‹ Le libéralisme dans la Province de QuébecChapitre 10 sur 12 · CONDUITE DES LIBERAUX ENVERS MGR FABRE · texte numérisé non relu

CONDUITE DES LIBERAUX ENVERS MGR FABRE

Aux yeux de quelques-uns, cette opinion paraîtra peut-être hasardée, exagérée, fausse, tout-à-fait insoutenable. Eh bien ! voyons un peu. Tout le travail impie, qui se poursuit avec calcul, habilité et persévérance, sournoisement ou publiquement, contre la religion catholique au Canada, depuis plus de quarante ans, n’estce pas le fait, au moins en très-grande partie, de nos libéraux eanadiens-français ? Quels sont ceux qui ont conçu le dessein d’appliquer la loi de l’influence indue au prêtre, parlant en chaire, et qui lui ont déclaré une guerre à mort au moyen de cette loi ? Ce ne sont ni les protestants, ni les orangistes, mais bien nos libraux canadiens-français. Quels sont ceux qui rédigent, soutienneut, encouragent et propagent les journaux les plus révolutionnaires du pays, les plus acharnés contre l’autorité de l’Eglise et ses libertés ? Ce ne sont ni les protestants, ni les orangistes, mais bien nos libéraux canadiens-lrancais. Quels sont ceux qui déversent le mépris sur nos congrégations religieuses d’hommes ou de femmes, qui excitent contre elles le:; plus brutales convoitises, en les représentant comme des associations qui accaparent la fortune publique au profit de la fainéantise de l’ignorance et de la mollesse ? Ce ne sont ni les protestants, ni les orangistes, mais bien nos libéraux canadiens-fra içais. Quels sont ceux qui ne parlent du clergé que pour le bafouer, le calomnier, le représenter comme un éteignoir qui tient le peuple dans l’ignorance, afin

de l’exploiter, de le sucer jusqu’au sang ? Ce 11e sont ni les protestants, ni les orangistes, mais bien nos libéraux cauadiens-français. Quels sont ceux qui ‘font métier de répandre clandestinement parmi le peuple ces livres, ces brochures infâmes où l’Eglise et ses ministres sont chargés de tous les crimes, et, par un ignoble travestissement de l’histoire, signalés comme les pires ennemis de la société, comme des engins de carnage, de destruction et de ruine ? Ce ne sont ni les protestants, ni les orangistes, mais bien nos libéraux canadiens-français. Le jour où l’on connaîtra parfaitement, si jamais c’est possible, tout ce que nos libéraux ont mis en œuvre pour corrompre, démoraliser, révolutionner et déchristianiser notre peuple, on sera véritablement stupéfait de tant de perversité et de malice.

Certains de nos libéraux en sont même arrivés à ce degré de cynisme qu’ils réclament comme un droit la liberté d’attaquer toute vérité qui leur déplait, de salir, de conspuer et de profaner tout ce qu’il y a de respectable et de sacré, sous n’importe quel prétexte. Ils en ont donné une preuve évidente, il y a quelques années, quand Mgr Fabre, archevêque de Montréal, se vit obligé de mettre un terme au torrent de choses nlalsaines et empoisonnées que charriait dans toutes les directions l’un de leurs principaux organes de publication, le Canada-Revue. La défense qu’il fit de recevoir et de lire la dite Revue nous les montra une fois de plus sous leur vrai jour. Si jamais défense fut fondée en raison, c était bien celle -là ; il y eut néanmoins grand émoi tout d’abord dans le camp libéral, puis ensuite exaspération portée à son comble, à tel point qu’on résolut de citer le prélat devant les tribunaux civils. De cette détermination on passa vite à l’ exécution, et Mgr Fabre fut poursuivi sous l’accusatien d’avoir agi arbitrairement et abusé de son autorité, par suite d’avoir causé de grands

et injustes dommages aux propriétaires du Canada-Revue , et l’on concluait en réclamant de Sa Grandeur des dommages et intérêts qui s’élevaient à une forte somme.

