S74 LE LENDEMAIN DE LA MORT
Il nous serait impossible de donner des renseignements analogues à ceux que nous avons esquissés pour les planètes précédentes, sur un astre 105 fois plus gros seulement que la Terre, qui circule à la
distance d'tm milliard 150 millions de lieues du Soleil!
et dont l'année dure 164 fois Tannée terrestre ; si bien que si l'on comptait les siècles de Tère chrétienne d'après la chronologie neptunienne, au lieu de notre dix-neuvième siècle on aurait seulement 1 2 années d'ère chrétienne. Tout ce que nous pouvons dire dès lors de Neptune, c'est qu'il termine le domaine de notre monde visible.
On ne peut pourtant déclarer que notre monde solaire finisse à cette limite. Sans doute la portée de nos lunettes astronomiques s'arrête à Neptune ; mais telles ne sont pas assurément les frontières de l'empire du Soleil. On sait, en effet, que des comètes nous reviennent après avoir parcouru, comme l'indique leur courbe géométrique, une profondeur de l'espace égale à 32 milliards de lieues. Ainsi la distance d'un milliard 150 millions de lieues, qui est celle de Neptune au soleil, ne représente nullement les confins de notre monde solaire; elle n'exprime que les bornes de la portée de nos télescopes.
Ce coup d'œil rapide jeté sur l'ensemble de notre système solaire prouve bien que la Terre n'est en possession d'aucun privilège. Le rôle qu'elle joue dans l'économie de l'univers d'autres astres semblables le remplissent, et rien ne justifie la prééminence que les anciens lui accordaient. Elle n'est nî
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la plus grosse, ni la plus chaude, ni la plus éclairée des neuf planètes. Elle fait tout simplement partie d'un groupe d'astres, elle n'est qu un individu de ce groupe.
Ces considérations vont nous amener à une déduction bien importante. Puisque la Terre n'a rien qui la distingue des autres planètes de notre système solaire, on doit retrouver sur les autres planètes ce qu'on observe sur notre globe. Il doit exister dans ces globes planétaires, de l'air, de Teau, un sol rigide, des fleuves et des mers, des montagnes et des vallées. On doit même y trouver une végétation et des forêts, des régions couvertes de verdure et d'ombrages. Il doit enfin y exister des animaux et jusqu'à des hommes, pu du moins des êtres supérieurs aux animaux, et correspondant à notre type humain.
Mais cela est-il possible, cela est-il vrai? Les planètes qui tournent, comme la Terre et en même temps que la Terre, autour du Soleil, sont-elles constituées physiquement comme notre globe? Sont-elles couvertes de végétaux, sont-elles habitées par des animaux et par des êtres appartenant au type humain ? Cette grave question a été traitée d'une manière Vprofondie par M. Flammarion, dans un ouvrage yotàijûé Pluralité des mondes habités ^^ et dans une autre publication postérieure, les Mondes imagviaires et les iundes réels*. Ce serait sortir de Tobjet de ce livre que de suivre M. Flanunarion dans les considérations iQCQtifiques diverses par lesquelles il établit que les
L 1 ToL iii-12, Paris, chez Didier.
2* 1 voL ia-12, Paris, chez Didier.
planètes qui font partie de notre système solaire sont, comme la Terre, le théâtre de la vie, de l'organisation, du sentiment et de la pensée. Déjà au dix-septième siècle Fontenelle et Huygens avaient abordé avec succès ce séduisant problème; M. Flammarion Ta, de nos jours, traité avec un soin et un développement tout particuliers, en invoquant les données de l'astronomie et de la physique contemporaines qui se rapportent a ce sujet. En conséquence, nous renvoyons aux deux ouvrages de ce savant auteur pour s'édifier complètement sur la. question de VhabUabiliti des planètes.