‹ Le lendemain de la mort, ou, La vie future selon la scienceChapitre 7 sur 81 · Chapitres Ti et yii · texte numérisé non relu

Chapitres Ti et yii

en donne , l'âme a pour caractère Fimmatérialité et rimmortalité ; au contraire, le phénomène vital a pour caractère la mortalité et la destructibilité. L'âme est éternelle, la vie est au contraire condamnée â périr. L'une fait essentiellement acte de volonté, Tautre est soustraite à Tempire de la volonté, car la plupart de nos fonctions naturelles s'accomplissent indépendamment de nous. Gomment donc un même agent produirait-il des phénomènes d'une essence aussi opposée ? Dire que notre âme digère , qu'elle fait contracter nos vaisseaux et nos tissus , qu'elle fait circuler notre sang, voyager nos liquides, absorber les substances solides, liquides et gazeuses; dire que l'âme préside à la nutrition, à l'entretien , â la réparation de nos organes, prétendre qu'elle veille, comme un gardien âdèle , à l'entretien de la santé , qu'elle lutte par elle-même contre le mal qui nous menace, qu'elle se divise pour porter ses forces, ainsi qu'un général d'armée , au-devant de la maladie, c'est altérer l'idée que nous nous faisons de l'âme , de sa nature , de son rôle et de sa véritable essence.

Une seconde objection contre Vanimisme , tant ancien qpie moderne, c'est que nous n'avons aucunement conscience que notre âme soit chargée de l'office tutélaire que cette doctrine lui attribue. Nous avons parfaitement conscience de l'existence de notre corps et des fonctions naturelles qui s'y accomplissent. Nous savons que nous digérons, que notre cœur bat , que nos poumons respirent , mais aucun sentiment intérieur ne nous dit que c'est notre âme qui préside à toutes ces fonctions , et que l'ageut mys- I

térienx qui nous fait penser fait également digérer nos aliments ou battre notre cœur. La conscience consultée nous tiendrait plutôt un langage contraire. L'âme n'a le sentiment intime que d'elle-même, de ses actes et de ses états divers.

Pour répondre à ce solide argument, les défenseurs contemporains de Tanimisme disent, avecM. Bouillier, qu'il est « des perceptions insensibles, c'est-à-dire des phénomènes de l'âme qui, quoique très-réels, ne laissent pas de traces dans la conscience ^ » Mais les phénomènes qui traversent, pour ainsi dire, notre âme, sans y laisser de traces, ne sont que des impressions de peu d'importance et qui n'ont rien de comparable avec des actes physiologiques aussi considérables, aussi fondamentaux que la digestion , la respiration ou la génération animale.

Nous trouvons cette dernière pensée parfaitement exposée et développée dans un excellent ouvrage sur Stahl, publié par M. Albert Lemoine, professeur de philosophie à Técole normale de Paris. Dans le Vitalisme et V Animisme de Stahl , M. Albert Lemoine réfute , en ces termes , l'idée des perceptions insen-sibles qui a été mise en avant par les modernes aniinistes :

€ Quelle raison a-t-on de supposer, dit M. Lemoine, que rhématose, la construction et le développement du fœtus sont au nombre de ces perceptions insensibles, c'est-à-dire à peine sensibles? Y a-t-il quelque analogie dénature entre les exemples que Ton cite le plus volontiers de ces sortes de faits et les fonctions vitales ? Les circonstances qui accompagnent les

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