Par cette tactique, nos libéraux se proposaient d’empêcher Mgr Fabre, qui naturellement ne pouvait que souffrir beaucoup de se voir en butte à des tracasseries de ce genre, de sévir contre d’autres publications, et ils espéraient, en outre, intimider les évêques des autres diocèses et les forcer de se tenir cois sur le compte de la mauvaise presse, en leur montrant, par l’inouï de ce fait brutal, à quels désagréments ils s’exposaient, s’ils tentaient de réprimer ses audaces et ses excès. Après bien des lenteurs, la cause fut enfin plaidée et perdue pour les libéraux. L’Eglise y perdit, malgré tout, de son prestige et de son autorité, bien que de prime abord elle parut avoir complètement triomphé. En effet, le juge, dans les considérants de sa sentence, assimila l’Eglise catholique à n’importe quelle association civile, qui n’a de pouvoirs et de droits que ceux que lui a reconnus l’Etat, en lui dominant l’existence légale par un acte d’incorporation. L’Angleterre cependant n’a jamais envisagé les choses de cette façon ; au Canada, elle reconnait l’Eglise telle qu elle est, avec ses droits propres. C’est ce qu’elle entend évidemment quand elle dit que nous avons le libre et plein exercice de la religion catholique.

En temps opportun, les libéraux sauront tirer parti de ce nouveau mode d’existence qu’on reconnaît à l’Eglise, au Canada ; et, à ce point de vue, ils ont plus gagné qu’ils n’ont perdu. Quelque déloyales que soient leurs manœuvres, elles finissent toujours parleur lais, ser entre les mains un lambeau de notre vieil héritage catholique.

QUEL EST LE PLAN DES LIBERAUX RELATIVEMENT AUX ECOLES DANS LA PROVINCE DE QUEBEC.

Une chose est tout-à-fait. certaine : c’est que dans le plan concerté depuis longtemps entre nos libéraux, le règlement Laurier-Gfreenway de la question des écoles de Manitoba n’est que le premier pas fait dans une réforme radicale de l’éducation, réforme qu’on veut finir par imposer à la catholique Province de Québec. Dans ce but, on a tout prépaié de longue main et travaillé sans relâche, sous le couvert de mille prétextes spécieux, à rendre l’êducatio.i de moins en moins foncièrement chrétienne. C’est ainsi, par exemple, qu’on ne s’est jamais lassé et qu’on ne se lasse pas encore de nous agacer, de nous ahurir, en nous rebattant les oreilles de ce sempiternel refrain, qu’il nous faut une instruction plus pratique, plus en harmonie avec les besoins de la vie réelle ; qu’il devient nécessaire de donner de bonne heure aux enfants une plus grande somme de ces connaissances utiles, d’una»applieation journalière, qui les mettent en état de lutter plus tard avec avantage contre tout obstacle à l’acquisition du bien être matériel. On insiste ensuite tout naturellement pour que les livres à mettre aux mains des entants aient un caractère spécial d’utilité profane, et, par ce moyen, sans avoir l’air d’y toucher, on vise à éliminer peu à peu l’enseignement chrétien de nos écoles. Et, pour y arriver plus sûrement, on vante outre mesure le système d’écoles protestant d’Ontario et celui des Etats-Unis ; on ne manque j amais d’affirmer en même temps que nos écoles catholiques sont de beaucoup inférieures à celles qu’on

rencontre là. Ces perfides exagérations ne laissent pas de produire leur effet sur nombre de personnes qui ne voient trop, à l'exclusion de tout autre, que le côté matériel de la vie, et qui sont par là toujours disposées à accepter tous les changements qu’on préconise comme de nature à l’améliorer.

C’est de cette façon que l’on prépare insensiblement les esprits à ne plus voir dans l’école qu’un genre spécial d atelier, où se fait l’apprentissage de cette vie toute matérielle qui n’a souci que des grossiers intérêts d’ici-bas. Et puis, comme' il importe au succès de la cause, dont nos libéraux ont le triomphe si fort à cœur, de laïciser l’enseignement dans toute la perfection possible, ils se montrent mal disposés envers les congrégations religieuses enseignantes qu’ils calomnient, en les représentant comme incapables de donner une éducation qui réponde aux aspirations et aux besoins de la société moderne. D’après eux, religieux et religieuses ne peuvent pas suffisamment sortir du cadre tracé par leurs règles; la religion occupe trop de place dans l’enseignement. et absorbe un temps précieux qui devrait être employé à étudier d’autres matières. Ils en concluent donc que de tels instituteurs et institutrices seront toujours forcément dans des conditions d’infériorité vis à-vis des maîtres et des maîtresses laïques, qui 11 ont qu à suivre le bon plaisir du gouvernement.

