‹ Le Liban, la Galilée et RomeChapitre 29 sur 46 · I.F. FORUM ET I.E VATICAN · texte numérisé non relu

I.F. FORUM ET I.E VATICAN

teurs les plus pénétrés de l’esprit de l’antiquité. Le Belvédère où se trouvent ces statues était jadis séparé du Vatican par de grands jardins. C’était un pavillon de plaisance. Alexandre VI et César Borgia y furent empoisonnés, dit-on, dans un festin où ils voulaient faire subir ce même sort à plusieurs cardinaux. On ne doit pas attacher trop de foi aux histoires d’empoisonnements, mais celle-ci semble assez probable.

Parmi les autres chefs d’œuvre du Belvédère sont le Méléagre et l’Apollon. Le Méléagre est le plus sympathique, car il est plus entièrement humain.

11 fut trouvé près de la Porta Portese sur l’emplacement des jardins de César. C’est peut-être le portrait d’un ami du vainqueur. J’ai vu des personnes qui avaient ce type. La tête a beaucoup de ressemblance avec celle de lord Byron dans sa jeunesse.

L’Apollon est le dieu du jour, de la lumière, le glorieux vainqueur des ténèbres de la nuit. Sa tête est fière, sa narine est enflée par la lutte et le dédain.

Je ne sais où l’on a trouvé qu’il est efféminé.

Ce sont des phrases de cette déplorable école de pédants modernes qui veulent que le mot virilité soit synonyme de laideur et de brutalité.

Depuis quelque temps, à la feuille de vigne classique on a cru devoir ajouter des emplâtres qui font un assez triste effet. Dans Saint-Pierre, des tuniques en stuc ont singulièrement enlaidi les tombeaux de Canova : on accuse de cette innovation Mgr T*** aussi remarquable pour sa piété que pour ses manières désagréables et son esprit étroit. Le sujet est délicat assurément, mais on le considérait autrefois selon le véritable esprit romain avec une plus grande largeur de vues.

LE FORl'M ET LE VATICAN.

A la suite du Belvédère sont plusieurs salles magnifiques que je ne puis tenter de décrire. Je recommande à ceux qui veulent les bien connaître le catalogue qui se vend à la porte du musée; le français en est assez risible, mais le livre est bien fait.

Dans une des salles se trouvent des statues d’animaux en marbres précieux ; dans une autre est une collection très-nombreuse de statues impériales et de bustes; un beau vase (422) autour duquel est sculptée une danse bachique d’une conservation et d’un mouvement étonnant ; une urne en albâtre oriental qui contenait les cendres de Livilla fille de Germanicus.

Dans la plus belle de ces salles qui est ronde, se trouve au centre une vasque de porphyre rouge de 41 pieds de circonférence provenant des Thermes de Dioclétien. Le pavé est une immense mosaïque trouvée, ainsi que plusieurs autres, à Otricoli.

Une des principales villas des Empereurs s’élevait près de ce village, maintenant si misérable et si sauvage, où l’on passait une si mauvaise nuit en allant en voiture de Rome à Florence par l’Ombrie. C’est un des lieux comme Ostie, comme la villa d’Adrien à Tivoli où les fouilles ont été très-fructueuses.

En effet, après l’abandon causé par des désastres si extraordinaires qu’on a beaucoup de peine à se les figurer, ces lieux étaient restés déserts, tandis qu’à Rome qui fut toujours peuplée, la présence des hommes, presque retournés à la barbarie, fit tant pour détruire et les monuments et les œuvres d’art. Cependant dans Rome même que de choses découvertes déjà, que de choses à découvrir encore ?

La statue qui attire, tout d’abord, les regards dans

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