‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 42 sur 81 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

P gq u y — de la pluralité des exlstanoes hnmaliies et des réinear» nation», — On ne peut expU^aer, en dehore de cette dootrine, la prAwnoe de l'homme sur la terre, ni les tristes et.inégales conditions de la vie humaine, ni le sort des enfants morts en

La doctrine de la pluralité des existences et des ^émcamatUms^ qui rattache Tun à l'autre, comme autant d'anneaux d'une même chaîne, tous les êtres avants, depuis le plus infime animal jusqu'aux créatures bienheureuses à qui il est donné de contempler Dieu dans sa gloire; — qui donne à Thu- Kxianit éterrestre des frères dans les diverses planètes ; --- qui fait des habitants de notre globe une simple nation de l'univers ; — qui voit dans toutes les populations des mondes une même famille, la famille pUoétaire, où chacun peut s'élever, par son mérite «t ses combats, dans la hiérarchie du bonheur, — c^ doctrine est appuyée de tant de preuves, que

nous n'avons d'autre embarras que de choisir parmi celles qui parlent en sa faveur. Si nous voulions les énumérer toutes, nous allongerions démesurément cet ouvrage; aussi nous contenterons-nous de mettre en relief les plus saisissantes.

Pourquoi sommes-nous sur la terre? Nous ne l'avons pas demandé; nous n'avons pas exprimé le désir de naître. Si Ton nous eût consultés, nous aurions probablement souhaité, ou de ne pas venir en ce monde, ou d'y paraître à une autre épocpie. Nous aurions peut-être aussi demandé pour séjour une planète autre que la Terre. Notre globe est, en efifet, très-désagréable à habiter. Par suite de soa inclinaison sur son axe, les climats y sont distribués d'une façon déplorable : il faut ou succomber au froid, si Ton n'est pas défendu contre ses rigueurs, ou être calciné par la chaleur. Au point de vue moral, les conditions de l'humanité sont fort tristes. Le mal domine sur la terre, le vice est presque partout en honneur, et la vertu si maltraitée que l'honnêteté de la vie n'est ici-bas qu'un gage certain d'infortune. Les affections ne sont pour nous que des causes de déchirements et de larmes. Si nous goûtons un moment les joies de la paternité, de l'amitié, de l'amour, ce n'est que pour voir les objets de notre tendresse ravis par la mort, ou séparés de nous par les accidents d'une vie misérable. Les organes que nous recevons pour l'exercice de cette vie, sont lourds, grossiers, sujets aux maladies. Nous sommes cloués au sol, et pour déplacer notre pe-

santé masse, il faut de la fatigue et des efforts. S'il f a quelques hommes bien organisés, doués d'une bonne constitution et d'une santé'robuste, combien a'y en a-t-il pas d'infirmes, d'idiots, de sourds-muets, d'aveugles de naissance, de manchots, de crétins et de fous! Mon frère est beau et bien fait, et je suis, moi, laid, majingre, rachitique et bossu ; pourtant nous sommes tous deux fils de la même mère. Les uns naissent dans l'opulence, les autres dans le plus affreux dénûment. Pourquoi ne suis-je pas prince et grand seigneur, au lieu d'être pauvre travailleur de la terre ingrate et rebelle ? Pourquoi suis-je né en Europe et en France où, à force de civilisation et d'art, la vie est rendue supportable et facile, au lieu d'avoir vu le jour sous les deux brûlants des tropipiques, où, affublé d'un museau bestial, la peau noire et huileuse, les cheveux crépus, j'aurais été exposé aux doubles tourments d'un climat meurtrier et de la barbarie sociale? Pourquoi un de ces malheureux nègres d'Afrique n'est-il pas à ma place, dans des conditions de bien-être? Nous n'avons rien fait, ni l'un ni l'autre, pour occuper le lieu qui nous est assigné sur la terre; nous n'avons ni mérité cette faveur, ni encouru cette disgrâce. Pourquoi donc cette répartition inégale de maux affreux qui pèsent sur certains hommes en épargnant les autres? En quoi ont-ils mérité la partialité du sort, ceux qui vivent en d'heureuses contrées, tandis que beaucoup de leurs frères souffrent et pleurent en d'autres régions du monde? Certains hommes sont doués de tous les avantages de l'esprit -, d'autres, au contraire, sont sans intelligence, sans pénétration, sans mémoire. Ils trébu-

