligences ne sont au-dessus de nous et hors de la portée de nos sens que parce qu'elles sont douées d'un plus grand nombre de sens, et d'une vie plus développée et plus active. Ce sont des êtres qui valent mieux que nous et qui ont beaucoup plus d'organes et de facultés ; ils doivent donc, en déployant leurs facultés disponibles suivant leur Tolonté, de même que selon notre volonté nous employons les nôtres, pouvoir disposer, travailler, manœuvrer la matière inaniniée, et agir ainsi, tant entre eux que sur les êtres intdligents qui leur sont inférieurs, avec beaucoup plus d'énergie, de rapidité, de lumière et de sagesse que nous ne le faisons, nous qui cependant le faisons pour les bêtes qui nous sont subordonnées. 11 est donc conforme à la marche et aux lois de la nature que les intelligences supérieures paissent ainsi, quand il leur plaît, nous rendre les services à la fois les plus importants et les plus ignorés.

c Ces protecteurs inconnus qui nous observent et que

nous n'apercevons pas, n'ont pas nos imperfections , et doivent mettre encore plus de prix à ce qui est beau et bien en soi-même.

f Nous ne pouvons donc espérer de plaire aux intelligences d'un grade supérieur par les actes que Thomme même trouverait odieux. Nous ne pouvons pas nous flatter davantage de les tromper comme les hommes par un extérieur hypocrite, qui ne fait que rendre le crime plus méprisable. Elles peuvent être instruites de nos soliloques, peut- ^tre même de ceux qui ne sont point parlés. Nous ignorons combien elles ont de manières de lire ce qui se passe dans notre cœur, nous dont la misère, la grossièreté, l'ineptie bornent nos moyens de connaître à toucher, voir, entendre, et ({nelquefois analyser, conjecturer.

« Cette maison, qu'un Romain célèbre voulait faire bâtir

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ouverte à la vue de tous les citoyens , elle exkte et nous ; logeons. Nos voisins, œ sont les chefs et les magistn^ili la grande république, revêtus du droit et du pouvoir daté* compenser et de punir même Tintention, qui pour eux n^es pas un mystère. £t ceux qui en pénètrent le plus complètement les moindres variations, les inflexions les ^plus légères ce sont les plus puissants et les plus sages.

€ Tâchons donc d'avoir, autant qu'il peut dépendre i( nous, affaire à ceux par rapport auxquels nous Boiames -petits, et surtout comprenons notre petitesse. 8'il nous in- .porte tant de n'admettre à notre complète amitié, à noiR confiance entière, à notre société assidue, que des homiKBf de la première élite; si la douce lutte d'affection, de zèle, ii bonté, de capacité qui se renouvelle sans «esse entre «ù et nous, contribue à nous améliorer «haqu» ))our, que A gagnerons-nous pas à leur donner, pour ainsi (tire, des'iii' joints meilleurs et plus parfaits encore, qui ne soieârt eng^k m à nos intérêts ignobles, ni à nos passions, ni 4 nos ecreurs, et devant qui nous ne puissions nous raopôdier de rougir!

« Ceux-là ne varient pas, ils ne nous abandonnent .pcM ils ne s'éloignent jamais, nous les trouvons dès que nom sommes seuls. Ils nous accompagnent en voyage, en exil, en prison, au cachot; ils voltigent autour de notre oervean féfléchissant et paisible.

« Nous pouvons les interroger, et toutes les fois que nous le tentons, on dirait qu'ils nous répondent. Pourquoi ne le feraient-ils pas? Nos amis absents nous rendent Inen qd pareil service, mais seulement ceux de nos amis qui nous inspirent un grand respect. Nous pouvons même épronrer qndque chose de semi>lal)le d'un personnage imagintae, s'il se présente à nous comme réunissant beaucoup de ^otlités héroïques et bonnes. Combien de fois dansies occtsMHB épineuses, au milieu du combat des passions âiverses, M me suis-je pas dit : Que ferait en ce cas Charles Gruidissoiil que penserait Quesnay? qu'approuverait Turgot? que me conseillerait Lavoisier? qui est-ce qui pourra plaire 4 « yeitaeuae c(wajpagne? ^XHument aund-je le svffinge des tn-

gas? quelle action sera le plus conforme à Tordre, aux lois, aux vues bienfaisantes du roi majestueux et sage de Puni- Tirs? Car on peut ainsi porter jusqti'à DWu Finvocalion salutaire et pieuse. Thommage, les élans d'une ftme avide di.' bien faire et soigneuse de ne pas s'avilir. •

