‹ Le Liban, la Galilée et RomeChapitre 13 sur 46 · ET LA MONTAGNE D’ÉPJIRAIM · texte numérisé non relu

ET LA MONTAGNE D’ÉPJIRAIM

comprennent pas l’histoire sans la géographie. Cherchez donc dans Tacite une idée de la campagne de Rome ou des paysages du golfe de Naples. Salluste écrit l’histoire de Jugurtha sans penser même une fois à la saisissante nature africaine.

Dans la Bible, au contraire, nous allons trouver à chaque pas des descriptions d’une exactitude photographique et courtes, cependant, tandis que les modernes sont souvent diffus à force de vouloir entrer dans les plus petits détails.

7 Novembre. — La nuit s’est passée sans pluie. Longtemps avant le jour nous sommes sur pied pour éviter les moustiques de ce lieu marécageux et des petites mouches qui piquent comme des épingles. Aux premières lueurs de l’aube, nous entrons dans la plaine d’Esdraélon.

A l’orient, un ciel limpide sur lequel flottent quelques petits nuages floconneux ; peu à peu ils se frangent d’or, puis l’or se change en feu. Le soleil paraît enfin entre le Petit-Hermon et le Thabor et verse ses rayons ardents sur ce noble et vaste paysage.

Nous passons le tell de Caimon , où une route, qui s’incline à droite, se dirige directement vers Jaffa. C’est par elle que s’avança, en 1799, l’armée française qui allait ajouter une bataille de plus (connue sous le nom de combat du Thabor) à toutes celles qui furent livrées dans cette plaine.

Ces tells , collines carrées évidemment taillées et terrassées par l’homme, sont fréquents dans ces pays qui ont été tant habités. Le tell de Caimon portait une ville lévitique.

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LA PLAINE d’ESDRAÈLON

En entrant en Palestine, nous avons trouvé les terres de Dan et de Nephtali; à Nazareth, nous étions dans celles de Zabulon ; à Khaifa, dans celles d’Aser. Nous entrons maintenant dans le domaine d’Issachar. Cette tribu ne joua jamais un grand rôle ; plus exposée que les autres aux incursions des nomades, amollie par la richesse du sol, elle eut un caractère fort bien décrit dans ces paroles de Jacob :

Issachar est comme un animal robuste, couché au milieu de son héritage.

Il a vu que le repos était bon, et que sa terre était excellente: et il a soumis son épaule aux fardeaux, il s'est assujetti aux tributs. (Genèse XLIX, 14-15.)

Après avoir traversé plusieurs jolis niisseaux bordés de lauriers-roses qui descendent du Carmel, nous arrivons pour la halte du milieu du jour à Mageddo, l’endroit central de la plaine, et qui lui donna quelquefois son nom.

11 y a là, près d’une fontaine pleine de cresson, un vieux figuier noueux, énorme, qui étend une ombre épaisse au loin.

Nous sommes au milieu des souvenirs du livre des Rois, et, ouvrant la Bible, toutes les grandes scènes d’autrefois passent vivantes devant nos yeux.

Derrière nous, sur le haut du Carmel, est une sorte de tumulus. C’est le lieu du sacrifice d’Élie. C’est là qu’il confondit les faux prophètes, et que, impitoyable et cruel comme l’ancienne loi, « il les mena au torrent de Kishon où ils furent mis à mort. » C’est là qu’ après avoir prié sept fois le Seigneur pour qu’il fit cesser la sécheresse, il vît enfin un nuage qui s’élevait de la mer

ET LA MONTAGNE d’ÉPHRAIM.

et dit à Achab : « Mets tes chevaux à ton char, de peur que la pluie ne te surprenne. Et voilà le ciel couvert de ténèbres, et les nuées et le vent, et une grande pluie. Achab montant donc sur un char s’en alla à Jezraël, et la main du Seigneur fut sur Élie, et s’étant ceint les reins, il courait devant Achab jusqu’à ce qu’il vînt à Jezraël. »

C’est de ce point encore que vient la pluie, et nos Arabes ne la craignaient pas hier, car les nuages sombres étaient au nord et non au-dessus du Carmel.

