Flammarion, Pluralité des mondes habités, p
Les variations d'éclat qui se produisent dans quelques-uns des soleils qui éclairent les mondes lointains, doivent produire, comme le fait remarquer M. Flammarion, d'étranges résultats. Aujourd'hui, l'astre radieux déverse sur les planètes qu'il gouverne des flots de lumière et de feu, et le sol de cette planète demeure échauffé par ses brûlants rayons. Quelques mois après, sans qu'il existe au ciel le moindre nuage, l'éclat du soleil commence à s'affaiblir ; sa lumière devient de plus en plus terne, il n'envoie plus qu'une pâle et blafarde clarté. L'obscurité arrive peu à peu, enfin la planète est plongée dans d'épaisses ténèbres. Quand la diminution d'éclat du soleil est périodique, cette nuit universelle dure un temps bien déterminé, au bout duquel la clarté renaît ; sinon c'est au bout d'un temps variable que les ténèbres se dissipent. La lumière s'accroît peu à peu, et Ton finit par revoir, avec son éclat primitif, l'astre radieux. Les beaux jours, les brillantes illuminations reparaissent, jusqu'au moment où le même affaiblissement se produira dans la lumière et ramènera les ténèbres *.
Se figure- 1- on à quelles étranges alternatives doit être soumise la nature dans des régions vouées tour à tour à des chaleurs torrides et à des températures glaciales? Je suis convaincu que cette période glaciaire que les géologues ont établie dans l'histoire de notre globe, et pendant laquelle un abaissement notable et subit de température fit périr quantité d'êtres vivants , et couvrit l'Europe