M. TARTE D'HIER ET M. TARTE D'AUJOUD'HUI
DENIERES ET DEGOUTANTES FOURBERIES DES LIBERAUX.
Il fut un temps, pas très-loin de nous encore, où M. Tarte avait d'excellents principes, les faisait fort bien valoir et travaillait avec zèle à les inculquer dans tous les esprits. Voici donc comment, en ce temps-là, il juweait la plaie du libéralisme qui nous dévore, dont il n'était pas encore atteint, mais dont il est devenu la triste victime, sous l'empire des deux passions que nous venons de signaler et qu'il ne sut pas maîtriser à temps.
Le libéralisme est un singulier mélange d'idées vaœues, illogiques tendant à la négation de l'Eglise... Au fond, c'est la pensée libérale qu'il faut à l'Eglise la permission de l'Etat pour agir et se mouvoir... Dans notre pays 1l en est peu qui osent nier carrément à l'Eœlise son autorité sur la société. On emploie les subter-
fus bor ne qu
fuges, on procède par étapes, on s'embusque derrière de bons motifs : on ne veut pas exposer la religio 1 à la haine : on demande de la réserver pour les grands dangers qui peuvent mesacer la patrie, la nationalité, ete, à
“ C'est par amour pour la religion qu’o 1 cherche à la proscrire ! Le dévouement le pius pur pour le catholicisme inspire les efforts que l’on fait pour restreindre ses libertés ! (Que M. Tarte d'hier peint bien M. Tarte d'aujourd'hui !)
“NS; l’on soumet aux cours civiles ies actes épiscopaux, les instructions des ministres de l’Eglise et même l'administration des sacrements, c’est simplement pour corriger les abus. Et on gémit d’être obligé d’en agir ainsi !
‘“ Au moyen de ces feintes hypocrites, le libéralisme a fait un large sillon dans notre sol, une tranchée profonde dans nos murs.
La position du clergé et, conséquemment, la liberté religieuse sont mises en jeu et sérieusement menacées. L'école libérale à conçu l’espoir et la dessein de fermer la bouche à la hiérarchie catholique, de la réduire à l'état de vassale, à une sorte de servage.
“N'’est-il pas étonnant que dans ce siècle, dont on rante avec tant d’orgueil la civilisation et les lumières, on suive une ligne de conduite que le paganisme luimême eût réprouvée ?
À propos des attaques des libéraux à l'adresse du clergé, 1l ajoutait :
“ Ceux qui dénigrent le clergé sont prêts à nous livrer pieds et poings liés à la majorité qui n’a ni nos intérêts, ni nos lois, ni nos croyances. (Tout comme M. M. Tarte et Laurier livrent la minorité catholiques de Manitoba à la majorité que commande M. Green way.)
* Peu nombreux d’abord, ils ont payé d’audace et joué d’astuce. Ils ont pu ainsi faire des adeptes. Mais
more comme
l’on peut affimer sans crainte que la très-forte majorité des catholiques les répudie et les désavoue. S'ils rem: portent quelques succès, ce n'est qu'en cachant leurs couleurs, en surprenant la bonne foi d'un grand nombre. ( Qu'hier ressemble donc à aujourd'hui !)
“ Da moment que la question est posée sans ambiœuité entre le clergé et ses adversaires, le peuple ne balance pas un instant. Ce qu'il importe done, c'est de déchirer sans faiblesse les masques dont ils s'atfublent. Toute concession faite à leurs clameurs tourne à leur avantage. Une concession obtenue, ils crient plus fort pour en obtenir d’autres. Le libéralisme poursuit hardiment et constamment son objet : l’affaiblissement de l'autorité de l'Eglise... /{n voyant l'école radicale proclamer hautement ses sympathies pour les hommes qui persécutent le catholicisme en France, il est impossible de ne pas voir que nous marthons à pas rapides à un effort suprême conte les droits de l'Eglise et du clergé. (M. Tarte pouvait-1l soupçonner alors qu’il serait à la tête de ceux qui tenteralent ce suprême effort ?)
Parlant du clergé, dont il regarde aujourd'hui comme néfaste l'influence qu'il exerce ou veut exercer sur les affaires publiques, M. Tarte d'hier disait : “ Le clergé catholique a-t-il trahi les intérêts de la patrie, pour être traqué comme il l'est en ce moment ? Est-il une menace pour l'avenir du peuple canadien-fronçais ? Son intervention dans les affaires publiques at-elle eu un eff:1 désavantageux pour nous ? Menace-t-1] l'ordre, la tranquillité, la Hberté ? Quels sont ses ennemis ? Pourquoi
travaillent-ils à diminuer son influeice, son action sur la société ? Le clergé nous veut-il du mal ?
‘* Lorsque nos adversaires naturels portent contre lu clergé catholique des accusations, nous n’en sommes pas surpris... Mais nous ne pouvons nous rendre compte des sentiments dont sont animés ceux de nos compatr o-