Devant nous est le Thabor, et, vaguement dessiné au-dessus de son sommet, le cône lointain et neigeux du grand Hermon. Le petit Hermon, ayant sur ses pentes Sunem et Naim, où deux fils uniques de pauvres mères furent ressuscités par la bonté de Dieu. Endor, où l’ombre de Samuel apparût à Saul. Les monts de Gelboé, où furent tués Saul et Jonathan, arides comme le jour où David s’écria : « Montagnes de Gelboé* que la pluie ni la rosée ne descendent jamais sur vous. »

Bien plus près, séparées de nous seulement par un enfoncement de la plaine j sont quelques huttes, seuls restes de jezraël, la cité d’ Achab et de Jézabel; En point vert, au pied de la colline, près d’une fontaine* est probablement le champ de Naboth;

L’impie Achab détruit, fet de son sang trempé,

Le champ que par le meurtre il avait usurpé ;

Près de ce champ fatal Jézabel immolée,

Sous les pieds des chevaux cette reine foulée ;

Dans son sang inhumain des chiens désaltérés,

Et de son corps hideux les membres déchirés ;

Des prophètes menteurs la foule confondue,

Et la flamme du ciel sur l’autel descendue ;

Élie aux éléments parlant en souverain.

LA l’LAlNE D'ESDRAÊLON

Mais ces vers, si beaux quils soient, qu’ils sont pâles à côté du récit effroyable et saisissant du quatrième ' livre des Rois. Assis sous le vieux figuier de Mageddo, toute la scène de l’usurpation de Jéhu se fixe dans la mémoire à tout jamais. Les princes : Joram, fils d’Achab, qui venait d’être blessé dans le pays de Galaad, au delà du Jourdain, et qui avait quitté son armée, Ochozias, roi de Juda, qui était venu voir son cousin germain, campés aux portes de la ville selon l’usage fréquent encore en Orient, où la véritable demeure semble être la tente. La conspiration qui avait pour âme le prophète Elisée, comme celle qui avait renversé Ben-Hadad du trône de Damas. L’armée soulevée par ce qu’on appellerait, en Espagne, un pronunciamento militaire, arrivant par la large vallée qui descend au Jourdain. Jéhu au premier rang. Joram tué dans le champ de Naboth, Ochosias blessé d’un coup de flèche au moment où il prenait la fuite, et venant expirer ici même, à Mageddo. La reine-mère Jézabel, vieille, fardée, mais altière et indomptable encore, sortant du harem pour savoir la cause du désordre, et ayant appris le désastre des siens, apostrophant l’usurpateur en lui disant : « la paix peutelle être avec celui qui a tué son maître? » Jéhu la faisant jeter du haut de son palais et fouler aux pieds des chevaux. Enfin, trait de génie qui termine le récit, l’hypocrite tyran justifiant ses crimes et ses vengeances, en disant : « C’est la parole du Seigneur! » (IV Rois, IX, 36.)

Après une longue halte, nous nous arrachons au passé et reprenons le chemin de Jénin. C’est une petite ville de deux mille à trois mille âmes, entourée d’assez beaux jardins. La route est longue et nous y campons pour la

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nuit. La tribu d’issachar venait jusqu’ici. Jénin est l’Engannin de la Bible. C’est entre Engannin et Mageddo, sur la route que nous venons de parcourir, que le pieux roi Josias ayant eu l’imprudence d’attaquer Néchao Pharaon d’Égypte , qui marchait contre l’Assyrie , fut tué dans le combat. Avec lui s’éteint la dernière lueur du royaume de Juda. Bientôt après devait venir Nabuchodonosor. Que ne laissait-il se consumer en luttes sanglantes ses puissants voisins ? Les prophètes avaient raison, les alliances étrangères furent toujours fatales au peuple juif.

8 Novembre. — Nous devons aujourd’hui traverser les terres de Manassé, et après avoir visité Samarie gagner Naplouse , l’ancienne Sichem , la métropole d’Éphraïm.

Immédiatement en sortant de Jénin, nous entrons dans des défilés, o les cornes de Joseph, les mille d’Éphraïm et les mille de Manassé. » La tribu guerrière de Manassé qui possédait ces étroits sentiers à travers les montagnes, devait protéger Israël contre les envahisseurs venant du nord : au commencement du livre de Judith, on ordonne aux fils de Manassé « d’occuper les chemins des montagnes et de garder tous les lieux, vers Dothain, où la route était resserrée. »

Après avoir traversé le grand village de Kubatiyeh, dont les habitants, fanatiques et pillards, sont la terreur des drogmans, nous entrons dans une sorte de coupe au milieu des montagnes. Elle est dominée par le château fort aujourd’hui démantelé, deSanûr, résidence d’une grande famille qui lutta longtemps, avec succès, contre les troupes d’ibrahim Pacha, lors de l’occupation égyptienne.

