‹ Le libéralisme dans la province de Québec [microforme]Chapitre 9 sur 23 · V1] INSTITUT CANADIEN.— PROCES GUIBORD · texte numérisé non relu

V1] INSTITUT CANADIEN.— PROCES GUIBORD

Pour se retremper dans le mépris et la haine qu’ils

“ourrissaient contre l'Eglise et ses ministres, et aussi

pour recruter de nombreux adhérents, surtout parmi la

‘jeunesse instruite et se destinant aux professions hbé-

nos libéraux avaient à leur service une assoclation qui était un véritable foyer de pestilence. Elle avalt son siège à Montréal et se nommait l’Institut Canadien. Elle avait eu pour fondateurs des hommes très-bien disposés, comptant parmi les plus honorables de la société, et dont le but avait été d'encourager et de propager les bonnes et fortes études littéraires et scientifiques Elle était appelée à produire un grand bien, qu'au sortir du vollége, les jeunes étudiants, qui se destinaient aux professions libérales, tenaient beaucoup à

vu surtout

J'honneur d'y être admis.

Nos libéraux impies comprirent tout le parti qu'ils pourraienttirer d'une pareille association : ils poussèrent leurs adeptes à s’y faire admettre comicompter une ma-

en “onséquence me membres et finirent bientôt par y jonté. Enhardis par ve succès, ils devinrent bientôt les véritables chefs de l’assoctation, et se mirent alors à propager leurs funestes doctrines, non plus seulement au moyen de leurs journaux, mais aussi dans des conférences publiques qui prirent un caractère véritablement alarmant., Ils encombrèrent en même temps les rayons de la bibliothèque de l'Institut des livres les plus pernicieux, notamment de toutes les œuvres complètes des français et autres du XVIIT: siecle.

des impies

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L'autorité épiscopale n'avait pas été sans s’émouvoi en présence de tels excès. Aussi, après avertissement donné aux membres de l'Institut Canadien de cesser de propager l’impiété et d'expurger leur bibliothèque, My Bourget, alors évêque de Montréal, voyant qu'on nt bougeait pas, prononça l’excommunication contre tou ceux qui continueraient à rester membres du dit Insti: tut. Plusieurs le quittèrent alors, mais un certain nom: bre persista à le maintenir tel que les libéraux l’avaien: voulu et l'avaient fait, et ce fameux Institut subsiste en: core aujourd'hui. À la suite de la victoire que le part libéral a remporté aux élections du 23 juin 1896, plu de cent libéraux ont sollicité la faveur d’y être immé diatement admis comme membres, afin d'affirmer hautement par là quel sens ils donnaient à cette victoire Par prudence, on n’a pas cru devoir alors accéder à leurs désirs, car c'eut été manifester trop tôt le caractère que devait avoir le gouvernement Laurier.

La condamnation de l’Institut Canadien donna lieu à un procès très-retentissant, dit procès Guibord, du nom de celui à propos duquel ilaété soulevé. L'esprit, qui anime nos libéraux, et tout ce dont ils sont capables contre l'Eglise, lorsqu'ils ont quelque succès, s’est parfaitement révélé pendant l'instruction de cette cause célèbre, ses différentes phases et à son dénouement.

Un nommé Guwibord, étant mort sous le coup de l’ex- “ommunication, parecequ'il avait persisté jusqu'à ses

derniers moments à faire partie de l’Institut Canadien, on Jui refusa la sépulture ecclésiastique Nos libéraux s’'armerent de ce refus pour prendre leur revanche contre l’autorité religieuse, à laquelle ils ne pouvaient pardonner d'avoir flétri et condamné leur cher Institut. Ils prétendirent done faire donner à Guibord la sépulture ecclésiastique de par autorité civile, et intentèrent en conséquence un procès au euré et à la fabrique de

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N.-D. de Montréal. Gagnant d'abord, puis perdant en appel, au pays, ils allèrent jusqu’en Angleterre porter leur cause devant le Conseil Privé, qui rendit sa sentence en faveur de l’inhumation de l’excommunié dans le cimetière catholique, sentence qui fut exécutée au grand scandale des fidèles. Mais il n’y avait pas à regimber, car 1l aurait fallu faire face à la force armée et lutter contre elle.

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