Après 1 établissement d’écoles laïques, viendra la création de collèges laïques, et l’on a déjà plus d’une lois émis des opinions bien formelles en ce sens. D’ailleurs, il est clair, aux termes de mépris qu’emploient nos libéiaux quand ils parlent non seulement de nos écoles, mais encore de nos établissements d’éducation secondaire, qu’ils soupirent après le moment où le prêtre sera mis absolument de côté dans la grande œuvre de 1 éducation delà jeunesse. Ils veulent avoir, comme

les libres-penseurs en France, la hauie main sur l'éducation et l’instruction, à tous les degrés, et les donner à leur guise, eu dehors de bmt contrôle étranger.

Ce n’est un mystère pour personne qu’ils voient d’un très-mauvais œil notre Université, telle qu’elle est aujourd’hui. Ils la voudraient laïque, elle aussi, c’est-à-dire tout-à-fait exempte de la surveillance et du contrôle de l’épiscopat canadien. Peut-être tenteront-ils, pour arriver à leurs fins, d’user du stratagème dont ils se sont servis pour se trouver un bon jour, à la grande surprise de tous, les maîtres de l’Institut-Canadien, qu’ils ont rendu si tristement célèbre.

Mais laissons la parole à nos libéraux ; ils nous diront eux-mêmes, mieux que n’importe qui, ce qu’ils pensent de l’éducation, telle qu’elle se donne dans la Province de Québec, et par là même quelles sont leurs visées e:i cette matière. Yoici donc quelques extraits de certains pamphlets qui se passent de main en main, qui circulent sans bruit, mais avec grand profit pour la cause libérale.

“ Notre clergé canadien est profondément ignorant sous tous les rapports, et, à l’instar des clergés de tous les autres pays d’ailleurs, il tient la population, qui est sous son contrôle, complètement hors l’atteinte de toute mésure éducationnelle et des premiers rudiments de l’instruction.

“ Quel est le premier besoin d’un peuple, si ce n’est l’éducation ? Est-il besoin de prouver que ce sont les peuples les plus éclairés qui battent la marche parmi les premières nations du globe terrestre ? L’instrueUon populaire, voilà le secret de la richesse des peuples ! Ayons toutes les ressources possibles, tous les canaux favorables à progresser, s’il nous manque la véritable instruction populaire, notre prospérité, n’ayant pas d’assises déterminées, raisonnées, solides, ne sera qu’éphémère.

“Si toute une corporation, tout un corps, toute une secte s’oppose à cette instruction populaire, sé met detravers sur la voie qu’essaye de se frayer une colonie, cette corporation, ce corps, cette secte devient un être dangereux pour le bien social, un ennemi pour la société.

“ Non contents d’afficher publiquement, devant les étrangers qui visitent ce pays comme dans les pays étrangers, leur ignorance impardonnable, ridicule et prétentieuse, les ministres de notre religion tendent continuellement à tenir nos populations dans leur état d’abrutissement, tout en proclamant très-haut que c’est

la meilleure manière d’honorer le bon Dieu . Et ce sont

ces .flagorneurs de la Divinité qui tiennent en ce pays les moyens d’instruction ! Mais fatalité ! ce sont justement ces mêmes gens qui sont les plus intéressés à prêcher l’ignorance . Le clergé obstrue véritable¬

ment la route de l’éducation que la classe populaire tend à s’ouvrir chaque jour ! ’’

Après s’être déchargé de cette bave, l’auteur, comme on devait s’y attendre, conclut en disant :

“ Il faudrait être aveugle pour ne pas constater que les améliorations s’imposent au pays dans notre système d’éducation, d’abord parce qu’il faut suivre le progrès moderne et en second lieu parce qu’il va de notre grand intérêt, si nous voulons conserver notre status national auprès des autres nations que nous sommes forcés quotidiennement de coudoyer et si nous ne voulons pas toujours mériter l’humiliante et juste dénomination de race inférieure. ”

