LE COMMANDANT
A moins qu'ils n'aient voulu tout simplement dépeupler la terre... Quel temps pour ceux qui aiment la paix !
GUYOT
Tout le monde soupire après la paix; mais voilà le malheur : personne ne la peut faire. Quand les révolutions sont commencées, c'est le diable, rien ne peut les finir. On croyait saisir la liberl^é, on
tombe dans l'esclavage; on croyait assurer spn bien-être, on ne fait que son malheur et celui d'autrui !
LE GOUMANDANT.
Dire que nous ne sommes même pas libres de rester tranquilles , et qu'il nous faut ravager notre pays, ou être guillotinés !
GUTOT.
Et tout cela pour nous reposer un jour sous la trique des Cosaques 1 car ils vont arriver. Divisés comme nous le sommes, nous ne résislerons guère.
LE GOHIIANDANT.
Quelle résistance veux-tu que fassent des gens que leurs concitoyens humilient, volent et assassinent? Quand les Cosaques seraient aussi insolents, aussi pillards, aussi féroces que nous, ils auront toujours plus de discipline, et les citoyens ne subiront plus du moins l'avanie d'être insultés dans leur propre langue. Je m'explique aujourd'hui bien des choses qui m'étonnaient. A voir ce que nous voyons , on apprend l'histoire !... Ce que je ne puis concevoir, c'est que les deux républiques séparatistes du nord et de Touest ne nous aient point culbutés.
GUYOT
Elles n'y ont pas renoncé. D'après les dernières nouyeiles, que j^ai reçues il y a quinze jours, les constitutionnels étant parvenus à se faire un dictateur, ont écrasé leurs socialistes. Ils vont sans doute s'affermir à présent. Les catholiques sont maîtres absolus dans rOuest : on ne voit pas chez eux l'ombre d'un socialiste. S'ils donnent la main aux constitutionnels, la république sociale est flambée.