chent à chaque pas dans la carrière difficile de la vie. Leur esprit borné, leurs facultés incomplètes, les exposent à tous les déboires et à tous les malheurs. Ils ne peuvent réussir à rien, et la destinée semble les prendre pour le point de mire constant de ses coups les plus funestes. Il est des êtres qui, depuis le moment de leur naissance jusqu'à celui de leur mort, ne jettent qu'un cri de souffrance et de désespoir. Quel crime ont-ils commis?Pourquoi sont-ils sur la terre? Ils ne Font pas demandé, et s'ils avaient été laissés libres, ils auraient supplié que Ton écartât de leurs lèvres cette coupe fatale. Ils sont ici-bas malgré eux, contre leur volonté. Cela est si vrai que quelquesuns, dans un accès de désespoir, tranchent eux-mêmes le fil de leur existence. Ils s'arrachent de leurs propres mains une vie que des tourments afireux leur rendent insupportable.

Dieu serait donc injuste et méchant s'il imposait à des êtres qui n'ont rien fait pour l'encourir, et qui ne l'ont point sollicitée, une vie aussi misérable. Mais Dieu n'est ni injuste, ni méchant; les qualités contraires sont l'attribut de sa parfaite essence. Par conséquent la présence de l'homme sur tel ou tel point de la terre, et l'inégale distribution des maux sur notre globe, ne peuvent trouver d'explication.

Si vous connaissez, lecteur, une doctrine, une philosophie, une religion, qui résolvent ces difficultés, je déchire ce livre et je m'avoue vaiucn.

Si, au contraire, vous admettez la pluralité des existences humaines , et les réincarnations^ c'està-dire le passage d'une même âme en plusieurs corps différents, tout s'explique. Notre pré-

sence en tel ou tel lieu du globe n'est plus refietd^un caprice du sort, ou le résultat du hasard; c'est la simple station d'un long voyage que nous accomplissons à travers les mondes. Avant de naître sur la terre, nous avons déjà vécu, soit à Tétatd^animal supérieur, soità rétat d'homme. Notre existence actuelle n'est que la suite d'une autre, soit que nous portions en nous l'âme d'un animal supérieur, que nous devons épurer, perfectionner, ennoblir, pendant notre séjour sur la terre, soit qu'ayant déjà rempli une existence imparfaite et mauvaise, nous soyons condamnés à la recommencer sur de nouveaux frais. Dans ce dernier cas, la carrière de l'homme recommence, parce que son âme n'est pas encore assez pure pour s'élever au grade d'être surhumain.

Notre passage sur la terre n'est donc qu'une sorte d'épreuve qui nous est imposée par la nature, et pendant laquelle nous devons polir notre âme, la débarrasser des liens terrestres, la dépouiller des défauts qui l'alourdissent et l'empêchent de s'élever, radieuse, vers les sphères éthérées. Toute existence humaine mal remplie est à recommencer. Ainsi le collégien qui a travaillé, qui a été laborieux, s'élève à la fin de Tannée, dans une classe supérieure; mais s'il n'a fait aucun progrès dans ses études, il redouble sa classe. Les hommes pervers, les êtres vicieux recUm-' hkront leur vie. Ils la redoubleront jusqu'au jour où leur âme sera en état de monter en grade dans la hiérarchie des êtres, c'est-à-dire de passer, après leur mort, à rétat d'être surhumain.

Autant la cause de notre existence ici-bas est obS' cure et même inexplicable dans les idées ordinaires^

autant elle est simple et lumineuse dans la doctrine de la pluralité des, existences.

Il faut ajouter que cette doctrine est conforme à la justice de Dieu. En faisant de la vie terrestre une épreuve pour Thomme, Dieu est équitable et bon, comme un père de famille. Ne vaut-il pas mieux, en effet, soumettre une âme à une épreuve, qui peut recommencer si elle a donné un mauvais résultat, que de s'en tenir à une seule, qui entraînerait l'irréparable condamnation du coupable? A une créature dégradée il vaut mieux offrir la possibilité d'une réhabilitation par ses propres efforts, par ses luttes personnelles, que de la briser toute souillée encore de ses imperfections et de ses crimes. La justice et la bonté de Dieu se reconnaissent à cet arrangement paternel, bien mieux qu'à la sévère juridiction qui condamnerait sans retour une âme après une seule épreuve ayant tourné à son désavantage.

