‹ Le Liban et l'expédition française en Syrie, 1860-1861. Documents inédits du Général A. DucrotChapitre 19 sur 20 · I.OiiO · texte numérisé non relu

I.OiiO

Musulmans. . . .

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ToTAi-x . . . 9.6 0 I 9.001' 8.620 53.115 .56.000 16.380 261.7ir.tl)

« On \oil (fiie les Mai'oniles étaient répartis entre les six .Muhdirats. et dans la plii|i;ir( lormaient la majorité, même dans ceux qui. coiniue le 5^ avaient un chef druse. Le but de cette réparlitioii était évi-

(1) D'autres liistoriens donnent des chiffres un peu différents, mais qui ne niotlifient pas sensililenient les apjjréciations du général.

(IcJil : grouper les iiitérèls par arrondissciiiL'ul el. par conséquent, détruire l'irréductible solidarité qui avait toujours groupé les cliréliens entre eux. et notamnienl les Maronites. » (1)

Après avoir signalé le vice fondamental des six MoiidiHés et leur ré|)ai'lili()n dél'cctueuse, le général Ducrot exprime sa pensée sui" la fixation des iinixJts et la composifioii du draiid Conseil :

" Le taux de riinjiùl. fixé par la Constitution, pouvait être supérieur au Irilml prélevé antérieurement pai' la Porte ; mais la nécessité de payer une légion de fonctionnaires, nommés par le gouverneur, plaie à peu près inconnue au Liban, portait presque au douille la somme à payer par les habitants, malgré les désastres récents.

« Les Maronites, (pu constituaient les 4 '5 de la population, étaient en outre les plus laborieux, les plus industrieux, les {)lus commerçants, et, à ce titre, fournissaient, non pas les 4 5, mais les 5 6 de l'impôt dû à la Porte.

" En ce qui concerne les fonctionnaires l'abus était i)ien pire. La Constilulion. sous prétexte de sauvegai'(I(M- tous les rites, avait fixé au détail le nombiv des fonctioimaii-es de tous oi'dres qui seraient pris tians telle ou telle religion : coWc fixation avait été l'ait(> arbitrairement. Poui' n'eu citer ([u'un exemple. !(■< \b'toualis devaieid axoii' ~i\) foiutioniiaires de leur religion, dont le li'aitemenl exigeait TON bourses : or.

(]) Général Ducrot, DoctiiDcnts inédits.

()H(;\MSAri()N 1)1 LIliA.X

vu leur petit uonil)re (3.000), ils n'étaient taxés, connue inipcM. ({u'à 70 lionrses. Il en était de même (les Druses, Musulmans, Gi'ccs. La dilïéY'ence était forcément prélevée sur les Maionitcs, cpii se liouvaient ainsi }»avei' pcnu" l(\s a\anlages laits à leurs adversaires relii^ieux. 11 est bon de l'emarquer que c'étaient ces mêmes Maronites qui avaient souffert des pillages, des incendies, des destructions de récoltes et de mûriers faits en ISliO (1).

« Le Grand Conseil, destiné à assister le Gouverneur, se composait de douze mend)res élus. Alais, au lieu de représenter, d'après leui" ini|)orlance numérique, les divers éléments de la itopulalicm. il-- représentaient, indépendamment de cette inq)ortance numérique, toutes les sectes religieuses. l*our 206.000 âmes, les Maronites n'avaient que deux membres dans le Conseil, foui connue les Grecs schismatiques (13.300) et les Grecs-unis (10.:.^00). Et si l'on considère seulement les deux grandes religions : clirétieits et nuisuliuiiiis, on voit que les premiers, '|)our 230.000 lial)itants, avaient (') représeidants, c'est-à-dii'e le même nond)re que les auli'es j)oni' 32.21.5 ba])ilants (2).

« Le Conseil ainsi constitué, ayant à décidei' de tou-

(1) Quand le général Ducrot analysait le rèolemenl du Liban et en soulignait les points défectueux, il ne savait pas que Daoud pacha exigerait encore des Maronites, après la mise en vigueur de ce règlement, le paiement des bourses pour deux années d'avance.

(2) Les statistiques données ici par le général Ducrot ne paraissent pas exactes. Elles diffèrent d'abord de celles qu'il a lui-même fournies ailleurs, et ensuite de celles des autres écrivains. (Voir le premier chapitre, pp. 16 et 17).

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