LA PLAINE d’eSDRAÊLON

On croit que c’est ici que s’élevait Béthulie, et que c’est dans cette plaine qu’Holopherne était campé, et que Judith s’étant introduite dans sa tente comme on sait , « frappa son cou par deux fois, coupa sa tête, » (Judith, XIII, 10.)

Déjeuner à Jeba, vieux village pittoresque entouré de grands bois d’oliviers.

De là, quittant la route directe de Naplouse, nous allons vers Samarie par des sentiers à pic qui contournent les flancs de la montagne.

C’est une magnifique journée d’automne; une légère brume bleuâtre embellit les objets lointains sans les assombrir. La vue est immense. Nous dominons entièrement tout le paysage , d’abord un pays mamelonné où nous voyons, au nord, la colline de Dothan, près de la route des caravanes qui va de Syrie en Égypte, et où Joseph fut vendu par ses frères; la plaine de Sarons ensuite, puis la mer. L’air est frais sur ces hauteurs , les hammals cherchent à se couvrir , tandis que de rudes montagnards arabes passent nus, presque jusqu’à la ceinture, pour ne pas gêner leur marche.

Il faut descendre par des gorges escarpées pour gagner Samarie. L’ancienne capitale du royaume d’Israël était située sur une éminence isolée, au milieu d’un amphithéâtre de collines. Elle était à la fois forte et entourée d’un pays fertile, et Amri, père d’Achab, qui l’avait achetée à Somer pour deux talents d’argent, avait bien choisi sa résidence.

Lorsque Jéroboam s’était séparé de la maison de David et du royaume de Juda, il avait d’abord établi sa capitale à Sichem, la principale ville du royaume du Nord. Mais les rois d’Israël qui, avec leurs usurpations

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fréquentes, leurs meurtres, lenrs caprices, avaient tout à fait le caractère des despotes orientaux, je crois que ie pourrais ajouter des despotes de tous les temps et de tous les pays, voulurent se construire des résidences à part, des parcs, des harems. On les voit changer de Sichem à Thirza, de Thirza à Samarie. Achab même, fds d’Amri, quitte les palais de son père pour aller habiter Jezraël. Samarie finit néanmoins par rester la capitale.

Sa forte position la fit résister à plusieurs sièges, dont nous voyons le récit dans le livre des Rois. Mais ses monarques presque idolâtres, ses alliances impolitiques, tantôt avec Damas, tantôt avec l’Assyrie, devaient enfin attirer sur elle le malheur.

Salmanasar, roi de Ninive (724-712), la prit d’assaut et déporta ses habitants sur les bords du Tigre, manière de gouverner qu’imitent de nos jours les tsars très-orthodoxes de la sainte Russie.

Rien ne reste de la ville d’Amri et de Jéhu, et en présence de cette désolation, de ce néant, des souvenirs de ces crimes, de ces massacres, de ces rois d’Assyrie, on lit avec saisissement les imprécations éloquentes et bi zarres d’Ézéchiel, où comparant Samarie et Jérusalem à deux courtisanes, filles d’une même mère, il montre le même sort qui attend leurs débauches et leurs infidélités au Tout-Puissant.

Fils de l’homme, deux femmes furent les filles d'une seule mère.

Et leurs noms Oollah l’aînée et Oollibah sa sœur... Et Oollah est Samarie, Oollibah Jérusalem.

Et Oollah a succombé, et elle a aimé avec fureur ses amants, ses voisins d’Assyrie,

LA PLAINE n’ESDRAF.LON

Vêtus d’hyacinthe, princesdes peuples, jeunes, les élus deses désirs; tous cavaliers, maniant habilement les chevaux.

Elle a prodigué bcs amours aces élus, et elle s’est souilléedu culte impur de tous ceux qu’elle a aimés.

Et elle n’a pas renoncé à ses débordements d’Égypte...

C’est pourquoi je l’ai livrée aux mains de ceux qu’elle a aimés, des fils d’Assurqui enflammaient ses fureurs.

Et ils l’ont tuée avec le glaive ; et elle est devenue fameuse, et ses amants ont accompli ses jugements sur elle.

Après l’avoir vu sa sœur Oollibah a surpassé sa folie et a ajouté sa lubricité à la lubricité de sa sœur.

