‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 64 sur 81 · Ttuculan, l, cap · texte numérisé non relu

Ttuculan, l, cap

« Je ne yeux point exagérer la douceur qu*on peut trouver à mourir, comme a fait Lucain, qui, dans sa manière souvent outrée, dit que les dieux ont caché aux hommes combien il est heureux de mourir, afin qu^ils puissent supporter la vie.

c Victurosque Dei celant, ut vivere durent, c Félix esse mori... * >

< Mais je me bornerai à recueillir ici quelques-uns des faits qui démontrent que le moment même de la mort peut faire sentir un certain bien-être.

« Sénèque dit (Epist. 77.) que Tullius Marcellinus, voulant se faire mourir à cause de Tincommodité que lui donnait une longue maladie, s'abstint de manger pendant trois jours, qu'il entra ensuite dans un bain chaud, en éprouvant, disait-il, quelque sentiment de volupté qu'a coutume de produire la dissolution du corps vivant lorsqu'elle se fait sans violence.

« François Juarez, jésuite célèbre qui mourut à Lisbonne en 1717, dit peu de temps avant d'expirer : Non putabam tam dulcej tam suave esse mori : Je ne pensais pas qu'il fût si doux et si agréable de mourir.

« La Mettrie {CEuvr&s philosophiques^ p* 352-354) dit qu'il a eu plusieurs fortes épreuves où il s'est vu près de passer de la vie au trépas, et il ajoute : c On dirait, autant que j'ai pu en juger par ses plus intimes approches, que la mort ne fait que passer au cou des mourants un nœud coulant qui serre moins qu'il n'agit avec une douceur narcotique. La vie s'en va peu à peu, avec une certaine nonchalance molle, non sans quelque volupté. »

c M. Baume a publié l'observation suivante, dans le troisième volume de sa Chimie et dans V Histoire de V Académie des Sciences pour inz. Un homme qui avait été asphyxié par l'impression d'une vapeur méphitique dans une cave, lorsqu'on l'eut fait revenir à lui, dit qu'à l'instant où il avait perdu connaissance, il avait éprouvé un sentiment de volupté. Un

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