‹ Le Liban, la Galilée et RomeChapitre 28 sur 46 · I.K FORUM KT LE VATICAN · texte numérisé non relu

I.K FORUM KT LE VATICAN

Titus est le plus laid des deux, son expression est sinistre. Ses cruautés pendant la guerre des Juifs, ses carnages lors de la dédicace du Colisée, ne nous disposent pas en sa faveur. Son règne fut bien court (79-81). Peut-être ne lui manqua-t-il que le temps pour devenir un Domitien.

(80) Plotine, la femme bien négligée d’Adrien, ressemble à une belle anglaise, quand la mode était d’avoir des tresses de cheveux au-dessus du front.

Deux bustes du plus grand intérêt nous donnent les traits des triumvirs Lépide et Marc-Antoine. Le premier vaniteux, incapable et cruel, a une figure laide et basse. Marc-Antoine au contraire a des restes de beauté. Cicéron lui reproche bien souvent cette beauté et les mœurs de sa jeunesse. Même dans l’antiquité, les partis avaient donc cette ridicule manie de se jeter leurs alcôves à la tête.

La perle du Braccio Nuovo est le bel Athlète (6) trouvé en 1849 dans le Trastevère. On croit que c’est une copie de la statue de Lisippe que Tibère, fin amateur, fit enlever aux Thermes d’ Agrippa pour la mettre dans ses appartements; chose qui déplut si fort à la populace, soutien ordinaire des Césars, qu’il crut devoir faire replacer la statue. Remarquez encore la statue gigantesque du Nil, empreinte d’une si profonde bonté, et les deux Faunes si gracieux (32, 33) qui servaient à orner une fontaine. L’eau sortait parles outres qu’ils portent à la main.

Une longue galerie nommée, musée Chiaramonti du nom de Pie VII conduit à la cour du Belvédère et au musée appelé Pio Clementino des noms des papes Clément XIII (Rezzonico) 1758-1769, Clément XIV (Ganganelli) 1769-1774, et Pie VI (Braschi) 1775-1800.

370 i.k forçai rr i.k Vatican.

Ou ) remarque un grand nombre de portraits intéressants. César vieux, en grand pontife, Auguste jeune (400), Tibère, Livie femme d’Auguste (530), Julie sa tille avec Caius et Lucius ses fils (417-418-418) et ce qui vaut mieux que cette monstrueuse famille née pour le malheur de l’univers, deux portraits de Cicéron (422-698), la plus illustre des victimes d’Octave et dont la mort seule suffirait pour lui mériter la haine de la postérité. Beaucoup d’inscriptions et de bas-reliefs d’urnes sépulcrales donnent des notions fort curieuses sur les habitudes des Romains et leurs idées sur la mort. Mais nous n’avons pas la prétention de parler sur ce sujet et nous renvoyons le lecteur à deux chapitres de l’histoire romaine à Rome d’ Ampère, les meilleurs peut-être de son ouvrage.

En entrant dans le musée Pio Clementino, on aperçoit d’abord le Torse fameux, qu’étudièrent tour à tour Michel-Ange et Raphaël, si prodigieux de vie et de mouvement malgré sa mutilation. Mais ce n’est qu’avec le temps et l’étude des chefs-d’œuvre que l’œil perfectionné parvient à apprécier ces fragments.

Le Torse, les marbres Elgin à Londres, etc. , même certains groupes fameux ne donnent un plaisir sincère qu’à la longue. Ainsi ce n’est que cette année que j’ai compris tout à coup la beauté sublime du Laocoon, la douleur tragique qui plane sur toute cette scène, le père qui songe à ses enfants, les enfants qui ont l’air de dire : « Père, délivrez-nous ! » Quoique le sujet soit violent, il n’y a ni grimaces ni contorsions»

Les Lutteurs de Canova au contraire, qu’on a mis parmi ces chefs-d’œuvre antiques, ont la grossièreté des forts de la halle, et cependant Canova fut un des sculp-

Page 1