Le médecin suisse Lavater, l'auteur des Essais physiognomoniques y n'était pas un homme ordinaire. On lui a reproché seulement une certaine disposition à l'amour du merveilleux, qui le rendait accessible aux plus enthousiastes conceptions. Tenons eoiopte de cette disposition naturelle de Lavater, mais enregistrons ici les vues qu'il a formulées toudiant les rapports que peuvent avoir avec nous les Mres qui habitent un monde invisible.

On a publié à Saint-Pétersbourg, en 1868, des lettres inédites adressées par Lavater à Timpératrice de Bnssîe, en 1 798, et qui renferment l'exposé des opinions du médecin de Zurich sur Tétat de Tâme après la mort, et sur la manière dont les êtres invisibles peuvent conmiuniquer avec nous. Ces lettres ont été traduites en français, et publiées sous ce titre : Corrtspondance inédite de Lavater avec Vimpératrice Marie de Russie sur V avenir de VameK

Bans les deux premières lettres Lavater expose, sur f état de Tâme après la mort , des idées qui ne s'ébignent pas trop de celles que nous avons développtes dans le chapitre V* de cet ouvrage. Dans la derrière de ces lettres, Lavater suppose qu*un habitant du monde invisible écrit à un ami laissé sur la terre,

I. Paris, 1868, cbez Lacroix et Verboecidioven. Brochure de 32 iges.

pour l'instruire de la manière dont se fait la com munication entre notre monde et le monde invisible Cette lettre prouve, comme le remarque Téditen français, « que la croyance à la possibilité des raf ports entre le monde spirituel et le monde matér« germait en Europe dès la fin du dernier siècle. »

Voici quelques extraits de la Lettre du défunt à so ami :

f Mes rapports avec toi ne sont basés que sur ton amour Cette sagesse, cet amour personnifiés, nous poussent sot vent, moi et mes mille fois mille convives, d'une félicité qB devient continuellement plus élevée et plus enivrante, ven les hommes encore mortels, et nous font entrer avec en dans des rapports certainement agréables pour nous,quoi' que bien souvent obscurcis et pas toujours assez purs é saints. Prends de moi quelques notions au sujet de on rapports.

« Je ne sais comment je parviendrai à te faire comprendra cette grande vérité, qui probablement t'étonnera beaucoBf malgré sa réalité, c'est que : notre propre félicité dépend »* vent, relativement bien entendu^ de Vétat moral de ceux çM nous avons laissés sur la terre et avec lesquels nous entrons dti^ des rapports directs,

« Leur sentiment religieux nous attire ; leur impiété no» repousse.

c Nous nous réjouissons de leurs pures et nobles joie8| c'est-à-dire de leurs joies spirituelles et désintéressées. Leur amour contribue à notre félicité; aussi nous ressentons sinon un sentiment pareil à la souffrance, au moins un d^ croissement de plaisir, quand ils se laissent assombrir P^ leur sensualité , leur égoïsme, leurs passions animales <)• l'impureté de leurs désirs.

« Mon ami, arrête-toi, je t'en prie, devant ce mot : os**^ brir,

€ Toute pensée divine produit un rayon de lumière jaillit de l'homme aimant, et qui n'est vu et compris que;

ures aimantes et rayonnantes. Toute espèce d^amour *ayon de lumière qui lui est particulier. Ce rayon, se tant à Tauréole qui entoure les saints, la rend encore splendissante et plus agréable à la vue. Du degré de larté et de cette aménité dépend souvent le degré de >ropre félicité ou du bonheur que nous ressentons de existence. Avec la disparition de Pamour, cette lumière )uit, et avec elle l'élément de bonheur de ceux que limons. Un homme qui devient étranger à Tamour i6rtt, dans le sens le plus littéral et le plus positif de mot; il devient plus matériel, par conséquent plus itaire, plus terrestre, et les ténèbres de la nuit le coule leur voile. La vie, ou ce qui est la même chose pour Tamour de Thomme, produit le degré de sa lumière, Bté lumineuse, son identité avec la lumière, la magni- I de sa nature.

