‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 67 sur 81 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Où l'on ohtrolie Dieu, et où, oh«mln fcdsant, on déorit

rnniTors.

L*auteur demande la permission de consigner ici un grave entretien qu'il eut avec un sien ami, nommé Théophile, à qui il avait confié, pour lui en dire son avis et ses impressions, le manuscrit du Lende^ main de la Mort, Les termes de cet entretien comblent une lacune qui existait dans cet ouvrage, ainsi qu'on va le voir. Nous laisserons les deux interlocuteurs s'exprimer dans la forme ordinaire du dialogue.

THÉOPHILE (entrant dans le cabinet de l'auteur^ et jetant sv/r sa table le manuscri£\.

J'ai lu ton manuscrit tout entier, et je te dirai tout à l'heure mes impressions sur les points de dé«

tail ; mais je dois auparavant te signaler nne grande lacune dans ce travail.

l'auteur.

Qu'y manque-t-il?

(1 y manque Dieu.

l'auteur.

Mais....

THÉOPHILE (interrompant).

Tu vas me dire que tu prononces bien souvent ce nom ; que les mots de Providence, d'Auteur de la nature, de Créateur des mondes, etc., reviennent bien des fois sous ta plume. Cela est vrai; mais il est également vrai que tu ne sors pas de ces vagues dénominations, que tu ne dis rien de la personne de Dieu, et que tu ne cherches point sa place dans ce monde que tu parcours à si grandes enjambées, en compagnie des âmes, plus ou moins spiritualisées. Pourquoi cette réserve? et puisque tu nous dis que les âmes entièrement spiritualisées habitent le soleil, pourquoi ne pas nous dire où siège, d'après ton système. Dieu, le souverain maître des âmes? Quels motifs as-tu de laisser à l'écart une question d'une aussi grande importance?

l'auteur.

J'en ai beaucoup. J'ai d'abord les motifs de tout le monde. L'idée qu'il faut se faire de Dieu, pour le mettre en harmonie avec l'immensité sans bornes

l'univers. 427

de cet univers qui est son œuvre, dépasse tellement la portée de Tintelligence humaine, elle est si écrasante pour notre esprit, qu'on s'arrête, impuissant, découragé et comme effrayé de son audace, quand on ose se demander en quoi consiste Dieu.

THÉOPmLE.

Je serais pourtant bien surpris que tu aies reculé ainsi. Quand on édifie tout un système de Tunivers, on ne demeure pas en chemin. J'ai peine à croire qu'osant, comme tu le fais, fixer sur chaque degré de l'échelle de ta théorie tous les éléments du monde solaire, planètes et leurs satellites, astres et astéroïdes, plantes, hommes et animaux, êtres visibles et invisibles, âmes et corps, matière et esprit, tu n'aies pas assigné de place au Créateur; que dans cet immense édifice des mondes tu aies classé tout, excepté le grand architecte.

l'auteur.

Tu ne te trompes pas, ami. Dieu a sa place dans mon système.

THÉOPHILE

Pourquoi donc ne pas le dire? Pourquoi rester muet sur ce point ?

l'auteur.

Il y a déjà, dans mon livre, tant d'assertions hardies; je m'expose si bénévolement à la fureur des matérialistes et à la haine des dévots, à la double animosité des savants et des ignorants, que je craindrais de fournir un prétexte de plus, une arme nouvelle à leurs diatribes.

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