Si la vie humaine est une épreuve, une période dans laquelle nous nous préparons à une existence nouvelle et plus heureuse, il n'y a plus à chercher pourquoi nous sommes sur la terre, pourquoi nous vivons aujourd'hui plutôt que de vivre demain, et sous telle latitude du globe plutôt que sous telle autre; il n'y a plus à se demander pourquoi nous sommes nés sur la Terre, et non dans Mercure, dans Saturne ou dans Mars. Que nous vivions aujourd'hui, ou que nous devions naître plus tard ; que nous ayons vu le le jour sur la Terre, dans Mercure ou dans Mars; que nous habitions l'Europe ou rAfrique,tout cela est indifférent pour notre destinée. En effet, nous issons une période de préparation qu'il nous faut

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nécessairement accomplir avant de passer à l'état d'être surhumain ; et le lieu, le moment de notre voyage, le pays dans lequel nous séjournons, la planète qui nous est assignée comme théâtre de cette épreuve, sont sans aucune importance pour le rôle que nous avons à remplir d'après les vues de la nature. Nous faisons un voyage à travers les mondes et une courte station sur la Terre fait partie de notre vaste itinéraire. Quel que soit donc le coin de l'univers sur lequel nous sommes jetés, nous y trouverons toujours à accomplir l'épreuve qui nous est imposée par Dieu, épreuve de souffrances et de combats, période de douleurs physiques et morales, qu'il nous faut subir avant de nous élever dans la hiérarchie des créatures. Dès lors, le temps, le lieu, les conditions morales bonnes ou mauvaises, tout cela doit nous être indifférent. Ce qu'il nous faut, c'estun séjour rapide sur une planète où cette épreuve puisse s'accomplir, et elle peut s'accomplir sur la Terre , comme dans Mars ou dans Mercure, et sur tel point de la Terre qu'on veuille imaginer.

Si pendant le cours de cette épreuve nous rencontrons le mal moral, si nous voyons le vice triomphant et la vertu persécutée, si nous sommes les victimes innocentes de l'injustice, de la cruauté ou de l'ignorance des hommes, nous n'avons pas à murmurer contre le Providence, nous n'avons pas à lancer des malédictions contre la douleur, à déplorer le scandale du crime heureux et triomphant devant la vertu qui soufitre et qui pleure. Nous n'avons pas davantage à r^retter les infirmités de notre corps, les maladies qui nous prennent au berceau, et qui nous affligent

pendant notre vie entière • Nous n'avons à nous plaindre ni de la faiblesse de notre esprit, ni des défaillances de nos facultés. Toutes ces conditions, contraires au bonheur terrestre, font partie du programme d'épreuves que nous avons à subir ici-bas. Que mille maux nous accablent, que l'injustice nous frappe, que des mains cruelles s'abattent sur nous, il faut bénir ces maux, il faut applaudir à ces iniquités, il faut baiser ces mains sanglantes. Ce sont les instruments de notre rédemption naturelle, et plus ils seront peiçants, acérés et douloureux, plus sera avancée l'heure de notre délivrance, le moment heureux de notre sortie de ce globe impur et fangeux que nos pas foulent un moment. D'ailleurs, justice sera bientôt faite. Le méchant ne tardera pas, en punition de ses fautes, à recommencer ici-bas une nouvelle existence ; tandis que le bon s'élèvera dans les régions supérieures, où l'attend une vie nouvelle, plus large, plus heureuse, plus savante, mieux en harmonie avec les aspirations de notre nature, que l'existence précaire et misérable que nous traînons ici-bas. Là nous renaîtrons, radieux et forts, avec toute notre mémoire, avec tout notre cœur et toute notre liberté 1

Ainsi s'évanouissent les difficultés, ainsi se résolvent les problèmes, ainsi tombent les incertitudes, ainsi s'éclairent les mystères, qu'aucune doctrine, aucune religion, aucune philosophie ne pouvaient dissiper, et qui allaient jusqu'à faire douter de la justice de Dieu. La doctrine des réincarnations et des existences antérieures explique tout, répond à tout.