is dernières qualités rendent seules nos rapports avec isibles et intimes. La lumière attire la lumière. Il nous possible d'agir sur les âmes sombres. Toutes les nanon aimantes nous paraissent sombres. La vie de 3 mortel, sa véritable vie, est comme son amour; sa *e ressemble à son amour ; de sa lumière découle notre imion avec lui et la sienne avec nous. Notre élément, I lumière dont le secret n'est compris d'aucun mortel, attirons et sommes attirés par elle. Ce vêtement, cet i, ce véhicule, cet élément, dans lequel réside la force ive qui produit tout, la lumière , en un mot, forme lous le trait caractéristique de toutes les natures. DUS éclairons dans la mesure de notre amour; on nous laît à cette clarté, et nous sommes attirés par toutes tures aimables et rayonnantes comme nous. Par l'effet mouvement imperceptible, en donnant une certaine ion à nos rayons, nous pouvons faire naître dans des Bs qui nous sont sympathiques des idées plus hu- », susciter des actions, des sentiments plus nobles et Mevés; mais nous n^ avons le pouvoir de forcer ou de do- ' personiM, ni d'imposer noire volonté aux hommes dont biité est Unut à fait indépendante de la nôtre. Le libre ar-

bitre de rhomme nous est sacré. Il nous est impossible de coi muniquer un seul rayon de notre pure lumière à un homi qui manque de sensibilité. Il ne possède aucun sens, aac organe pour pouvoir recevoir de nous la moindre cho Du degré de sensibilté que possède un homme, dépend a aptitude à recevoir la lumière, sa sympathie avec toutes ! natures lumineuses, et avec leur prototype primordial. 1 Tabsence de la lumière naît l'impuissance à s'approcher c sources de la lumière, tandis que des milliers de natures luD neuses peuvent être attirées par une seule nature semblab

« .... Mon bien-aimé, il existe des rapports impérissab entre ce que vous appelez les mondes vistble et invisible^ t communauté incessante entre les habitants de la terre ceux du ciel qui savent aimer, une action bienfaisante ré proque de chacun de ces mondes sur Tautre.

a En méditant et en analysant avec soin cette idée, reconnaîtras de plus en plus sa vérité, son urgence et sainteté.

« Permets-moi de t'adresser encore quelques paroles confiance..

c Quand tu te fâches, la lumière qui rayonne de toi, moment où tu penses à ceux que tu aimes ou à ceux ( souffrent, s'obscurcit, et alors je suis forcé de me détoun de toi, aucun esprit aimant ne pouvant supporter les tét bres de la colère. Dernièrement encore, je dus te quitter, te perdis, pour ainsi dire^ de vue, et me dirigeai vers i autre ami, ou plutôt la lumière de son amour m'attira vc lui : il priait, versant des larmes pour une famille bienù santé, tombée momentanément dans la plus grande détres et qu'il était hors d'état de secourir lui-même. Oh! comn déjà son corps terrestre me parut lumineuoo ! ce fut comme une clarté éblouissante V inondait. Quel bonheur pour moi i pouvoir me plonger dans cette aUréole, et, retrempé pi cette lumière, être en état d'inspirer à son âme l'espoir d't secours prochain ! Il me sembla entendre une voix, au foi de son âme, lui dire : « Ne crains rien! Crois! tu goûter la joie de pouvoir soulager ceux poulr qui tu viens de prii bien, j II se releva inondé de joie après la prière.

c Tu peux juger, par cet exemple, si nous sommes toujours bien instruits de ce que font les amis que nous avons iaissés sur la terre, et combien nous nous intéressons à leur étai moral ; tu dois aussi comprendre maintenant la solidariié qui existe entre le monde visible et le monde invisible^ et qu^l dépend de vous de nous procurer des joies ou de nous affliger.

c Ob ! mon ami, si tu pouvais te pénétrer de cette grande ▼éritéy qu^un amour noble et pur trouve en lui-même sa plus belle récompense; que les jouissances les plus pures, la jouissance de Dieu, ne sont que le produit d'un sentiment plus épuré, tu t'empresserais de t'épurer de tout ce qui est ègoîsme *• »

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