‹ Le lépreux de la cité d'AosteChapitre 2 sur 5 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

Ah ! little think the gay licencious proud, Whom pleasure, powor and affluence surround... Ah! little think they while they dance allong... How many pine?... how many drink tlie cup Of baleful grief!... how many shake With ail tlie fiercer tortures of the mindl

(Thomson's Seasons, the W/nfer).

La partie méridionale de la cité d'Aoste est presque déserte, et paraît n'avoir jamais été fort habitée. On y voit des cliamps labourés et des prairies terminées d'un côté par des remparts antiques que les Romains élevèrent pour lui servir d'enceinte, et de l'autre par les murailles de quelques jardins. Cet emplacement solitaire peut cependant intéresser les voyageurs. Auprès de la porte de la ville, on voit les ruines d'un ancien château, dans lequel, si l'on en croit la tradition populaire, le comte René de ('hallant, poussé par les fureurs de la jalousie, laissa mourii- de faim, dans le quinzième siècle, la princesse

Il Lebbroso della Città di Aosta

Oh quanto poco coloro che vivono allegri nel fasto e nella licenza, tra i piaceri, la potenza e la ricchezza, quanto poco nei correr dall'uno all'altio ballo essi pensano a lutti quei miseri che intanto stentano epensano...

che intanto bevono l'amara coppa del dolore... che intanto vengono meno tr^ i più tìeri strazi del cuore.

Thompson, L'inverno.

La parte meridionale della città d'Aosta è al di d'oggi quasi deserta, e non pare essere stata mai di molto abitata. Tra le mura antiche romane e i muricciuoli nuovi di alcuni giardini giacciono ivi campi e prati solinghi. degni pur di chiamare l'attenzione dello straniero. Vedresti appresso alla porta della città le rovine di un castello dove nel secolo xv, secondo la ti'adizione popolare, il conte Renato di Challant, furente di gelosia, spense di fame la sua sposa Mencia

Mancie de Bragance, son épouse: de là le nom de Bramafarii (qui signifie cri de la faim), donné à ce château par les gens du pays. Cette anecdote, dont on pourrait contester l'authenticité, rend ces masures intéressantes pour les personnes sensibles qui la croient vraie.

Plus loin, à quelques centaines de pas(l), est une tour carrée, adossée au mur antique et construite avec le marbre dont il était jadis revêtu : on l'appelle la Tour de la Frayeur, parce que le peuple l'a crue longtemps habitée par des revenants. Les vieilles femmes de la cité d'Aoste se ressouviennent fort bien d'en avoir vu sortir, pendant les nuits sombres, une grande femme blanche, tenant une lampe à la main.

Il y a environ quinze ans que cette tour fut réparée par ordre du gouvernement et entourée d'une enceinte, pour y loger un lépreux, et le séparer ainsi de la société, en lui procurant tous les agréments dont sa triste situation était susceptible (2). L'hôpital de Saint-Maurice fut chargé de pourvoir à sa subsistance, et on lui fournit quelques meubles, ainsi que les instruments nécessaires pour cultiver un jardin. C'est là qu'il vivait depuis longtemps, livré à lui-même, ne voyant personne, excepté le prêtre qui de temps en temps allait lui porter les secours de la religion, et l'homme qui chaque semaine lui apportait ses provisions de l'hôpitiil (3). — Pendant la guerre des Alpes, en l'année 1797, un militaire, se trouvant à la cité d'Aoste, passa un jour, par hasard, auprès

principessa di lîraganza. Quinci il nome di Brannafame,. ossia gr-ido della farne, dato al castello da' paesani, e l'amore messovi dalle persone che intenerite credono a quella storia, della quale tuttavia potrebbesi contestare l'autorità.

Poche centinaia di passi più in là è una torrequadra appoggiata al muro antico ed edificata del marmo che lo intonacava. E detta la Torre della paura dal popolo, che la credè gran tempo abitata dagli spiriti ; e le vecchierelle di Aosta ricordano aver chiaramente per qualche buia notte vedutouscirne una gran donna bianca con una lucerna in mano.

Fu la torre, or sono quindici anni, restaurata per ordine del governo ed accerchiata di una cinta per albergarvi un lebbroso e separarlo cosi da ogni uomo, procacciandogli pure i conforti onde il suo miserostato lo lasciava capace. L'ospitale de' cavalieri di San Maurizio fu incaricato di provvedei'gli il vitto p e gli furono dati alcuni mobili, e gli attrezzi necessari alla coltivazione di un giardino. Là da graa tempo viveva egli seco stesso, non vedendo persona,, salvo il prete che di quando in quando gli veniva a dare i conforti della l'eligione, e un uomo che ogni settimana gli recava le provvisioni dell'ospitale. L'anno 1797, durante la guerra delle Alpi, un militare adoprato in essa capitò un giorno al giardino del Leb-

Au jardin du lépreux, dont la porte était entr'ouverte, et il eut la curiosité dV entrer. Il y trouva un homme vêtu simplement, appuj'é contre un arbre et plongé dans une profonde méditation. Au bruit que fit l'officier en entrant, le solitaire, sans se retourner et sans regarder, s'écria d'une voix triste : « Qffi est Jà, et que veut-on? — Excusez un étranger », répondit le militaire, « à qui l'aspect agréable de votre jardin a peut-être fait commettre une indiscrétion, mais qui ne veut nullement vous troubler. — N'avancez pas », répondit l'habitant de la tour en lui faisant un signe de la main, « a avancez pas: vous êtes axpri's d'an malheureux attaqué de la lèpre. — Quelle que soit votre infortune », répliqua le voyageur, «je ne m'éloignerai point; je n'ai jamais fui les malheureux; cependant si ma présence vous importune, je suis prêt à me retirer.

— Soijez le bien veuii ». dit alors le lépreux en se retournant tout à coup, « et restez, si vous l'osez, ^iprès rn'avoir regardé^. Le militaire fut quelque temps immobile d'étonnement et d'eflVoi à l'aspect de cet infortuné, que la lèpre avait totalement défiguré (4). « Je resterai volontiers », lui dit-il, « si vous agréez Ja visite d'un homme que le hasard à conduit ici. mais qu'un vif intérêt y retient ».

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