Elle s’est livrée impudemment aux fils des Assyriens, aux chefs des soldats, aux princes du peuple, qui venaient à elle vêtus d'habits de diverses couleurs, aux cavaliers montés sur de superbes coursiers ; tous sont devenus les élus de ses désirs.

Et elle a multiplié ses impuretés quand elle a vu des hommes peints sur la muraille; images des Chaldéens tracées avec des couleurs.

L"urs baudriers sur les reins, des tiares éclatantes sur la tête ayant tous l’aspect guerrier et l’air des enfants de la Chaidée, terre de leur naissance.

Et les fils de Babylone vinrent à elle, au lit de ses crimes et ils la souillèrent de leurs ardeurs... et son âme se rassasia d’eux.

... Et je me suis retiré d’elle, comme je me suis retiré de sa sœur.

Car elle a multiplié sa honte se ressouvenant des jours de sa jeunesse et de la terre d’Égypte.

Et elle s’abandonna avec rage aux embrassements de ceux dont l’approche est comme celle de l’onagre et la force comme celle du taureau.

C’est pourquoi, Oollibah, voici ce que dit le Seigneur Dieu : Moi je susciterai tous tes amants contre toi, ceux dont ton âme s’est rassasiée et je les assemblerai de toutes parts.

Les fils de Babylone et tous les Chaldéens, les illustres, les rois, les princes du peuple, les fils de l’Assyrie, les élus de tes désirs et tous ceux qui montent de3 chevaux.

Ils viendront contre toi avec des chariots et une multitude de peuples armés... ils te jugeront suivant leurs justices.

Ils te dépouilleront de tes vêtements, et ils enlèveront les instruments de ta gloire.

Et je ferai cesser le crime en toi... et tu ne te souviendras plus de l’Égypte...

ET t.A MONTAGNE I)E PII HUM.

Je te livrerai aux mains (le ceux que tu abhorres, aux mains de ceux dont ton âme s’est rassasiée... Ils te laisseront nue et pleine d'ignominie...

Ils te traiteront ainsi parce que tu as succombé aux nations, et que tu t’es souillée devant leurs idoles.

Tu as marché clans la voie de ta sœur et je te mettrai dans la main son calice... Tu seras en dérision et en opprobre... car ce calice est immense...

Et tu t’enivreras de douleur, et tu boiras l'affliction et la tristesse dans le calice de ta sœur Samaric.

Et tu le boiras et tu l’épuiseras jusqu’à la lie, tu en dévoieras les débris, et tu déchireras ton sein : parce que moi j’ai parlé, dit le Seigneur Dieu.

(Ézéchicl, XXIII.)

La vigueur, l’inspiration puissante de ces paroles terribles, le lieu où on les lit, cachent ce qu’ elles peuvent avoir d’étrange et d’effrayant à la faiblesse moderne et à la pruderie de l’Occident. La malédiction du Ciel est bien tombée, sur Samarie. Ilérode le Grand essaya de la reconstruire, et les restes d’une colonnade, l’emplacement d'un cirque datent de lui. Mais Samarie retomba bientôt, on n’y voit plus que quelques musulmans fanatiques, groupés autour d’une mosquée, qui fut une église.

Une tradition veut qu’ici eut lieu la scène de la mort de saint Jean. Mais il paraîtrait qne ce fut dans «ne des forteresses des Ilérode, au delà du Jourdain, probablement à Machéro , qu’une femme cruelle fit décapiter le grand précurseur.

De Samarie à Naplouse, nous suivons une riche vallée, d’un aspect tout différent de ce que nous avons vu jusqu’ici dans la Terre Promise ; de riches récoltes, de beaux jardins d’oliviers et d’arbres fruitiers, qui se changent en approchant de la ville en une véritable

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forêt. Des fontaines de tous côtés avec des ruines de construction romaine ; une profonde verdure qui contraste avec les croupes nues de deux grandes montagnes, arrondies. Le mont Ebal, au nord, au sud, le mont Garizim, le lieu sacré des Samaritains.

Cette secte pseudo-juive, et qui se compose maintenant de cent à cent-cinquante individus seulement, qui habitent Naplouse et ses environs, descend des peuplades asiatiques qui remplacèrent les Juifs aux temps de la captivité. Dès le règne du premier Darius, on les voit convertis partiellement au judaïsme, mais ils avaient supprimé plusieurs des pratiques incommodes, la dis-

tinction du pur et de l’impur, etc. Les Juifs orthodoxes de Jérusalemles détestaient plus que des idolâtres. Nous parlerons plus tard de la visite de Notre- Seigneur à Sichem, mais qu’il nous suffise de dire que plusieurs de ses disciples étaient Samaritains, et que Pierre et Jean prêchèrent l’Évangile avec beaucoup de succès parmi eux.

