S4 LE LENDEMAIN DE LA MORT
Ce n'est pas seulement chez les poitrinaires que Ton peut faire ces remarques. Tout homme destiné à mourir jeune semble marqué de ce cachet intime de r&me qui donne tantôt une douce el charmante mélancolie, tantôt une vivacité d'esprit ou une sensibilité que les parents admirent, et qui, trop souvent, hélas I n'est que Tindice d'une fin prochaine. Les qualités charmantes qui éclatent dans les jeunes gens ne sont quelquefois que les signes avant-coureurs de leur mort I
Quand ils ont tant d'esprit, les enfants vivent peu!
dit Casimir Delavigne dans les Enfants (V Edouard.
Les Grecs disaient : « Ceux qui meurent jeunes sont aimés des dieux. »
Donc, ne craignons pas la mort ; attendons-la, non comnie la fin de notre existence, mais comme sa transformation. Sachons, par la pureté de notre vie, par nos vertus, par la culture de nos facultés, par notre savoir, par l'exercice de la religion de nos ancêtres, nous préparer à l'instant critique de cette révolution naturelle, qui nous fera pénétrer dans le bienheureux séjour des sphères éthérées, au lendemain de notre mort I