‹ Le libéralisme dans la province de Québec [microforme]Chapitre 11 sur 23 · CE QU'ILS INVOQUENT · texte numérisé non relu

CE QU'ILS INVOQUENT

Des mesures de prudence que l'attitude de plus en plus hostile de nos libéraux avait porté nos évêques à prendre dans la direction du clergé, en temps d'élections surtout, il ne résultait nullement que le parti libé-

ral eut été injustement misen suspicion jusqu'alors. On pouvait encore moins linférer de ce que le Saint Niége )

“avait pas condamné ce parti comme tel. Semblab condamnation unportait fort peu d'ailleurs, puisqu'o: savait très-bien que ses doctrines politico-religieuse étaient de celles qu: l'Eglise a formellement eondan nées, Les libéraux cependant se sont prévalus du silen ce de Rome et des mesures de prudence de nos évêque à leur égard, pour se proclamer bois catholiques et d ones de toute confiance dans la conduite des affaires

Comptant done de plus en plus sur leur force, ils se di rent que le temps n'était pas éloigné où 1l faudrait a taquer l'ennemi dansson chateau-fort, et ils ont dans ce te prévisien dressé leur plan de campagne, qui est tou jours le même au fond avec quelques variantes. Quoi que toujours activement occupés, soit dans la press soit dans leurs clubs politiques, soit dans les luttes éle. torales qui reviennent assez souvent, à propager et in culquer profondément leurs doctrines révolutionnaires ils ont en ces derniers temps décidé de se mettre plu sérieusement à l’œuvre, et c'est aujourd'hui le très-lé œitime exercice de l'autorité épiscopale qu'ils contestent et veulent battre en brèche. Candides comme des fé: ins et d’une hypocrisie surfine, qui les distingue d tous les fourbes du monde, ils osent, par l'entremise l'organe des catholiques libéraux, toujours prompts à leur prêter appui, se plaindre à Rome de nos évêques et se donner comme de malheureux persécutés. On n'a pas prétendent-ils, l'intelligence de leur dévouement à l'E: œlise, oi du zèle éclairé «a'ils mettent à son service aussi ne recueillent-1]s comme prix de leurs vertus que des soupçons injurieux, des dénis de justice, des impurtations calomnieuses et de terribles anathêmes. Mai: tout cela, on le voit de suite, n'est que pure comédie de leur part.

Comme 1ls ont profité de toutes les cireulaires épiscopales, rappelant au elergé la réserve qu'il doit garder

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et les règles de prudence à suivre en temps d'agitation électorale, pour prêcher partout que lu politique est un terrain essentiellement en dehors de la religion, de méme aussi ils veulent se servir de toutes les tracasseries qu'ils suscitent aujourd'hui à 1:08 évêques, en les accusant de pénétrer contre tout droit sur ce terrain, pour confirmer le peuple dans la même funeste erreur. Aus: si, a-t-elle pris tant de force partout, en particulier dans les campagnes, qu'en ose trop souvent se répandre en murmures injurieux, parfois en menaces, contre le prétre ou l’évêque qui veut donner aux fidèles une direction dans ces questions politiques où l'avenir religieux du pays est intéressé au plus haut point.

Ni nos libéraux sont très-enclins à rogner de plus en plus, jusqu'à les détruire, les droits d'autrui, ils sont par contre très-disposés à étendre indéfinime:t les leurs. Ainsi, chaque fois qu'ils trouvent à propos de s'occuper d'une question et de la traiter comme politiciens, c'en est fait d'elle à tous autres égards. À leurs yeux et à ceux de leurs partisans, elle a par là mênge perdu tous les caractères qu'on lui avait reconnus jusque là, pour n'être plus qu'une pure question politique. Tombée dans ce domaine, elle devient tellement leur chose qu'ils la manipulent comme ils l’entendent, sans trop se soucier des réclamations qui s'élèvent de maints endroits. C’est ainsi, parexemple, que, dans leur manière de voir, la question des écoles de Manitoba est sortie du doma:ne religieux, parcequ'ils s'en sont occupés. Dès lors,elle ne peut être bien comprise que par eux, et elle sera indubitablement très-bien réglée, se sont eux qui la reœle à ieur guise, quelles que sotent les réclamations et les protestations des catholiques. N'il arrive qu'ils tienneat compte de ces dernières, ce ne sera qu'autant qu'il faudra pour sauvegarder leurs intérêts propres

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caleur de tous es gens-là, qui grimacent l'orthodoxie pour la mieux détruire. Après l'avoir exploitée autant qu'ils l'ont pu, ils font fi de toute autorité qui ne veut pas abjurer ses droits et devenir leur conquêt: ; :ls se substitueut à elle, se chargent de prononcer seuls sur les plus grands intérêts de la société, et veulent que l'autorité rel.gieuse ne parle et n'agisseque dansles limites qu'ils lui assigaent, dans la mesure qu'ils jugent coivenable, dans le sens et sur le ton qui leur plaisent. Et si quelqu'un qui voit bieà clair dans leurs manœuvres, se lève avec courage et signale leur pharisiique orgueil, ils font de suite crier par l’escouade des eatholiques libéraux que cet exalté sème la division, suscite des querelles pleines de dangers et qu'il calomnie les hommes les plus honorables et les mieux intentionnés du monde.