Nous passons à Tune des plus intéressantes ques-

lions de la doctrine de la préexistence des âmes : à la question des enfants morts en bas âge. Que deviennent les enfants des hommes qui meurent à Tâge de quelques jours, qui meurent en naissant, ceux qui n'atteignent que Tàge de Imit à dix mois? Jusqu'à cette dernière époque de la vie Tâme humaine n'a pris aucun développement; elle est à peu près au même état rudimentaire qu'àTheure de la naissance. Quel est donc le sort des jeunes enfants après leur mort? Voilà la pierre d'achoppement de toute religion et de toute philosophie. Et voilà, au contraire, comme on va s'en convaincre, le triomphe de la doctrine des réincarnations.

La religion chrétienne est la seule dont nous ayons intérêt à connaître les principes sur cette question. Voyons ce qu'elle formule à cet égard, au point de vue du dogme, comme au point de vue du culte.

La religion chrétienne déclare que les enfants morts en bas âge vont au Paradis, s'ils ont reçu le sacrement du baptême. Mais c'est là juger arbitrairement, car nul ne peut dire la conduite que ces enfants auraient tenue si leur existence avait suivi son cours régulier. Dieu, en accordant le bonheur éternel à une âme, pour un séjour sur la terre de quelques heures seulement, pendant lesquelles l'enfant n'a pu faire ni bien ni mal, serait injuste. Il serait injuste pour le reste des hommes, auxquels il imposerait toute une vie de pénibles épreuves, tout en décernant un brevet de félicités éternelles à un être qui aurait passé , inconsciemment , quelques heures à peine ici-bas. Pour jouir du bonheur éternel, il faut l'avoir mérité.

On ne peut donc s'expliquer cette décision de l^glise à moins que de supposer Dieu injuste et partial. Créer une âme pour une existence de dix minutes, et lui accorder ensuite Téternité des récompenses, voilà ce que Dieu ne saurait faire dans son équité.

Hais poursuivons. 'Voilà ce que deviennent les enfants baptisés. Que deviennent aux yeux de TËglise, les enfants morts sans baptême? Quelques théologiens féroces, qui écrivaient avant saint Augustin, n'hésitaient pas à les condamner aux flammes éternelles. Cependant leur opinion n'a pas prévalu, et la doctrine de saint Augustin fait loi.. L'Église envoie les enfants morts en bas âge et sans baptême dans un purgatoire spécial, qui s'appelle les limbes. C'est un séjour mitoyen entre le Paradis et l'Enfer. On n'y est pas soumis aux tourments éternels, mais on n'a pas la contemplation de Dieu : c'est un juste-milieu entre les deux extrêmes des peines et des récompenses éternelles.

Cela est fort bien, mais les enfants qui meurent pourvus, du sacrement du baptême sont peu nombreux, si l'on considère l'humanité tout entière. La religion chrétienne] n'est professée que par moins du tiers de la population de la terre * et tous les chrétiens ne baptisent pas leurs enfants. D'un autre côté, beaucoup d'enfants meurent par accident, avant qu'on ait pu les ondoyer. Les cinq sixièmes des enfants des hommes meurent certainement sans avoir

% population totale du globe est de 1 300 millions d*hommes, lompte 380 millions de chrétiens.

reçu le sacrement salutaire. Les cinq sixièmes des enfants iraient donc se perdre dans Timmobilité des limbes^ ce froid tombeau, ce somnolent séjour des âmes, qui, par essence, sont tout activité ettoutmouvement ! Dieu créerait donc des âmes sensibles pour en jeter les cinq sixièmes dans une espèce d'anéantissement !