A l’exception d’Hébron, nul lieu n’est aussi rempli du souvenir des patriarches que Sichem. Elle s’élevait probablement un peu plus à l’Orient que la ville actuelle qui, chose extrêmement rare dans l’immuable Asie, a perdu son nom sémitique pour prendre un nom dérivé de la cité élevée par Vespasien (Neapolis-Naplouse) .

Abraham vint ici quand il arriva de Mésopotamie dans la Terre Promise. Jacob s’y établit avec Rachel et. Lia, lorsqu’il fut épargné par la générosité et la bonté de son frère Ésaii, que l’antipathique aïeul du peuple Juif trompa alors comme toujours.

Par l’ouverture de la vallée, au loin à l’est, au delà

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du Jourdain, on peut voir les montagnes, parmi lesquelles descend le torrent Jaboc où Jacob rencontra son frère. Plus près son premier campement à Succoth.

Il vint ensuite ici, « et il acheta au prix de cent agneaux, des enfants d’IIemor..., une portion du champ où il avait aussi ses tentes. » (Genèse, XXXIII, 19.) On voit que la propriété foncière est pour le moins une assez vieille institution.

Il y resta jusqu’au moment où ses fils, Siméon et Lévy, massacrèrent lâchement, et par une ignoble trahison, les Sichémites,pour venger l’injure de leur sœur Dina,

C’est ici que Josué, selon l’ordre de Moïse , conduisit les Israélites, après qu’ils eurent passé le Jourdain et pris Jéricho et Haï, pour entendre la bénédiction et la malédiction.

Les lévites les prononçaient entre les deux montagnes, et debout au sud, sur le Garizim, les tribus d’Ëphraïm, deManassé, de Siméon, d’Issachar, de Judaet de Benjamin répétaient les bénédictions ; tandis que les malédictions étaient répétées au nord, sur le mont Ebal, par les tribus de Ruben, de Gad, d’Aser, de Zabulon, de Dan et de Nephtali.

Avant la nuit, nous visitons la ville assez animée et commerçante. Grande foule dans les bazars. La population est célèbre pour sa turbulence, mais Ibrahim- Pacha y réprima un soulèvement avec une telle sévérité, quelle a été plus paisible depuis.

9 Novembre. — En sortant de Naplouse, sur la route de Jérusalem, est un lieu qui ne le cède en sainteté A

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aucun autre endroit de la Palestine, et qui a, en outre, une authenticité des plus incontestables et, je puis ajouter, des plus incontestées.

C’est le puits que creusa Jacob, dans le champ qu’il avait acheté d’Hémor, et qui a toujours porté son nom. Qu’on n’en soit point étonné. Rien ne change en Orient. Une fontaine, un puits qui ne tarit pas, y ont toujours eu une grande importance.

Les disputes et les guerres des peuples de bergers viennent bien plutôt de l’eau que des pâturages.

Dans Livingstone et les autres explorateurs de l’Afrique australe, ne voit-on pas les puits, stations principales du désert Kalahari, prendre le nom du chef qui y abreuve ses troupeaux ?

Jacob laissa à Joseph cette eau et ce champ, et les descendants d’Ephraïm et de Manassé, fils de Joseph, y enterrèrent au centre de leurs possessions, les ossements de leur ancêtre, qu’ils n’avaient pas voulu laisser dans la terre d’Égypte. A peu de distance du puits, on voit l’emplacement de ce tombeau.

Mais ce n’est pas là encore le souvenir qui va jusqu’au cœur de tout chrétien qui passe. Laissons parler saint Jean.

Jésus quitta la Judée et s’en alla de nouveau en Galilée. Or il fallait qu’il passât à travers la Samarie. Il vint donc en une ville de Samarie, nommée Sichar, près de la terre que Jacob donna à Joseph son fils. Là était la fontaine de Jacob.

Jésus donc, fatigué du chemin, s’assit sur la fontaine, c’était vers la sixième heure.

Une femme samaritaine vint puiser de l’eau. Jésus lui dit, donnez-moi à boire. Car ses disciples s’en étaient allés à la ville pour acheter de quoi se nourrir. Or cette femme samaritaine, lui dit : Comment vous qui êtes Juif me demandez-vous à boire moi

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