‹ Le libéralisme dans la province de Québec [microforme]Chapitre 10 sur 23 · ELECTIONS DE CHARLEVOIX ET DE BERTHIER · texte numérisé non relu

ELECTIONS DE CHARLEVOIX ET DE BERTHIER

Ce que nous venons de relater se passait en 1871 Malgré tous leurs efforts et tout Le mal qu'ils s'étaient donné, pour forcer le clergé de garder la silence sur leurs pernicieuses doctrines et leurs criminels agissements, nos libéraux n'avaient cependant rien gagné encore sur ce point. Rageant au fond de l’âme, mais nullement découragés, ils attendirent avec patience qu'une nouvelle occasion se présentât &e reprendre la lutte contre lui. Elle ne tarda pas. Des élections générales pour les Communes d'Ottawa eurent lieu en 1875, et comme les principes libéraux s’affirmaient avec une hardiesse de plus en plus grande, les prêtres crurent urgent de mettre en pratique les enseigrements que ne cessait alors de faire retentir Pie IX. Ce grand Pontife, en effet, ne laissait passer aucune occasion de signaler les immenses dangers que le libéralisme, et en particulier le libéralisme catholique, faisait courir à l'Eglise et à la société civile, et il recommandait en même temps avec la plus grande énergie de le combattre sans relâche dans ses diverses manifestations. Quelques-uns mal-

heureusement se laissèrent emporter par un zèle ex. des pe cessif, et ne surent pas assez se dégager de toute pré électio occupation politique. Ils commirent, par cela même, di ques, } regrettables imprudences de langage. tion vi

Les élections de 1873 furent favorables aux libérau: prudei et ils montèrent au pouvoir. À la première session de des qi ce nouveau Parlement, un des leurs, M. Fournier, mi. pPolit“ nistre du Revenu de l'Intérieur, se hâta de proposer et rent d de faire accepter une loi, à propos des élections. Cette à pour loi que nul catholique alors ne songea à combattre à lé Nos ÿ tat de simple projet, parceque nul, en dehors du camp 8€; di libéral, ne pouvait soupçonner la portée qu'on avait droit l'intention de lui donner, statuait que toute influence co-rel indue, exercée sur les électeurs, était une cause de nul. Mere lité des élections où elle se produirait. Par influence indue, nt il était naturel d'entendre tout moyen illégitime etcon- €U €8 pable, employé pour agir sur la volonté des électeurs, les li et pas autre chose. Là cependant était le piége habile. Vale ment tendu par nos libéraux, qui ne tardèrent pas à relig manifester en publie quel but ils avaient eu dessein vou d'atteindre. Ils attaquerent, en effet, devant les tribu- 4 il naux eivüus, la validité de deux élections qui avaient eu lieu après l'adoption de cette loi dite de l'influence indue ; l’une, dans le comté de Charlevoix, en 1876; l’autre, quelques années plus tard, dans le comté de Berthier, sous prétexte que nombre d'électeurs, dans, ces deux comtés, avaient été illicitement influencés par leurs curés qui s'étaient permis de tonner du haut de la chaire contre le libéralisme et ceux qui en faisait profession.

À l'enquête qui eut lieu pour servir de base à la plai- pre doirie et par suite à la sentence quiserait rendue, il ne fut question que des sermons etdes prônes de ces curés,

UPS ; ral lesquels furent plus ou moins fidèlement rapportés de bo mémoire, longtemps après avoir été prononcés et par

un zèle ex. des personnes fort ignorantes pour la plupart. Les deux

: toute pré.

élections contestées furent déclarées nulles, et les évé-

la même, d. ques, pour obvier à bien des inconvénients que la situa-

vux libérau:

» seSsion de ournier, mi.

proposer et ions. Cette battre à l'4.

rs du camp qu'on avait e Influence use de nul:

uence indue, time et COus électeurs.

lége habile.

èrent pas à eu dessein t les tribujui avaient l'influence 1876; l'auité de Berdans, ces encés par haut de ]n aisait pro-

°àla plaidue, ilne ces curés, portés de ‘és et par

tion venait de mettre en pleine lumière, erurent alors prudent de défendre à leurs prêtres de parler en chaire des questions religieuses, se rattachant aux questions politiques débattues en temps d'élections. Ils se réserverent d'élever la voix en pareille occurence et d'indiquer à tous, prêtres et laïques, la ligne de conduite à suivre. Nos évêques ont en cela suivi la direction du Saint Niège, direction pleine de sagesse, qui leur laisse le plein droit de dénoncer les idées libérales en matière politico-religieuse, quand ils le jugent opportun et de la manière qu'ils croient la meilleure.

Entr'autres résultats de cette première campagne, eu égard à toutes les faussetés partout répandues par les libéraux, le peuple demeura aux trois quarts convaincu, si non entièrement, qu'il n'y a pas de préceptes religieux à observer quand 1l s'agit de politique ; que vouloir lui en imposer sur ce terrain, c’est attenter à ve qu'il il a de plus inviolable dans ses droits.

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