Quant à nos collèges en particulier, voici en quelle estime on les tient au pays liberal : “ Nos collèges de a Province de Québec fournissent une éducation mauvaise et insuffisante au jeune homme qui se destine aux professions libérales ; . tels qu’ils sont actuellement

administrés, ils sont pour la plus grande partie la cause de notre dépravation sociale, comme race eanadienne-

française et de l’abrutissement de notre peuple . On

ne sait pas élever les enfants dans nos collèges, et ceux qui sont chargés de le faire ont l’intelligence trop bornée pour comprendre toute la portée de leurs devoirs...

“ Ce sont les institutions éducationnelles qui sont appelées à relever le niveau d’une nation et tant que nos collèges seront régis et menés comme ils le sont actuellement, nous ne pourrons'que passer pour une race inférieure. A qui attribuer cet état de choses qui prend des proportions alarmantes quand on se met à y réfléchir, et pour celui qui a à cœur les intérêts véritables de son pays et de ses concitoyens ? Au clergé, puisque c’est lui qui mène tout. Au clergé qui tient essentiellement à ce que les populations croupissent dans l’ignorance. Au clergé qui n’est pas viril, qui n’est pas intérieurement honnête, et qui ruine tous les ans l’avenir d’un millier de jeunes gens, lorsqu’il prêche de ne pas s’approprier même une épingle qui ne nous appartient pas. Au clergé qui prêche la vérité et ne vit que de mensonges. Au clergé qui a la haute main sur 1 éducation en ce pays et qui sait l’exploiter d’une manière éhontée, sans que cela paraisse, au détriment des pauvres pères de famille.

“ Chers concitoyens, regardez autour de vous, voyez les exemples que vous avez sous les yeux tous les jours. Le clergé, par ses collèges et ses séminaire >, ne conduitil pas notre nation vers l’abîme de l’abrutissement national, de la dépravation sociale ? Parlez.

C’est voir les choses comme les verrait un bœuf que d’en parler de cette façon. Il y a cependant de l’intérêt à connaître ce qui nous adviendrait, si quelque bon jour nous tombions sous le plein pouvoir de ces écrivains-là. Pour être complet, citons enfin quelques-unes de leurs

tirades â propos de T Université et des étudiants. L’un d’euxr déplorant que ces derniers perdent de plus en plus le beau débraillé d’autrefois, ce débraillé qu’affectionnent tant les sans, culottes, dit: “ Je me rappelle la dernière fois que les étudiants de Montréal ont manifesté : le 16 novembre 1885, jour néfaste de la pendaison de Riel. La métropole n’avait pas assisté à pareil spectacle depuis un quart de siècle. Que c’était beau ! .

“ Ce furent encore les étudiants qui brisèrent les vitres de la Minerve, à la suite d’un article injurieux pour les amis de Riel. Ils allèrent aussi, en corps, à la grande assemblée de St Jérôme, et grâce à leur présence, le nom de Riel fut prononcé avec respect par ses pires adversaires. Ah ! je la plains la soutane qui aurait voulu barrer le passage a ces carabins ! Ce qu’ils en avaient

dans le dos, de l’autorité ! .

“ Én 1885, il y avait encore de la tradition, disons de l’école, chez les étudiants, mais depuis tout est allé se perdant. Le caractère disparait dans toutes les classes de la société et l’ignorance s’érige partout en conquérante et en maîtresse.

“ Les universités ont été converties en fabriques de bedeaux et de rétrogrades. Existe-t-il encore de vrais étudiants ? Dans le cas affirmatif, qu’on les montre. S’il y a des étudiants, où esi leur Marseillaise ? Si fait, ils savent deux vers de la Marseillaise, deux vers travestis à leur usage :

“ Nous entrerons dans la carrière “ Quand nos anciens n’y seront plus. ”

“ En effet, voilà le résumé de toutes les aspirations de notre jeunesse universitaire : bonne conduite apparente, flagornerie de l’autorité religieuse et à l’avenant, et avec cela se préparer à aborder la vie pratique parfaitement équipé des formules de dénigrement, des fils d intrigue et des manières de cafards qui réussissent si

"bien aux hommes selon le cœur du clergé, contre les

devanciers de la profession . .

