ET LA MONTAGNE D’ÉPHRAIM
qui suis Samaritaine? Les Juifs ne communiquent point avec les Samaritains. Jésus lui répondit : Si vous saviez le don de Dieu, et qui est celui qui vous dit : Donnez-moi à boire; vous lui en auriez peut-être demandé, et il vous aurait donné de l’eau vive. Cette femme lui dit : Seigneur, vous n’avez pas de vase pour puiser, et le puits est profond, d’où auriez-vous donc cette eau vive? Etes vous plus grand que Jacob notre père qui nous a donné le puits? Et lui-même en a bu et ses enfants et ses troupeaux. Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif. Mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif. Mais l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine jaillissante jusqu’à la vie éternelle. La femme lui dit : Seigneur, donnez-moi cette eau afin que je n’aie plus soif et que je ne vienne plus en puiser ici. Jésus lui dit : Allez appeler votre mari et revenez.
La femme lui répondit : Je n’ai point de mari. Jésus lui dit : Vous avez bien dit je n’ai point de mari. Car vous avez eu cinq maris et celui que vous avez maintenant n’est point votre mari, et en cela vous dites vrai.
La femme lui dit : Seigneur je vois que vous ôtes prophète.
Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous dites que Jérusalem est le lieu où il faut adorer. Jésus lui dit : Femme, croyez-moi, l’heure vient que vous n’adorerez votre père ni sur cette montagne ni dans Jérusalem.
Vous adorez ce que vous ne connaissez pas, pour nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs, Mais l’heure vient, elle est venue que de vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité car le Père demande de semblables adorateurs.
Dieu est esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité.
Ces paroles sublimes du Sauveur frappent même ceux qui ne croient pas en lui.
Voici ce que Renan dit à ce sujet :
« Le jour où il prononça cette parole il fut vraiment fils de Dieu. Il dit pour la première fois le mot sur lequel reposera l’édifice de la religion éternelle. Il fonda le culte pur, sans date, sans patrie, celui que pratiqueront toutes les âmes élevées jusqu’à la fin des temps. Non-seulement sa religion, ce jour-
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là, fat la bonne religion de l’humanité, ce fut la religion absolue. »
Dans les âmes qui, bien que fourvoyées, restent fidèles à F idéal en repoussant le matérialisme qui fait de l’homme un animal (seulement un peu plus vicieux que les autres animaux) , il est des moments où la vérité reprend son empire.
Assis sur la margelle du puits, nous pouvons être certains que nous sommes au lieu où se passa cette scène touchante, si pleine d’espérance pour celles qui ont erré.
En parcourant les sentiers qui mènent d’ici à Jérusalem, nous .suivons un chemin qui a été souvent pris par le fils de Dieu. Nous pouvons songer aux voyages heureux dans ce beau pays quand les douces leçons du maître charmaient les fatigues de la route.
Après le puits de Jacob est une assez vaste plaine, ensuite nous escaladons des collines. Dès le matin, de grands nuages menaçants venant de la mer couvrent le Garizim et la chaîne des montagnes d’Éphraïm. La pluie nous surprend au moment où nous étions sur le point de nous détourner du chemin direct pour aller visiter dans une vallée ovale les restes informes de Shiloh. C’est une pluie torrentielle; en un instant nous sommes ruisselants d’eau, mes hommes ne peuvent plus avancer sur un sol détrempé et raviné de crevasses profondes où l’on enfonce parfois jusqu’à la cuisse, sensation trèseffrayante. Je me traîne péniblement, car, si la volonté ne me manque pas, les forces me font entièrement défaut. Enfin, nous apercevons comme un port de salut le pauvre village arabe de Lubban, la Lebonah de l’Ëcri-