‹ Le Liban et la Syrie 18451860Chapitre 8 sur 15 · ET U 8TRIS · texte numérisé non relu

ET U 8TRIS

Turcs, c'est leur haine commune pour les chrétiens ()uis6vaDteût toujours de laproteclioo européenne. Ce sont les Anglais qui ont le plus contribué à rendre la Syrie aux Turcs, et depuis que la domination du sultan a remplacé celle du vice-roi d*£gypte, rAn-> gleterre a montré, soit par elle-même, soit par ses agents, soit par ses voyageurs, une laveur marquée auxDruzes dans tous leurs démélésavec les chrétiens. Lors des discussions pour l'organisation du gouvernementdu Liban, les ageDlsaDglaisavouaienthaulemeni ne pas pouvoir témoigner plus de bonne volonté pour les chrétiens que pour les Druzes. Dans le parlement anglais un orateur a tenté de rejeter sur leurs victimes le3 premiers torts et par conséquent la cause première des massacres; lord Pahiierston, lui-même, a paru être de cet avis; dans les papiers publiés récemment ' en Angleterre par le gouvernement, nous Usons dans une lettre .écrite par un voyageur anglais de distinction, M. Marvey propriétaire du Yiuht Claumore :

a Je ne crois pas que les Druzes voulussent attaquer une place défendue par une force anglaise, quelque faible qu'elle pût être; ils ont pour nous les plus grands égards et les plus grands respects. Grai*' gnanlque le rôle que j'ai joué ici ne leur inspirâtdes sentiments hostiles aui Anglais» et n'af fectêt la sécu-rité future des voyageurs dans le Liban, j'écrirai à mon ami Sayd« Bey-Djomblat, de Moktara, prince des Druzes, pour lui dire que je n*ai fait que protéger les femmes et les enfants. » • . . i . . .

Ëntia les Turcs sont convaincus que la Grande-Bre-

lagne est la seule puissance qui veuille, par tous les mo^eos, le maiaUen de l'intégrilé de Tempire oltoroan : ils voient leur boa vouloir pour les Druzes qui sonl dans le Liban et en Syrie le point d*appui de leur politique. Toutes ces causes ont toujours porté les autoritésottomanes, civiles et militaires, à favoriser les Druzes dans leurs différends, leurs discussions ou leurs luttes avec les Maronites et les Grecs catholiques ou non unis.

A quoi bon d'ailleurs accumuler les preuves de la partialité des autorités ottomanes et du triste rôle qu'elles ont joué en 1860, comme dans les événements de 1842 et de 16^1 lord John Russell, lord Palmerstoa lui-même» ont porté le jugement le plus sévère sur leur compte à la chambre des communes. Le sultan a adressé des instructions pleines de fermeté aux gouverneurs généraux de plusieurs provinces d'Asie, et enfin nous venons d'a[)prendre qu'Ahmel-Paclia, gouverneur général de la provinpe de Damas, et commandant en chef de l'armée d'Arabislan, amené à Conslanlinople après les massacres de Damas, a été sur-le-cbanip dégradé et renvoyé en Syrie pour y être mis en jugement; Khourebid-Pacha, gouverneur général de BeyrouUi» a été aussi mis en état d'arrestation. Le gouvernement ottoman lui-même s'est donc hautement prononcé contre les principales autorités turques qui ont en Syrie manqué à leur devoir le plus sacré. Le sultan, dont le cœur est paternel, avait dès le début écrit à r£mpereur pour lui exprimer le cbagrin que

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ET. LA STRIB

lui causaient les scènes atroces qui s'étaieat passées en Syrie, et cependant il était loin .encore de connaître l'affreuse vérité. C'eût été une bien grande faute de la part dugouverment oltoman que de chercber à eipliquer la conduite de ses agents dans le sens de la justification ou à rejeter sur les chrétiens rorigine des malheurs qui ont soulevé en Europe la conscience publique !

Je ne veux pas refaire ici la navrante histoire des derniers massacres ; il n'est pas nécessaire de surexciter le sentiment public^en France ; il a fait explosion par tous les organes de Topinion, et l'Empereur j a répondu par un acte de vigueur qui a rencontré une approbation unanime, vivement sentie.