“ Mais où l’étudiant de nos jours est à encadrer, c’est dans si pose académique, au cercle Yille-Marie. Parlez*

nous du cercle Yille- Marie ! . C’est là que, en pré*

sence d’un monseigneur quelconque, de vénérables prêtres de son entourage, de chapeliers et de bottiers au .sourire courtisanesque, . nos étudiants vont faire as¬

saut d’avachissement pour les beaux yeux du clergé. Yoyez celui-ci à la tribune : “ Monseigneur, etc., l’autorité vient de Dieu, vous en êtes le souverain dépositaire ! ” L’autorité, le dernier mot, d’après un philosophe, de la bêtise humaine .

“ Et dire que ces pauvres gens, produit d’un système éducationnel bâtard, seront les hommes de demain ! Je te plains, ô mon pays ! Je te plains, ô ma race ! Avant longtemps vous maudirez le cléricalisme ! ”

Et dire que ces glapissements de fauves ont du charme pour l’oreille de trop de nos hommes qui sont de bon ton, de belles manières, d’excellente société, qui passent pour de bons cathoiques ! Il est vrai qu’ils ne battent pas des mains en public, mais ils savent trèsbien le faire dans des réunions d’intimes.

En somme, on voit parfaitement dans quel but nos libéraux veulent mettre la main sur l’éducation dans la Province de Québec, et ce que seront leurs réformes en pareille matière. Mais pour s’en emparer, il est nécessaire qu’ils dominent au Parlement de Québec, et c’est à quoi tendent leurs efforts depuis longtemps. Le gouvernement fédéral, qui exerce toujours plus ou moins dhnfluence sur les gouvernements provinciaux, est aujourd’hui on ne peut mieux organisé en vue de séculariser l’éducation dans la Province de Québec, s’il trouve là un gouvernement composé d’hommes selon

son cœur.

Encore une citation avant de clore ce chapitre : elle met dans sou plein jour toute la pensée de nos libéraux,, des chefs en particulier.

“ Quest-ce que le Père Etemel peut bien avoir à faire dans la question des écoles du Manitoba ? Je vous le demande. Messieurs les évêques, vous êtes simplement ridicules et vous insultez délibérément à la raison humaine . Les évêques ne s’accupent pas des écoles, ils-

n’en veulent que le contrôle. Moi je m’occupe des écoles, je les veux bonnes et fortes, et je désire que le gounernent en ait le contrôle. L’Etat nous donnera l’enseignement populaire et le clergé nous enseignera le petit catéchisme, un petit catéchisme qui indique, parait -il, le chemin du ciel, mais qui n’apprend à la jeunesse qu’à crever de faim ici-bas.

“ Ce n’est pas avec des Frères, avec de l’éducation cléricale, avec du contrôle épiscopal, avec du catéchisme que nous ferons des populations robu tes et intelligentes . Ne nous laissons pas terroriser par les mi¬

tres vides, par les barrettes creuses, par les menaces des ignorantins, mais relevons la tête, respectons notre raison, suivons notre conscience, conduisons-nous comme des hommes et non comme des bêtes de somme, et Lieu, qui nous adonné l’intelligence pour que chacun s’en serve, sera content de nous. ”

Encore une fois, qu’on ne s’imagine pas qu'il n’y a que des butors aux poings toujours fermés, à l’œil toujours en feu, au visage toujours féroce qui soient capables d’écrire ou de dire de ces étonnantes brutalités. On se tromperait grandement. Le beaux Messieurs, trèspolis, très-gentils, très-bien posés dans le meilleur monde, au doux parler, au séduisant sourire, à l’échine trèssouple, surtout en présence de prêtres et d’évêques, les signeraient vingt fois de leur nom, s'il ne fallait pas tant compter encore avec l’empire qu’exerce sur nom-

bre d’esprits ce qu’ils appellent la superstition, et nous, la religion.

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