LA JEUNE FEMME
Nous mourrons ensemble.
CHENU, avec colère.
Aux Toix !
KEQUIN.
I«a mort.
La mort.
La mort.
LABICHE
DUGBOT.
BHETO.
Il me semble que...
CHENU, furieux.
Quoi?
EHETO.
La mort. (Il boit.)
CHEND, aux deux époux.
Mourez ensemble , mes pigeons.
(On amène Vauteur.)
GRIFFABD.
Voici aux pieds de la haute cour Tauteur de plusieurs détestables pamphlets antisocialistes, où Ton ne sait ce qui l'emporte du sens moral dé* pravé, ou du goût littéraire abâtardi. Ce misérable a prôté aux plus illustres citoyens des sentiments bas, féroces, et un langage ignoble; il a tourné en dérision le patriotisme et la sensibilité des âmes républicaines ; il a constamment servi la cause des riches et des heureux ; il a osé dire que Tavénement du socialisme serait une catastrophe pour la civilisation ; enGn , par son fanatisme , détesté même de ses amis, il n'a pas moins nui à la vraie religion quMl n'a voulu nuire au socialisme. On en trouverait au besoin la preuve dans les journaux religieux et réactionnaires de l'époque. Qu'il reçoive enfin la punition qu il a méritée !
CDENU, à V auteur.
Défends- toi.
l/AUTEUn.
A quoi 1 on ?
CUKHU.
Ta connais le sort qoi t'attend?
I*AtTEUB.
Aussi bien que je connais mes juges.
CHENU
Quel dommage qu'on ne roue plus! {Il fait signe aux jurés.)
BEQUIIV.
La mort.
LÀBIGBE.
La mort.
DtIC&OT.
La mort.
BHETO , à part.
Ce n'est pas ma yoix qui le sauverait... (J7au(.) La mort. (/{ boit.)
GHENt.
Enlevé t
t'AtTECR.
Gloire â Dieu !
{On amène Baisemain. — Sensation.)
GRIFFARD.
Citoyens membres de la haute sociale et frater" oellc) mon cœur est navré. Gomment pourrais-je,
sans douleur, voir comparaître devant vous, péleméle avec des absolutistes avérés ou des traîtres obscurs, celui qui fut notre frère et notre ami, celui que nous nommions avec orgueil l'éloquent Baisemain? Ame de Brutus, je t'invoque 1 Répands en moi, verse sur ces magistrats augustes tes pures et sublimes inspirations ! J'accuse Baisemain d avoir cherché à se faire et de s'être fait une popularité dangereuse, et de nature à faciliter de mauvais desseins contre le dictateur. Je lacouse d'avoir voulu séduire le peuple en lui développant des théories sensualistes, dont la réalisation > si elle est possible, ne peut être que fort éloignée. Je l'accuse d avoir troublé les consciences en professant ouvertement l'athéisme. Je laccuse enfin d'im*» moralité dans ses doctrines et dans ses mœurs. Ses doctrines ne tendent qu'à donner au peuple le goût peu républicain des jouissances et de la bonne chère ; ses mœurs sont déplorables, et vous savez tous avec quel éclat il vient de répudier la citoyenne illustre qui s'était généreusement donnée à lui.
camVé Pauvre Térébenthine I
GEIFFÀRD.
Citoyens, votre rôle est terrible, mais il est grand. Étouffez Tamitié, si elle vous conseille une fausse et dangereuse clémence. Songez à Brutus qui condamna ses fils, et bientôt après immola César.
Oh! oh!
RHETO.
GMFFÀED.
Quoi?
RHETO.
Ce n'est pas le même Brutus.
GUIFFÀRD.
Pédant, va! Je maintiens mes conclusions, et je l^equiers contre Baisemain la peine des traîtres.
CHEixn.
Baisemain, nous t'écoutons.
BAISEMAIN
Mes amis, mes bons amis, je suis malade. Accordez-moi une remise.
CHENU
Allons donc ! Tu sais que nous sommes pressés.
BAISEMAIN
Je demande un défenseur.
CHENU
Aux accusés patriotes la loi accorde des défeii- 8eui*s patriotes; elle en refuse aux traîtres.
BAISEMAIN
Je vois que vous voulez ni'assassiner.
CHENU
Défends-toi, et n'insulte pas la haute cour.
BAISEMAIN
Vous êtes des scélérats.
CHENU
C^est tout ce que tu as a dire?
BAISEMAIN
J^en appelle à la postérité; la postérité me vengera.
CHENU
Elle sera bien bonne I Je vais aux voix.
REQUIN
La mort.
La mort.
La mort.
La mort.
LABICHE
DUCBOT.
RHETO.
CHENU
La mort. (1 Vhuis$ier.) II doit y en avoir maintenant assez pour un conToi. Voici tes feuilles de route. A un autre I
( On amène un accmé. La séance contiwueJ)
(Le père Alexis se tient debout sur les nardieft d'oie église en ruine. Simplet est près de lui. Les passants sont pea nombreux ; quelques-uns s*arrêtent et attendent.)
UN PASSANT , à une marchande de petits gâteaux* Dites-moi, citoyenne, ce qu'on attend.