Pourquoi raconter maintenant ce que tout le monde a lu, pourquoi revenir sur ces scènes de bar* barie et de carnage dans lesquelles les Druzes et les mu$ulmansQ'ontépargné niles femmes, ni les enfanis égorgés sur les genoux de leurs mères par un raffinement de cruauté atroce ? Hélas ! ces scènes hideuses s'étaient déjà passées en 1845 ; déjà l'enfanée avait été sans armes contre ces tigres; des femmes enceintes avaient été éventréesl d'autres, attachées toutes nues par les cheveux à la queue des . chevaux! En 1842, Scheik-Hamoud-Abou-Naked et son frère Sclieik-iNassif, avaient saccagé et incendié Deïr-el- Kamar et égorgé les habitants chrétiens. Us en avaient été punis seulement par la privation de leurs droits • . de mokatagis sur ce district dont ils étaient les

chefs, et d*où ils furent bannis ; en 1845, le même Scheik-Uamoud-Abou-Naked, osa, chose alors inouïe, porter une main sacrilège sur un prêtre catho- Uque, le père Charles de Lorette, massacré dans son couYent à Abey. Je demandai qu'il fCtt puni du dernier supplice. On sait comment il fut acquitté, puis seulenoient exilé. 11 vient de reparaître avec d'autres chefs druzes ; il s'est abattu sur cette malheureuse ville de Deïr-el-Kamar, où les massacres ont rappelé ceux de Gawnpore, avec cette circonstance odieuse, que 4es chrétiens s'étaient rachetés par une rançon, s'étaient confiés ?i l'autorité iiiiiilaire turque, et ont été livréa sans défense aux Druzes. Scfaeik-Hamoud«Abou*Naked » Fassassin du père Charles, le protégé de Schekib-Effendi,les scheiks de la famille Amad, et Scheik-Sayd-Djomblat, l'ami de H. Harvey, dirigeaient ces tueries, dont la présence de nos soldais vont, grâce à Dieu, nous l'espérons, délivrer pour jamais le Liban et la Syrie.

J'ai lu avec une scrupuleuse attention toutes les correspondances de Syrie publiées par les principaux journaux français et anglais ; dans toutes ces correspondances la férocité des Druzes, la félonie des troupes turques, les anxiétés et les calamités des cbré- . tiens sont signalées avec une égale vivacité ; aussi, le principal organe de la presse anglaise, le Times, n*at-il marcliandé ni son blâme aux autorités ottomanes ni sa profonde horreur pour les crimes des ^or-^ geurs, ni sa pitié pour les victimes, ni son admiration pour la déciaioA hardie et bienfaitrice de rjSmpereur .

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Les massacres aUeignireiit Zalilé, ville florissante, paisible» toute peuplée de clirétiens et située au pied du versant du Liban, qui descend dans la plaine de la Bekaa ; en même temps des scènes de meurtre se • passaient à Uasbéya et à iiachéya, deux districts situés dans l'Anti^Liban et où gouyement encore hérédilairement des princes de la famille Clieab, restés fidèles à rislamisme ; enfin, les égoigeurs druzes, bédouins, musulmans, habitant la Tille de Datoas, commencèrent les massacres et le pillage dans cette grande et riche cité. Là» ni les religieux européens, ni les officiers consulaires ne furent épargnésT; les consulats d'Angleterre et de Prusse furent seuls respectés. Le fer moissonna les hommes» les femnies . et les enfants, le feu détruisit les maisons que les égorgeurs, aidés des troupes ottomanes, avaient d'abord pillées et saccagées. Le nombre des Tiotimes de ces fureurs dont le récit seul fail frémir d'horreur et d'indignation s'élève, dans le Liban et à Damas, à plusieurs milliers ; nous n'en ferons pas le dénombrement, on peut le lire dans les journaux, car chaque jour arrivent de nouveaux détails,et chaque jour aussi on tremble d'apprendre de nouveaux malheurs.

Quelques musulmans de Damas se signalèrent par leujr charité envers les victimes de leurs coreligionnaires qu'ilsrecueillirent au milieu de celte effroyable boucherie. Un musulman, un ancien ennemi, Témir Abd-el-Kader, déploya un courage, une audace ré^ fléchie, une grandeur d'Ame, un dévouement cheval»-' resque plein de noblesse qui lui ont mérité de l'Em^

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