Une des plus ordiaaires supercheries de nos libéraux de toute nuance, lorsqu'ils prennent la détermination d'écrire ou d'aller à Rome pour en imposer sur leurs faits et gestes, et faire croire que leur conduite est dictée par la vertu de prudence, c’est d'essayer d'établir que les catholiques dans le Dominion, et même dans la Province de Québec, sont une minorité qui n'a pas de droits à revendiquer, mais qui dépend absolument du bon vouloir d’une majorité protestante fanatique, quine veut pas enteadre raison, si l'on fait mine de la contrecarrer. Or, ce qui met à nu le faux de ces assertions, c’est d'abord qu'il y a beaucoup de protestants au Canada qui sont animés d’un véritable esprit de justice, et que les catholiques peuvent compter sur eux dansla revendication de leurs droits : c’est ensuite que les catholiques dans la Province de Québec ont leurs droits garantis par la constitution, et peuvent jouir des plus précieuses libertés, s'ils veulent en user et les conserver. Au Parlement fédéral, les choses sont tellement

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pondérées que, vu l'existence des deux partis qui s2 dis putent le pouvoir, no; députés catholiques de Québec obtiendraient toujours justice pour la minorité catho!ique opprimée dans n'importe quelle province du Dominion, s'ils savaient tous être vraiment catholiques et marcher à.nsi dans une parfaite union.

Sous l'égide de notre co istitution etla protection de l'Angleterre, il n'y à pas de peuple, aujourd'hui existant, qui soit autait que nous, peuple canadien-français, en possession de la liberté religieuse. Et malgré leur fanatisme, 1l est impossible à certains clans protestants de nous en enlever la moindre parcelle, tant qu'ils ne trouveront pas d'alliés parmi les nôtres. Ils en trouvent malheureusement, car nos libéraux avancés, qui n'ont pas seulement la haine du catholicisme, mais sur tout celle du christianisme, se rangent spo..tanément de leur côté, Les appuient et les encouragent.

Nos impies déguisés se servent adroitement de nos catholiques libéraux pour mettre en œuvre un autre artifice qui ne manque pas de produire son effet, On s’efforce de nous persuader de plus en plus que, dans les vas Où :108 droits religieux sont méconnus ou attaqués et qu'il s’agit de réclamer, il est nécessaire de procéder avec la plus grande circoispection, comme on Île ferait chezla plupart des nations européennes, où le catholieisme doit reprendre vie au milieu des ruines qu'ont amoucelées l'hérésie et l'impiété révolutionnaire, c'està-dire être prêché à des peup.es remplis de défiance qu'il faut ramener de l'erreur à la vérité. On conçoit Fort bien que, dans de telles ecreonstaness, le travail de reconstruction religieuse ne peut produire d'heureux résultats

que s’il se poursuit avec tous ies ménagements possibles. Mais nous n’en sommes pas du tout là au Canada : nous n'avons pas à re-onstruire, mais à empêcher de détruire ce qui existe ; il s'agit uniquement de proté-

veret de défendre un pays qui a toujours été franchemer 1es d etfoncièrement catholique, et qu'une bande de mécré loi G ants a entrepris de déchristianiser. En pareil cas, use fois e des ménagements qu'on nous couseille, ée serait cap tholid tuler par pure lâcheté, par crainte de la peine qu'impos Tous l'accomplissement de tout devoir ; ce serait se laisse face tondre et rogner de toutes parts, pour l'unique satisfac mino tion de savoir expérimentalement quelle sensation o1 Cont éprouve après avoir subi une opération de cette nature était Aux brigands qui veulent s’introduire de force dan 011 une maison, on riposte autrement que par des m'amours lait la pr

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vue CONDUITE DES LIBERAUX A PROPOS DES ECOLES

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que Combien grand est le mauvais vouloir de nos libé- met raux envers l'Eglise, et combien grande en même temps T°"

est leur hypocrisie, c’est cc que leurs diverses attitudes 2 L

et manières d'agir dans la question des écoles de Mani: catl ba ont miser pleine lumière. Très-satisfaits au fond de $°® voir les catholiques de cette région privés de leurs écoles, pet lis ont toujours manœuvré de façon à atteindre ce l double but : maintenir ces malheureux opprimés dans d' leurintolérable situation et sembler vouloir les en tirer Tu Ils se sont, en effet fortement opposés dans les Cham- pil bres à l'adoption d'un bill, présenté par le souverne pe ment Bowvellet Tupper, lequel rendait justice aux catho- pe lhiques de Manitoba à propos de leurs évoles, conformt- il ment aux termes de la dernière décision rendue à « d sujet par le Conseil Privé, en Angleterre, sous prétexti di qu'il fallait, avant d'en venir à cette mesure extrême. Û

établir parfaitement par une enquête que réellement 4

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