Ce n'est pas tout. L'institution du baptême est récente : elle date à peine de dix-huit siècles. Avant le christianisme, tous les enfants étaient nécessairement privés de cette cérémonie sacramentelle, et dès lors tous, sans exception, ils allaient droit aux lim^ besl

L'humanité est bien ancienne ; elle est beaucoup plus vieille que ne l'ont cru les théologiens, et même, jusqu'à ces dernières années, les savants. Au lieu des cinq à six mille ans classiques, l'humanité compte peut-être cent mille années d'existence. Ainsi, pendant cent mille années, les enfants auraient été condamnés au séjour des limbes, et ce n'est que depuis dix-huit cents ans qu'un petit nombre d'entre eux pourraient, grâce au baptême, entrer au Paradis I Pendant quatre-vingt-dix-huit mille ans la totalité des âmes des jeunes enfants serait allée peupler ces tristes nécropoles I Et remarquez que toutes ces victimes n'avaient rien fait pour mériter un pareil sort; car ce n'était évidemment pas leur faute si le baptême n'avait pas encore été institué. De sorte que ces pauvres êtres étaient punis pour une négation dont ils n'avaient pas même conscience I

On voit ce que devient, devant le raisonnement

rexplication que donne la théologie catholique du sort des enfants morts en bas âge. Voyez maintenant combien la même question se simplifie dans la doctrine de la pluralité des existences. On admet, dans cette doctrine, que lorsqu'un enfant meurt en bas âge, c'est-à-dire avant Tâge d'un an (qui est celui de la dentition achevée), son âme reste sur la terre, et ne passe pas, comme celle des hommes faits, à l'état d'être surhumain. L'âme d'un enfant de douze mois est encore à l'état rudimentaire ; elle est à peu près ce qu'elle était au jour de la naissance. Si l'enfant meurt à cet âge, c'est une partie à recommencer. Et la partie recommence, c'est-à-dire que l'âme de l'enfant mort avant Tâge d'une année, se dégageant du corps, au moment du dernier soupir, va se loger dans le corps d'un autre enfant nouveau-né. Après cette nouvelle incarnation, il recommence sa vie.

S'il arrive que la nouvelle existence ne dure pas plus d'un an, rien n'empêche que, de nouveau, Tâme aille encore subir dans un troisième corps d'enfant une troisième incarnation, jusqu'au moment où elle aura franchi le terme qui la place dans les conditions communes.

Il est impossible que l'âme d'un enfant qui n'a pris aucun développement, qui n'a rien ajouté à ce qu'elle avait reçu, soit traitée comme les âmes perfectionnées, épurées par l'exercice de la vie, par les souffrances physiques et morales, qui font de notre séjour sur cette terre un temps de préparation et d'assouplissement. L'enfant en bas âge ne saurait donc être admis dans les domaines supra-terrestres ; il recommence l'épreuve interrompue. La mortalité des enfants du

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jour de la naissance à Tâge de douze mois, est tellement considérable, que la nature a du se réserver le moyen d'annuler cette cause de dérangement dans la suite et Tenchaînement de ses opérations.

L'explication que nous donnons ici de la destinée des jeunes enfants est conforme à l'économie que Ion remarque dans les opérations de la nature. La nature veut que rien de ce qui est créé ne soit perdu. Lame d'un homme criminel est mauvaise, mais c'est une âme, elle existe, et elle est éternelle : elle ne doit pas se perdre. Seulement il faut qu^elle se perfectionne et se corrige. C'est ce qui arrive, grâce à de nouvelles existences auxquelles la nature convie cette âme imparfaite, pour lui donner les moyens de se relever de sa déchéance. Ainsi le principe de l'âme est conservé, et rien n'est détruit de ce qui était créé. L'âme de l'enfant mort en bas âge ne doit pas périr non plus. Une seconde incarnation dans un autre enfant lui permettra de reprendre le cours de son évolution, interrompu accidentellement par la mort. Ainsi l'âme se conservera et rien ne sera perdu.

La chimie, depuis Lavoisier, a mis en lumière une grande vérité : c'est que rien ne se perd des éléments de la matière ; c'est que les corps changent déforme, mais que l'élément matériel, le corps simple, est impérissable, indestructible, et qu'on peut toujours le retrouver intact, malgré ses mille transformations. S'il est vrai que dans le monde matériel rien ne se perde, il est également certain que dans le monde spirituel rien ne se perd non plus, et que tout ne fait que se transformer.

Ainsi rien ne se perd, ni dans les êtres matériels ni dans les êtres immatériels, et nous pouvons poser ce principe nouveau de philosophie morale à côté du principe de philosophie chimique établi par le génie de Lavoisier.

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